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Home > Actualité - Média > En France > Alain Juppé apporte son soutien à Nicolas Sarkozy
Alain Juppé était invité par les Mardis de l'ESSEC le 17 avril 2007. Compte rendu du débat.
Il revient du Canada, en mai 2006. On dit qu'il a changé ; ce qu'on sait à coup sûr, c'est qu'il soutient Nicolas Sarkozy. Petites confidences entre un prof et des élèves...
Avec le recul de son voyage au Québec, peut infirmer une idée fausse selon lui, celle du déclin français. Dans son livre, il insiste par une formule forte : « Ayez confiance en la France ». Il y a certes des réformes à faire, mais la France est plus en crise (situation temporaire dont on sort) qu'en déclin (ce qui évoque une sorte d'inexorabilité).
Juge le bilan des gouvernements Raffarin et Villepin globalement positifs. La France représente 1% de la population mondiale et est la 5e puissance économique mondiale. Il reprend l'expression québécoise « La France n'est pas si pire » : le chômage baisse, les déficits sont aujourd'hui sous contrôle, la création d'entreprise se porte bien, des réformes sont engagées.
Une des problématiques qu'il juge cruciale cependant : comment faire passer la croissance d'un insuffisant 2% à 3% ?
Concernant son propre bilan, M. Juppé pense que si certaines de ses réformes ont dû attendre d'être reprises par ses successeurs pour réussir, c'est parce qu'il faut laisser le temps au temps. D'autres ont été un succès en son temps : la réforme du financement de la Sécurité Sociale notamment, la baisse de la dette et du déficit entre 1995 et 1997-98 énoncée par le rapport Pebereau.
Pourquoi revenir dans la vie politique, après avoir exprimé son envie d‘en partir dans La Tentation de Venise ?
La politique, c'est pour lui le débat sur l'intérêt général, l'avenir de notre pays, un engagement noble. La majorité des hommes politiques croient en ce qu'ils font. Et il semble qu'il soit faux de dire que les Français ne s'intéressent pas à la politique, puisqu'ils se passionnent aujourd'hui pour la campagne.
Par ailleurs, il est très enclin à penser que les peuples ont la classe politique qu'ils méritent.
Son blog (www.al1jup.com)
Cela demande beaucoup de temps et de travail. Cela crée un lien à la fois très direct et très anonyme, ce qui permet aux contradicteurs de répondre parfois violemment aux propositions et articles. Cela permet de toucher également des couches de la populations qui ne seraient jamais venues aux réunions : jeunes, opposants... La violence de certains propos, ou l'ignorance d'autres sont pour Alain Juppé un signe inquiétant d'intolérance et d'exaspération.
Le blog est en tous cas un moyen de renouer un dialogue avec la population que la classe politique avait peut-être perdu. Par contre, il s'oppose à l'idée de Bayrou d'organiser un débat avec Sarkozy, avant le second tour sur internet : traditionnellement, les débats ont lieu entre les deux tours pour des raisons évidentes de commodité.
Cependant, à l'idée populaire qui pense que les hommes politiques, enfermés dans leur tour d'ivoire, ne connaissent pas la « vraie » vie du peuple, il répond non. Il pense même qu'il ne faudrait pas interdire le cumul entre u mandat national et local, pour garder le contact avec la population.
Le thème de l'emploi.
Compte Rendu : François Bayrou évoque la flexi-sécurité, déjà évoqué auparavant par Alain Juppé, Ségolène Royal le contrat première chance. Qu'en pense M. Juppé ?
2 axes principaux sont à considérer :
- la révolution intellectuelle à faire sur le temps de travail. Sous Mitterrand avait été créé le ministère du temps libre, qui, en découpant en plus petites parts le gâteau du travail aurait voulu en distribuer davantage. Force est de constater que cela n'a pas fonctionné, pour des raisons simples : baisse du temps de travail => baisse de la compétitivité => blocage du pouvoir d'achat => activité économique moins soutenue. Selon Alain Juppé qui cite Sauvy, « le travail des uns fait le travail des autres ». Une idée que prône également Sarkozy.
Force est de constater quand dans les pays de l'OCDE, la France a le plus faible taux d'emploi des 55 - 65 ans, alors qu'il faudrait relancer l'employabilité des Seniors.
- pour que ce changement s'opère, il faut s'assurer que les Français soient plus heureux au travail. Ainsi, diversifier les tâches, pratiquer une politique du pouvoir d'achat en augmentant les salaires et une politique de formation pour permettre des perspectives de promotion.
Le secteur du bâtiment est parvenu à appliquer cette politique, ce qui en a fait un des secteurs les plus attractifs.
