Copé : pas de langue de bois à l’Assemblée
le 16/11/2007 - par Adrian Clevenot Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Qui est Jean-François Copé ? Ministre du gouvernement Villepin, aujourd’hui sans portefeuille ministeriel, Jean François Copé recevait des étudiants de divers horizons fin octobre à l’Assemblée Nationale.
Car Copé est un grand communicateur. L'actuel Président du Groupe UMP à l'Assemblée Nationale, député de Seine-et-Marne et Maire de Meaux, pourrait-il être un empêcheur de tourner en rond quant à la politique de Sarkozy ?
La rupture sarkozyste : un premier bilan ?
Revenant d'abord sur la rupture prônée par Nicolas Sarkozy, Copé met en avant l'enjeu stratégique et quasiment marketing que représentait cette notion.
Comment proposer une alternative à droite après deux mandats de Jacques Chirac ? Comment se positionner par rapport à une adversaire socialiste qui était manifestement pas assez préparée à la présidentielle ? En rompant avec le passé c'est-à-dire en osant parler vrai d'abord, en occupant tout le terrain ensuite.
Le plus dur reste à faire, ainsi de la réforme des retraites au-delà de la réforme des régimes spéciaux qui ne concernent au final que 5% de la population. Au final, la pertinence d'un premier bilan viendra fin 2008, pas avant.
La rupture en actions
Quel est alors le sens profond de cette notion de rupture? À entendre M. Copé, il se jugera à l'aune de trois éléments clefs: la valeur donnée au travail pour libérer la croissance, la réforme de l'Etat et des collectivités locales, et la manière dont on relèvera de l'enjeu du développement durable.
Ces questions sont abordées par les travaux des commissions Attali pour la libération de la croissance et Balladur sur la réforme des institutions. La première remporte son approbation sur son aspect « dérégulation » et son opprobre sur la suppression du principe de précaution. En somme une vraie avancée.
En revanche, il considére la deuxième comme une « réformette ». En effet, l'enjeu principal n'est pas l'interdiction du cumul des mandats ou l'instauration d'une dose de proportionnelle (qu'il refuse dès lors qu'elle nous renvoie à une instabilité type 4e République).
C'est ici que la mission de Jean-François Copé comme président du Groupe UMP à l'Assemblée Nationale prend tout son sens. Copé veut tirer un maximum de son rôle de chef de président de Groupe à l'Assemblée pour faire entendre sa voix et donner une consistance à son poste.
L'avenir des parlementaires
En effet, le travail des députés est actuellement trop rébarbatif : alors que ceux de l'opposition sont dans une logique de blocage pour faire retarder le vote des lois, ceux de la majorité sont passifs justement pour accélérer ce vote.
Il est donc en faveur des propositions de la Commission Balladur qui prônent l'augmentation des pouvoirs du Parlement. Ainsi serait dévolu aux parlementaires un rôle de contrôle actif du travail du gouvernement, par exemple sur le suivi des enveloppes budgétaires. On se rapprocherait des « hearings » américains, approche chère à M. Copé qui cherche toujours à comparer le fonctionnement politique français à celui des autres pays.
L'enjeu du militantisme étudiant
Aller chercher les électeurs de demain dans les banlieues, tel est aussi un leitmotiv de Copé. En lançant le site Génération France.fr (generationfrance.fr), au début de l'année 2007 c'est donc aussi vers ces potentiels électeurs qu'il se tournait. Le message de la majorité doit être entendu par tous ces électeurs de banlieue qui se désintéressent de la politique ou se tournent vers la gauche par défaut. C'est aussi ce qui explique son choix de faire sa carrière d'élu locale dans une ville de « banlieue difficile », à Meaux.

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