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Privatiser l’école

Privatiser l’école

Face aux résultats excellents des meilleures prépas privés, et aux scores calamiteux des universités françaises, une question se pose : faut il définitivement privatiser l'école française?


IPESUP, établissement privé s'il en est, affiche chaque année 90 % d'admissions dans les trois « parisiennes » - HEC, ESCP, ESSEC. Le lycée du Parc, lycée public, envoie chaque année aux alentours de 50 % de ses étudiants en classe préparatoire EC dans les trois parisiennes. Est-ce à dire qu'il faut privatiser l'école ?

 

Si aucun homme politique n'ose en arriver à cette conclusion, il n'en reste pas moins que des ébauches de projet de libéralisation du système éducatif français dorment dans les cartons de certains candidats à la présidentielle. C'est le cas de Nicolas Sarkozy.

 

Suppression de la carte scolaire, autonomie des établissements, rémunération des enseignants au mérite, encouragement du privé sous contrat à s'implanter dans les zones sensibles sont au programme de la loi sur l'école de Nicolas Sarkozy s'il était élu en 2007. Convaincu que la compétition est saine, y compris pour l'éducation nationale, l'entourage de Nicola Sarkozy milite pour un mise en concurrence des différents établissements scolaires. Ceci leur permettrait de se spécialiser et de devenir compétitif sur leurs créneaux respectifs. Il s'agirait de consacrer 20 % du budget du ministère à cette refonte du système éducatif français. Cette refonte passera aussi par l'adoption d'un salaire au mérite pour les professeurs qui ont le courage d'enseigner dans des établissements difficiles. Les Z.E.P. seraient supprimées.

A l'inverse, la gauche brille par son absence… On peut présumer un certain attachement à l'école publique contre l'école « libre », entendons privée. Elle sera certainement attachée à conserver la carte scolaire et les Z.E.P. puisqu'elle en est l'initiatrice. On peut néanmoins penser que la synthèse du congrès du Mans reflètera plus ou moins le programme du candidat socialiste de 2007. La synthèse socialiste du congrès du Mans décline la réforme sur l'éducation en cinq actes : un service éducatif de la petite enfance, un financement accru des Z.E.P., accompagnement des élèves à la sortie de leur scolarité, promotion des universités et ouverture des grandes écoles avec des quotas en classes prépa, intégration de tous les enfants avec la création de pensionnats publics.

Un beau sujet de débat. Et pour le coup, une droite et une gauche qui se démarquent.

 


16/04/2007


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Commentaires

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Ton article est intéressant et a le mérite de faire naître le débat. En revanche, excuse-moi mais ta comparaison IPESUP/Le Parc est loin d'être pertinente. Dans ce cas, je peux te donner l'exemple contraire en comparant Louis-le-Grand qui est public et un lycée de province privé avec de moins bons résultats. Tu fais un peu un raccourci. Privatiser l'école française me paraît en tout cas une aberration. Mettre les écoles en concurrence, il n'y a pas mieux pour créer des zones de désuetude. On peut d'ailleurs souligner qu'il existe des "success stories" dans le public également.

16/05/2006 09:20:00 - Rémi

Sujet intéressant mais je trouve assez mal lancé malheureusement... 1/. Il ne faut pas traiter indistinctement de la privatisation de l'enseignement supérieur (telle qu'on la connait dans les grandes business schools américaines et qui inspire de beaux rêves à l'administration de l'ESSEC) et de la privatisation de l'enseignement primaire et secondaire (qui constitue l'accès à un socle de connaissance indispensable pour chaque citoyen français) Privatiser les grandes écoles françaises, c'est leur offrir l'accès à un financement plus en adéquation avec leurs besoins énormes dans les domaines toujours plus coûteux de la formation et de la recherche. A l'inverse, privatiser l'enseignement secondaire ou primaire, c'est réduire les chances des plus démunis de réussir dans un système scolaire déjà bien peu équitable. 2/. L'exemple d'IPESUP pour illustrer les bienfaits de la privatisation est à mourir de rire. Quitte à jeter un pavé dans la marre, allons-y: IPESUP est une boite à concours, 3/4 des effectifs de cubes, des profs sélectionnés parce qu'ils proposent voire corrigent les sujets de concours (demandez aux IPESUP combien ont eu leur prof comme colleur de maths ou de langue à l'oral) c'est ça la valeur ajoutée du privé? payer pour bachoter et intégrer une école? J'ose espérer que nos études nous apportent plus qu'un diplôme quand même...

16/05/2006 16:00:00 - Romain

Tout d'abord merci pour vos réactions. Pour ce qui est de la caricature, elle était volontaire. Certes, certains lycées privés affichent des résultats très moyens. Toujours est-il qu'IPESUP est parvenu à optimiser les coûts puisque les élèves paient environ 6500 euros par an alors que les préparationnaires du public coutent à l'Etat en moyenne 11 000 euros par an. Au delà des résultats, ipesup est une réussite économique. Pourquoi ne parvient-on pas à rationnaliser l'éducaton nationale ? Je conviens que la privatiser est aberrant mais lui imposer des obligations de résultat serait plus que salvateur. Bref, non à la privatisation mais oui au salaire au mérite. Enfin, concernant les suspicions de fraude d'IPESUP, je crois que si elles étaient avérées, elles auraient fait l'objet d'enquêtes et de procès. Donc, arrêtons d'entretenir des mythes ...