En ce qui concerne la flexi-sécurité, il s'agit de débloquer les entreprises en ce qui concerne les charges pour plus de flexibilité, mais d'assurer la sécurité des employés en ce qui concerne la réinsertion. Alain Juppé prend par exemple le cas de ces PME qui n'embauchent pas pour cause de licenciement trop judiciarisé qui en devient un frein à l'emploi.
La flexi - sécurité est appliquée au Danemark avec succès.
Comparaison :
Ségolène Royal est partisante d'un maintien des 35 heures améliorées, et d'une facilitation à la création d'entreprises. Les entreprises ne pourront recevoir d'aides que si elles ne licencient pas lorsqu'elles dégagent des profits substantiels. Les idées de François Bayrou sur le sujet sont rassemblées dans son Small Business Act. Il veut également supprimer les contrats de travail existants au profit d'un CDI universel, à droits progressifs, et libérer les 35 heures par des heures supplémentaires rémunérées.
Compte Rendu : Cette dette est due au déficit ; il faut donc soit augmenter les recettes pour le résorber et ainsi diminuer la dette, soit réduire les dépense. Augmenter les recettes par les impôts, c'est ce qu'Alain Juppé a fait en 1995 ; ce n'est selon lui plus possible aujourd'hui compte tenu du niveau des prélèvements fiscaux qui existent déjà aujourd'hui en France. Tout passe donc par la maîtrise des dépenses publiques, notamment par la diminution de postes dans la fonction publique ainsi que par l'introduction de la culture du résultat, de l'évaluation et de la performance (ce qui est déjà le cas avec la loi LOLF). Bayrou est selon Alain Juppé plus réticent à diminuer les postes de fonctionnaires que Nicolas Sarkozy.
Cette diminution se fait poste par poste. Ainsi, en faisant prélever la redevance télé sur la taxe d'habitation avec une attestation sur l'honneur des gens qui disent ne pas avoir de téléviseurs, 1 500 postes ont été redistribués. De même, au sein de l'Union Européenne il n'y a plus de douanes mais le nombre de douaniers n'a pas baissé.
Comparaison :
François Bayrou souhaite supprimer le déficit de fonctionnement de l'Etat en trois ans, et inscrire dans la Constitution l'interdiction pour l'Etat de présenter un budget déficitaire.
Compte Rendu : Alain Juppé dit sans fard que c'est le grand combat des 30 ou 40 prochaines années. Depuis son retour du Canada, il a mieux pris conscience des problématiques écolo ; il prends des exemples chocs, comme le permafrost qui se met à fondre.
Sa devise dans cette problématique est d'agir « Du local au global », c'est-à-dire de commencer par des initiatives quotidiennes. Mieux trier ses déchets, utiliser son eau, utiliser des lampes fluorescentes au lieu de lampes à incandescence (qui perdent 95% de leur énergie en chaleur et non en lumière). Puis taxer les pollueurs (ceux qui n'utilisent pas d'énergies renouvelables) au niveau européen et enfin mettre en place une Organisation Mondiale de l'Environnement. L'idée même d'une telle organisation rencontre des réticences, de la part des Etats-Unis opposés à toute initiative des Nations Unies, et également de l'Inde et de la Chine. Mais les opinions publiques ont déjà commencé à changer, comme en témoignent par exemple la présence de maisons à énergie passive.
Comparaison :
François Bayrou souhaite une réforme de la PAC en faveur de l'agriculture biologique, ainsi que la diminution de la consommation d'énergie de 25% d'ici à 2020. Ségolène Royal souhaite elle aussi également une réforme de la PAC, et adhère à l'idée du pollueur-payeur : objectif zéro déchets industriels en 2012, et la mise en place d'une éco redevance. Elle se pose aussi contre les OGM.
Compte Rendu : Alain Juppé n'a pas compris pourquoi tant de tapage, pour un terme qui a même provoqué des dissensions au sein de l'UMP : Simone Veil n'hésite pas à qualifier ce terme de plus grave qu'une imprudence. Il évoque le livre de Bourdel, l'Identité de la France. Le paradoxe d'un monde de plus en plus globalisé est le retour à un sentiment patriotique fort, pour plus de repères.
L'identité française est dans sa bouche définie selon une formule propre à l'UE : l'unité dans la diversité. Unité de valeurs communes, diversité dans un pays qui connaît l'immigration depuis des siècles.
C'est ainsi que l'on rejoint le thème de l'immigration. Comme Nicolas Sarkozy, Alain Juppé pense que nous avons fait le chemin à l'envers en laissant l'immigration clandestine prospérer jusqu'en 1974, et en subissant à présent les regroupements familiaux et droits d'asile. Au Canada, en plus d'une politique très ferme sur la clandestinité, on pratique l'immigration choisie.
Compte Rendu : Alain Juppé y est farouchement opposé. L'envie de changer les institutions quand quelque chose ne va pas est pour lui une spécificité française, alors que ça ne résoudra pas les problèmes.
