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En France

Trangression en politique

Trangression en politique

"La modération est la langueur et la paresse de l’âme tandis que l’ambition en est l’activité." La Rochefoucauld.


Dans le paysage politique français, les centristes, à l'exception de Valery Giscard d'Estaing n'ont jamais acquis le pouvoir. Est-ce à dire que les Français, comme La Rochefoucauld, pensent que la modération est la langueur et la paresse de l'âme tandis que l'ambition en est l'activité. Est-ce à dire que les Français aiment les excès et les personnages politiques excessifs ? Ainsi s'explique peut-être le succès de Nicolas Sarkozy. Son ambition proche de l'arrivisme passerait pour de l'activité.

La transgression. Comme le dit Max Gallo, tous les présidents de la République française ont un jour ou l'autre transgressé les règles politiques de leur pays ou de leurs camps. Ainsi De Gaulle fustigie-t-il la droite bourgeoise pour tenter de rassembler autour de sa propre personne « les gens de bonne volonté ». Mitterrand s'allie au Parti Communiste pour l'élection présidentielle autour d'un programme commun. Jacques Chirac met la barre à gauche avec un discours sur la fracture sociale en décalage avec les préoccupations de ses électeurs habituels.

Les transgresseurs. Qui sont les transgresseurs aujourd'hui ? Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'intérieur du gouvernement Villepin a plaidé pour la discrimination positive et supprimé la double peine, thématiques de gauche s'il en est. Fabius. Le plus jeune premier ministre de l'après-guerre a été social-libéral quand son parti s'alliait au P.C. et a milité pour le « non » à la constitution européenne alors que son parti avait voté « oui ». Ségolène Royal. Elle scande des valeurs traditionalistes à contre-courant des inclinations de sa propre famille électorale. Regardez les transgresseurs, vous trouverez nos prochains chefs de l'Etat.

Gauche de la solidarité contre la droite de la responsabilité. Et si une des solutions apportées au déficit d'intérêt pour la politique résidait dans l'affirmation de valeurs claires et précises ? D'aucuns ne jurent que par le pragmatisme. Mais c'est oublier que dans les mouvements de l'histoire, il faut agir vite et prendre des décisions rapidement. C'est ainsi que l'on justifie l'appartenance idéologique. La gauche régira spontanément à un problème avec à l'esprit les laveurs de solidarité tandis que la droite réagira spontanément en avançant la responsabilité de l'individu. Nul pragmatisme mais des choix idéologiques. Ainsi, la gauche répond à l'essor de la dette publique en créant l'ISF ou à la réinsertion en créant le RMI là où la droite répond par l'augmentation de la TVA (gouvernement Juppé) et le RMA – revenu minimum d'activité.


22/05/2006


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