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Nous assistons aujourd’hui à une période exceptionnelle. Pour la première fois (dans l’ère moderne), des femmes s’engagent sur le terrain politique.
Le mot femme a une racine indo-européenne. Femme signifie à l'origine « qui est sucée, qui allaite ». Alors que homme vient du latin « homo » : être humain. Suivant cette étymologie, une femme serait avant tout un membre de la famille, une mère, une nourricière, alors qu'un homme serait le summum de notre représentation de l'humain. Cette étymologie soulève également la question de la femme-célibataire, une métonymie. L'homme représenterait l'humanité, l'universalité, et la femme la famille et l'intime. Mais alors comment les femmes pourraient-elles faire de la politique ? On peut en revanche penser qu'il est un peu présomptueux de la part des hommes de prétendre à l'universalité sans consulter les femmes…. Mais alors que nous apprend cette étymologie sur notre présent ? Peut-on penser que notre inconscient collectif est marqué par ces étymologies archaïques ?
C'est pourtant ce que l'actualité pousse à croire. Condoleeza Rice est attaquée au Congrès en raison de son célibat. Ségolène Royal diffuse des vœux sur Internet où elle est chez elle dans un décor très familial. Tout parait comme si la vie privée des femmes était publique, et constitutive de leur être (et on revient à l'étymologie…). Alors que l'homme a une vie publique, sur laquelle le public le juge. Et, accessoirement, une vie privée, comme le montre l'exemple de Mitterrand.
Comment alors, agir en prenant en compte cet état de fait ? Faut-il le combattre ? Faut-il changer les mots pour changer les choses ? Je ne pense pas. Est-il scandaleux que les femmes soient jugées sur leur environnement privé, familial, et leurs qualités de mère par exemple, alors que les hommes ne le seraient pas ? Ou est-il important que les qualités « familiales » reviennent sur le devant de la scène et aient leur place dans le débat politique, pour les femmes, comme pour les hommes ? Si l'on reprend Aristote, la famille est le noyau de toute vie sociale. Il est le cœur de la société. Faut-il alors transposer ce modèle jusque dans le gouvernement de notre société ? Sans abolir la démocratie, le parlement et tous les grands principes de notre vie politique, un gouvernement bicéphale est-il envisageable ?
En conclusion, beaucoup de questions auxquelles je pense que seule l'action pourra apporter des réponses. Seul le spectacle du monde qui se forme permettra de donner des éléments de réponse à ces questions.
Retrouvez cet article dans le numéro d'OpinionS de mars 2007
16/11/2007
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