Par ailleurs, que signifierait une Vie République ? Le retour à un régime parlementaire, ce qui serait plutôt une Ive République bis ; ou un régime plus présidentialisé, où le président détiendrait le pouvoir exécutif en matière de politique étrangère et intérieure. Cela nécessiterait également l'interdiction pour le président de dissoudre l'Assemblée Nationale, et pour l'Assemblée Nationale de renverser le gouvernement, ce qui n'est pas forcément souhaitable dans notre pays.
Le quinquennat a selon lui renforcé le pouvoir du président. Il reste certainement à renforcer les pouvoirs du Parlement : que le président puisse s'adresser directement à lui, que le travail parlementaire soit mieux organisé. A cause de tergiversations inutiles sur des milliers d'amendements qui ne changent la loi que parfois d'une virgule, les députés ne sont jamais en séance.
Comparaison :
Ségolène Royal comme François Bayrou sont contre le cumul des mandats pour les parlementaires. Royal souhaite introduire une part de proportionnelle dans l'élection des députés, l'abolition du 49-3 et la suppression du droit de veto au Sénat. Bayrou souhaite une Vie République et l'introduction de la proportionnelle : au dessus de 5% des voix, tout courant politique doit être représenté.
Compte Rendu : Tout d'abord, il s'agit de reconnaître à l'Europe ses nombreux mérites. Elle nous a apporté la paix, des décennies de prospérité, une grande influence dans le monde (nous sommes ensemble, par exemple, toujours la première puissance commerciale mondiale). La panne est en grande partie due au NON français. Les raisons en sont multiples, mais l'idée selon laquelle l'Europe s'élargit sans limites et n'assure plus son rôle de sécurité a certainement effrayé les Français.
Nicolas Sarkozy propose tout d'abord d'agir à court terme, en faisant un traité simplifié qui dans l'immédiat débloquerait les choses : il comprendrait la création d'un ministère des affaires étrangères, le vote par double pondération, l'allongement du temps à la présidence. Puis, une fois que ceci aurait été expliqué aux Français, le tout aurait été ratifié par voie parlementaire.
Pour montrer les bienfaits de l'Europe, il faudrait également relancer de nouveaux projets (industriels, de santé...). Il faudrait également poser aux Français la vraie question de fond : qu'est ce que l'Europe ? Est-ce un simple espace économique ouvert, dans lequel il n'y aurait pas de limites, ou une puissance sur la scène internationale ? La préférence d'Alain Juppé pour une Europe puissance est manifeste, tout simplement parce qu'il estime que nous n'avons pas le choix : nous devons être fort pour supporter l'ascension de la Chine, de l'Inde, de la Russie et du Brésil.
Comparaison :
Ségolène Royal prône la création d'un gouvernement de la zone euro, ainsi que la négociation d'un nouveau traité institutionnel soumis à référendum. François Bayrou veut une harmonisation de la fiscalité européenne, une politique de l'immigration commune, u nouveau traité soumis au vote des Français. Il est contre l'adhésion de la Turquie à l'UE.
Compte Rendu : Deux points ont été développés. Le premier, s'agissant de la dissuasion nucléaire. Sans être en dehors des limites du traité de non prolifération du nucléaire, il estime que dans un monde dangereux comme le notre (il cite la Turquie et le Kurdistan, l'Iran comme exemples), la France ne doit pas renoncer à sa force de dissuasion.
Le second, concernant la relative continuité de Sarkozy avec la politique de Chirac ; Juppé estime que plus qu'une rupture, Sarkozy va poursuivre les idées actuelles, à l'exception de certains thèmes comme le réchauffement des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la France. Cependant, contrairement à Sarkozy, Juppé ne pense pas que la France soit allée trop loin dans son opposition à l'intervention en Irak.
Comparaison :
Ségolène Royal comme François Bayrou souhaitent que la France conserve sa capacité de dissuasion nucléaire. Les deux veulent également une relance des initiatives communautaires et de l'aide au développement.
Compte Rendu : est en accord avec le gros de la politique fiscale. En ce qui concerne la suppression de l'impôt sur la succession, il rappelle que cela ne concerne que les « petites » successions, et que donc l'inégalité des naissances restera toujours rétabli pour les grandes. Il pense par ailleurs que si l'on veut rétablir l'équilibre, il est plus simple de toucher à la succession qu'à l'ISF.
18/06/2008
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http://tunisie-harakati.mylivepage.com Plus rien ne m'étonne, il était évident que monsieur Alain Juppé vienne soutenir son ami de toujours monsieur Nicolas Sarkozy. Ils sont du même partie politique et ont les même ambitions. Seulement je ne crains que Juppé soit jeter sur la touche au prochaine municipale et pourtant il a fait de super travaux à Bordeaux.
18/02/2008 19:11:00 - Richard Jaude