Les relations franco-marocaines

le 17/11/2007 - par Stéphanie Mongay pour Débat & Vous Il y a 2 commentaires. Réagissez vous aussi !

Entre Nicolas Sarkozy et Mohammed VI, des relations avançant à Très Grande Vitesse

Les relations franco-marocaines La France a toujours entretenu une relation privilégiée avec son ancien protectorat qu'est le Maroc. Elle en est le premier client et premier fournisseur. Elle y est aussi principal investisseur étranger. Le Maroc est par ailleurs le principal pays d'origine de l'immigration en France, le français y est la deuxième langue et une communauté française très importante y vit. Et ce n'est pas la communauté étudiante de l' ESSEC qui affirmera le contraire! La première visite d'Etat de M. Sarkozy, au Maroc du 22 au 25 octobre, fut donc l'occasion d'aborder des questions aussi bien diplomatiques qu' économiques ou commerciales, et ainsi "de réaffirmer la force de l'amitié entre [les deux pays] ".

Avec une part de 21% des échanges extérieurs marocains, la France est le premier partenaire commercial du Maroc. En 2006, ces échanges commerciaux (5,7 Md€) ont progressé de 2,6%. Le constructeur automobile français Renault et le gouvernement marocain ont par ailleurs signé cet été un protocole d'accord sur l'installation près de Tanger, dans le nord, d'une usine de montage d'une capacité, à terme, de 400.000 véhicules par an. Et au terme de son séjour, le chef de l'Etat a annoncé que la France avait signé pour 3 milliards d'euros de contrats avec le Maroc. Le plus important est la ligne de train grande vitesse (TGV) entre Tanger et Casablanca, estimée à 2 milliards d'euros, dont la moitié reviendra notamment à trois entreprises françaises, Alstom, la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et Réseau ferré de France, pour le matériel roulant et l'équipement de la voie. Il a également été décidé que la France moderniserait vingt-cinq hélicoptères Puma et 140 véhicules de l'armée marocaine. La France fournira aussi un système de surveillance des frontières. Interrogé sur la volonté du Maroc d'acheter des chasseurs bombardiers américains F16 plutôt que des Rafale, M. Sarkozy a déclaré qu' "il n'y a pas que des succès".

"C'est une magnifique visite d'Etat. Les intérêts économiques de la France y sont je crois bien défendus". "Si la France a beaucoup à donner, la France a aussi beaucoup à apprendre de vous", a estimé le Président, laissant entendre par ce discours qu'il souhaitait rompre avec une forme de "paternalisme" prêté à ses prédécesseurs, dont Jacques Chirac, à l'égard de l'ancien protectorat français. Il a, par ailleurs, rendu hommage au peuple marocain "dont l'honneur est d'avoir protégé les Juifs quand dans toute l'Europe ils étaient pourchassés pour être exterminés". Moins de deux mois après les élections législatives marocaines qui ont vu le parti nationaliste et conservateur Istiqlal (Indépendance) l'emporter, en sièges, sur les islamistes modérés du Parti de la Justice et du Développement, M. Sarkozy a salué le "pluralisme et l'ouverture" du royaume.

Souhaitant voir le Maroc se doter d'"une filière nucléaire civile" en partenariat avec la France, le président français a lancé un appel à l'Iran. "L'énergie du futur n'a pas vocation à être la possession exclusive des pays les plus développés dès lors que les conventions internationales sont partout respectées", a-t-il insisté. Peut-être une façon de dire à l'Iran qu'une coopération est possible et que la confrontation peut être surmontée. Sur le conflit du Sahara occidental, M. Sarkozy a qualifié le projet marocain de "sérieux et crédible", ce qui a immédiatement soulevé les critiques du Polisario, qui considère que les résolutions de l' ONU sont totalement bafouées par ce plan marocain.