16/05/2006 18:09:00 - matthieu

Il n'y a aucune suspicion de fraude. J'espère que les examinateurs au concours savent encore juger une prestation de façon impartiale. En revanche on ne peut pas fermer les yeux sur le fait que de nombreux examinateurs sont aussi colleurs (voire prof) toute l'année dans les meilleures prépas parisiennes. IPESUP en fait partie et c'est pour cette raison que les gens acceptent de payer les 6500 euros dont tu parles. Originaire d'une prépa bordelaise, j'ai passé mon oral d'allemand de l'ESC Bordeaux avec le prof qui me collait toute l'année en prépa. Je crois que c'est suffisant pour dire que j'ai été mieux préparé à cet oral que les autres candidats. Ce que je tiens à souligner, c'est que la majorité des gens qui vont en prépa privée n'y vont pas pour l'excellence de la formation dispensée mais bien pour optimiser leur concours, alors même qu'ils se verraient refusés des prépas publiques d'un niveau de résultat équivalent. Et ça, ça n'a rien à voir avec le but premier de l'école (apparemment différent de celui de certaines prépas...) qui est d'enseigner un savoir. Autre chose, quelle est la réussite d'une prépa à intégrer 90 et quelques pourcents d'élèves dans les 3 Pas si elle écrème plus de 50% des effectifs de première année? Et encore, je ne parle pas des sélections drastiques à l'entrée en première année, ni d'IPESUP qui colle ses "rejetons" dans sa sous-marque "INTEGRALE". Quel est le mérite du prof de la prépa qui recrute sur dossier plus de 50% de mention très bien au bac? La bonne école, c'est celle qui fait progresser tous ses éléments ensemble et sans distinction, et la privatisation semble nous éloigner plus encore de cet idéal. Privatiser la formation et la recherche OUI. Privatiser l'éducation NON.

17/05/2006 16:14:00 - Romain

Deux points: 1. L'éducation nationale est-elle réformable ? La réponse est plutôt dans le non. Les syndicats ont la main et aucun politique ne risquera sa carrière là dessus. Ce commentaire vient du rédac' chef de l'Etudiant. Pourtant il reste optimiste. Sa théorie est de dire que la seule solution est de mettre quelqu'un dont la carrière est achevée (comme Jules Ferry en d'autres temps). On peut penser qu'une Simone Veil ou Marie-France Garraud à droite serait parfaite pour ce rôle. 2. La forme actuelle de l'éducation génère aussi énormémenet d'inégalité. Croire que la carte scolaire permet une meilleure mixité sociale est un leurre, le lieu de vie n'étant lui-même pas un lieu de mixité sociale. Dans les 3 grandes : Normale sup, X, HEC : uniquement 7% de la population de ces écoles sont issus des classes "populaires" sur les 30 dernières années contre 30% durant les 30 Glorieuses...

18/05/2006 10:45:00 - Pompom

En Réponse à la réaction de Romain : Quells sont les ogjectifs d'une classe prépa ? Intégrer ainsi une école privée telle qu'IPESUP est idéale. En effet, les profs n'y sont pas fonctionnaires, ils ont donc la liberté de dire à leurs étudiants la réalité des concours tandis que ceux des écoles publiques ne le peuvent pas. D'autre part, le chiffre de 3/4 de cubes à IPESUP est mensonger: ils ne sont qu'une moitiée! De plus, les profs de cette prépa ne se contentent pas (meme s'ils le pourraient) de faire intégrer: en effet vous n'êtes pas sans savoir que les prix de cette prépa sert surtout à obtenir des profs d'un niveau extrèmement élevé qui vont bien plus loin que leur but premier: leurs cours sont d'un intérêt incroyable à la hauteur de leurs compétences (voir E.Cobast, A. Combrouze et P.Gauchon dont la compétence est largement reconnue...). Enfin la motivation financière évidente les pousse à sans cesse se surpasser. Ainsi IPESUP, loin d'être une "boite à concours" masi aussi une prépa d'une éfficacité et d'un intérêt incroyable. (PS: pour information IPESUP et INTEGRALE sont des prépas concurrentes.... il faut donc se renseigner avant de critiquer...)

20/06/2007 19:35:00 - Bastien

évidemment que l'on devrait privatiser le systeme scolaire mais de facon progressive comme l'indique david friedman ( le fils de milton) avec un systeme de bons scolaires.. les impots étant illégitimes puisqu'ils constituent une forme d'esclavage ( je travaille 50 pour cent de mon temps pour l'Etat alors que je suis proprietaire de mon corps), toute forme d'Etat est illégitime et l'école publique est completement illégitime. De plus il faut arreter avec le modele méritocratique à la con qui oublie vite que la concurrence et la cooptation qui en résulte sont beaucoup plus efficaces que la "discrimation positive".

07/05/2008 22:19:00 - pierre

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