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En France

Les lignes bougent

Les lignes bougent

Alors que les élections présidentielles se rapprochent, qu'en est-il de la distinction droite/gauche?


 

Le paysage politique français ne cesse de changer. Les journaux s'en font l'écho régulièrement. Le 24 novembre, c'était au tour de l'hebdomadaire Le Point de la faire. On y croise une Ségolène Royal aux accents traditionalistes, un Jean-Marie Bockel (P.S.) aux couleurs libérales et un Manuel Valls qui rejoint Sarkozy sur la sécurité. A droite aussi les lignes bougent, on entend les expressions de « discrimination positive » et de « rupture avec le modèle français » dans la bouche de Nicolas Sarkozy, de changement dans la continuité chez Villepin, de taxe sur les billets d'avion pour soutenir les pays en développement à l'Elysée ou encore de taxe Tobin à l'UDF. Autrement dit, la gauche n'a plus le monopole du cœur et la droite celui de la responsabilité. Pour tous ceux qui s'intéressent à la politique, c'est évidemment l'occasion de réfléchir et se remettre en question. Et l'actualité en offre l'occasion.

Revenons sur ce qui a mobilisé les media pendant 3 semaines sans interruption, à savoir les émeutes qui sont survenues un peu partout en France. M. Raffarin auquel des responsables chinois ont demandé si la France vivait un nouveau mai 1968 a dû les convaincre qu'il n'en était rien. Chacun y est alors allé de son explication sur l'état de la France et des origines du mal français. D'aucuns, comme M. Accoyer, président du groupe UMP à l'assemblée nationale soutenait que la polygamie à l'origine des familles nombreuses dans les quartiers sensibles, était responsable des émeutes alors que d'autres avançaient, comme Eric Morin, qu'il s'agit d'une conséquence de la ghettoïsation de la société française. Nul doute que le clivage droite / gauche n'a plus de pertinence pour comprendre les différentes explications qui sont avancées par les uns et les autres. Cela est a fortiori vrai lorsque Nicolas Sarkozy prône une aide financière individuelle concentrée sur l'élève et non plus sur l'établissement scolaire – autrefois discours de prédilection de la gauche française - ou quand Manuel Valls (P.S.) milite pour la fermeté dans l'approche du problème des quartiers difficiles alors que le parti auquel il appartient avait l'habitude d'insister sur la prévention plus que la répresssion. Les lignes bougent.

Du dossier concocté par l'Express de cette semaine se dégage l'impression que le débat politique change, que les lignes bougent et que chacun aura à se déterminer à l'avenir selon des critères autres que celui de gauche et de droite. En attendant 2007.


11/12/2006


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Commentaires

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intéressant et bien écrit

15/12/2005 18:30:00 - O.

Correct. Correction: Le dscours de la Gauche n'a jamais été centré sur l'individu mais sur le collectif. Elle préconisait et a d'ailleurs mis en place un dispositif d'aide aux établissements en difficulté (ZEP), que tu connais sans aucun doute, et non sur l'individu. Donc, quand tu dis que l'aide financière individuelle aux élèves etait le discours de prédilection de la gauche, je ne suis pas tout à fait d'accord. Par ailleurs, je te suis sur le fait que la Droite se saisit de sujets traditionnellement de Gauche et inversement. Néanmois, je crois que le clivage n'a jamais été aussi fort en termes d'idées non pas du fait d'une "gauchisation" du PS (Le non au référundum ne traduit pas à mon sens cela) mais à une droitisation de l'UMP qui devient un vrai parti de Droite. On le voit d'ailleurs dans des propositions qui souhaitent remettre l'inidividu au centre de "ses débats". Par conséquent, je m'accorde avec toi sur le fait qu'il n'y ait plus de clivage en termes de sujets mais en termes d'idéologie, je crois qu'il reste encore des "remparts"...

20/12/2005 00:15:00 - ...

D'abord merci pour vos réactions. Ensuite, mon propos portait non pas sur l'individu mais sur les ZEP qui est un sujet de prédilection de la gauche (Ségolène Royal au temps où elle était au ministère de l'éducation avait relancé les ZEP). Mais je reconnais que je n'étais pas très clair. Effectivement, comme tu le dis, la gauche est connue pour faire passer le groupe avant l'individu. Ceci étant, je crois qu'il s'agit là de la frange la plus radicale de la gauche (LCR, LO) et que cela ne concerne pas les sociaux-démocrates qui forment aujourd'hui le gros des bataillons du P.S..

02/01/2006 23:36:00 - matthieu

Le constat est pertinent. Mais le phénomène résulte-il de la course aux présidentielles ou est-il plus ancien?

08/01/2006 17:58:00 - RS

Merci pour ton intérêt. La course aux présidentielles a certainement dû précipiter les choses, peut-être même créer les nouveaux clivages par opportunisme.

09/01/2006 23:21:00 - matth

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