M. Sarkozy a en outre annoncé sa volonté d'organiser, dans le cadre de la présidence française de l'UE au deuxième semestre 2008, une nouvelle conférence euro-africaine sur l'immigration. La première, tenue à Rabat en 2006, avait réuni 57 pays européens et africains. Elle avait adopté un plan d'action portant sur le contrôle de l'immigration clandestine, le co-développement dans les pays d'origine et l'organisation de l'immigration légale. M. Sarkozy a jugé "essentiel d'améliorer la gestion concertée des flux légaux de personnes entre les deux rives de la Méditerranée", pour jeter les bases "d'une union économique, politique et culturelle". Le chef de l'Etat a fait part de sa vision pragmatique de l'Europe, bâtie d'abord sur le charbon et l'acier, puis sur le nucléaire, et dans l'avenir sur le développement durable, l'énergie, les transports, l'eau. Comme l'Europe en son temps, cette Union de la Méditerranée doit se construire sur des solidarités concrètes. C'est pourquoi il fut proposé de l'organiser autour de quatre piliers: l'environnement, le dialogue des cultures, la croissance économique et la sécurité. M. Sarkozy a d'autre part assuré que Paris serait aux côtés du Maroc dans sa lutte contre la pauvreté et annoncé un don de huit millions d'euros à "l'initiative nationale de développement humain" lancée par Mohammed VI en faveur des Marocains défavorisés. A propos des relations économiques entre la France et le Maroc, le chef de l'Etat a estimé que "le développement du Maroc (était) bon pour les entreprises françaises et pour la France".

Le dynamisme des relations avec le Maroc, instigué par M. Sarkozy, est vu d'un très bon œil par le peuple marocain, comme en témoigne d'ailleurs Sofia, étudiante à l'ESSEC : « Le Maroc est un pays en évolution rapide mais qui a un besoin certain de la France et de son soutien aussi bien politique qu'économique. » Néanmoins, des ombres subsistent au tableau des relations entre ces deux pays. Ainsi l'association « Reporters sans frontières » s'est inquiétée, à la veille du voyage, de la "détérioration notable" de la liberté de la presse au Maroc et a demandé au président français, considéré comme l'homme qui ose "dire les choses" sur le plan diplomatique, d'évoquer le sujet avec le roi Mohammed VI. Et l'annonce, concomitante à son voyage, du lancement par le juge Ramaël de mandats d'arrêt internationaux contre cinq Marocains soupçonnés d'être impliqués dans l'enlèvement, le 29 octobre 1965 en plein cœur de Paris, de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka n'a pu que provoquer des réactions, auxquelles le Président a rétorqué que la justice française était indépendante des pouvoirs politiques. Le juge français souhaite notamment que les derniers protagonistes de l'affaire encore vivants répondent à ses questions. Or la justice marocaine tergiverse, arguant qu'elle ignore où résident les témoins à entendre. Le juge Ramaël souhaite vérifier que les corps des truands français qui ont participé à l'enlèvement de Ben Barka sont bien enterrés, ce à quoi les autorités marocaines sont pour le moins récalcitrantes. Pour résumer, "les mandats d'arrêt [sont] un coup de semonce supplémentaire adressé aux autorités marocaines. Soit elles acceptent enfin d'exécuter les commissions rogatoires, soit elles réagissent mal et bloquent tout". Enfin, le Président a profité de sa visite, première du genre au Maghreb, pour s'expliquer une fois de plus sur l'utilisation des tests ADN dans les affaires de regroupement familial, objet de critiques en France et au Maroc. « Il s'agit de permettre aux personnes qui le demandent, aux personnes qui sont volontaires, de prouver leur filiation et de ne risquer à aucun moment d'être confrontées à une accusation ou à un soupçon de fraude". C'est au prix de telles clarifications, réitérées autant de fois que nécessaires, et rythmées d'avancées économiques et commerciales, qu'une véritable Union méditerranéenne, espace de paix et de co-prospérité, pourra finalement se mettre en place.


2 commentaire(s)

Mohammed Bellakhdim contraint à la paternité malgré les tests ADN C’est un père malgré lui. L’ADN le prouve : Mohammed Bellakhdim n’est pas le géniteur de la fille dont a accouché son ex-femme, en 1996, sept mois et demi après le prononcé de leur divorce (dix mois après leur séparation). La justice française l’a déclaré officiellement. Mais au Maroc, pays d’origine du couple, les juges refusent cet état de fait et ont imposé à l’ex-époux le versement d’une pension alimentaire. Ils le condamnent à être père. Mohammed Bellakhdim est français. Toute sa famille vit au Maroc, son père et ses huit frères et sœurs. Lui est venu en 1989 à Montbéliard (Doubs), pour un BTS. Il y a travaillé dans un bureau d’études de dessin industriel, et est aujourd’hui en mission pour Alstom au Creusot (Saône-et-Loire). Sa vie est ici. Il voudrait que les juges français soient les siens. Eux seuls. Noce. En 1995, il rencontre une femme de son âge, elle aussi d’origine marocaine. Elle est salariée à Mulhouse (Haut-Rhin). Six mois plus tard, ils se marient. Ils célèbrent la noce avec leurs familles au Maroc. De retour en France, leur union faite « de navettes entre Mulhouse et Montbéliard » ne dure pas. Trois mois après, Mohammed Bellakhdim quitte le domicile conjugal. Si vite ? « Elle commettait l’adultère, je ne suis pas d’une nature à accepter cela », argue-t-il. Il démissionne, repart au Maroc. « Là, elle m’a rejoint, on a essayé de recoller les morceaux. » Sans amertume ni tendresse, il conclut : « C’était impossible. On n’était pas faits l’un pour l’autre. » Ils se quittent définitivement. Lui engage une procédure de divorce, qui aboutit le 2 février 1996. « Un soulagement » pour lui. « Je ne l’ai plus jamais vue. Je ne suis même pas sûr de la reconnaître dans la rue, si je la croisais. » Retour en France, Mohammed reprend son travail et sa vie. En 1997, il reçoit une convocation au tribunal pour fixer le montant d’une pension alimentaire. Il apprend ainsi qu’il serait le père d’une fille née en septembre 1996 et qui porte son nom. Sûr de lui, il conteste cette paternité. Le tribunal de grande instance de Mulhouse estime qu’« aucun élément n’est produit de nature à démontrer que l’enfant est reconnu comme l’enfant de Mohammed Bellakhdim dans la société, par sa famille ou par l’autorité publique » et ordonne une vérification ADN. Les tests révèlent « deux systèmes génétiques différents ». Le 10 juillet 2000, les juges mulhousiens déclarent que « Mohammed Bellakhdim n’est pas le père de l’enfant ». Qui doit prendre le nom de sa mère, cela sera consigné en marge de son acte de naissance. L’ex-mari n’est tenu à aucune obligation juridique à son égard. Chaque année près de 2 000 procédures de ce genre sont engagées. Allaitement. La justice marocaine, saisie par l’ancienne épouse, lui donne raison. En mars 2002, le tribunal de première instance d’El Jadida estime que le jugement français « s’est basé sur les analyses du sang pour nier que la fille soit l’enfant du défendeur mais que ceci est contraire à la loi marocaine et à la tradition musulmane ». Il stipule que « le droit de descendance est un droit divin à ne pas dispenser ou nier », et prend en compte que « la fille est née dans le délai légal de grossesse qui est une année après le divorce […] d’où il convient de considérer que la fille est la sienne ». Reconnu père, Mohammed Bellakhdim doit payer la pension alimentaire (400 dirhams par mois, 35,5 euros), les frais de garde (100 dirhams, 8,8 euros), et d’allaitement (50 dirhams, 4,4 euros), les frais des fêtes religieuses (1 000 dirhams, 88 euros), et ce à partir de septembre 1996. Il devra aussi payer 1 000 dirhams comme « frais de procréation ». Enfin, « le père est tenu d’inscrire sa fille aux registres de l’état civil ». Malgré de nombreux recours, les juges marocains (jusqu’à la Cour suprême, en octobre) ont confirmé ce jugement, estimant la décision française « contraire à l’ordre public marocain ». Mohammed Bellakhdim, qui n’a jamais payé, se retrouve en infraction au Maroc. La situation semble bloquée, malgré de nombreux courriers de députés, de gauche et de droite, et des réponses polies des cabinets de Rachida Dati et Bernard Kouchner. Source : Libération.fr - Charlotte Rotman
par bellakhdim, le 2009-02-13 07:50:43

Je n'ai jamais vu autant de copier-coller ma petite chérie d'amour. Tu as vraiment écris ça toute seule?
par Lisa Broutel, le 2011-03-15 14:40:00

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