Les hommes rêvent de Mars...
le 25/11/2008 - par Radu Calin Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Alors que les Indiens envoient des fusées vers la Lune, les européens ont déjà les yeux tournés vers Mars. Mais pour ce qui est d’y parvenir, rien n’est moins sûr.
Les hommes rêvent de Mars
Car lorsque Neil Armstrong lançait à travers les ondes la célèbre phrase « un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité », les Européens faisaient du sur place. Vont-ils rater le coche de la même manière pour Mars ? C'est un risque vu le contexte de crise financière qui conduit à des restrictions budgétaires dans tous les postes de l'Etat, d'autant plus pour la conquête spatiale.
La mission Exomars qui devait partir en 2013 a déjà vu son lancement repoussé à 2016, la prochaine fenêtre d'approche pour le départ vers la planète rouge. Le budget de 1,3 milliards de l'ESA (Agence Spatiale Européenne) risque d'être ramené sous le milliard...et encore, seulement si les Américains et les Russes sont de la partie. Pourtant le projet européen ne manque pas d'allure.
L'Union Européenne dispose déjà d'atouts incontestables. Elle domine le secteur des fusées commerciales, possède à Kourou l'une des meilleures bases spatiales dans le monde e produit les satellites les plus pointus pour la science ou l'industrie. Des réussites ont déjà ponctué l'aventure spatiale européenne. Sa capsule Huygens par exemple a effectué en 2005 un spectaculaire atterrissage sur Titan, le satellite de Jupiter. Et si on dit que les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars, les sondes Mars Express et Venus Express y sont retournées avec succès ! Fort d'innovations technologiques notamment sur le petit robot tout-terrain rover, la mission vise à déterminer dans quelles conditions des astronautes pourraient habiter sur place. Scientifiquement parlant, il s'intéressera également à l'environnement martien et à l'existence de vie microbienne passée ou souterraine alors qu'un radar sondera le sol pour y étudier la géologie et la présence de nappes phréatiques.
« Rien, pas une boîte, pas un troquet, pas une mobylette », aurait dit Coluche. La planète rouge peut cependant paraître bien vide aux profanes. Pourtant, tout le monde y trouve son compte. Les gouvernements y voient une aventure populaire qui signe leur souveraineté, Kennedy et sa Lune sont encore dans toutes les têtes. Les industriels, notamment les fournisseurs de l'armée, adorent ces programmes juteux qui tirent leur innovation et embellissent leur image. Les agences spatiales y jouent leur crédibilité dans la maîtrise d'ouvrage. Quant aux chercheurs, Mars recèle encore bien des mystères, contrairement à la Lune. Les géologues et les planétologues exploitent en particulier les différences entre la planète rouge et la Terre pour reconstituer l'histoire de notre planète. Enfin, les climatologues s'intéressent à l'histoire de l'effet de serre martien pour améliorer les modélisations du réchauffement climatique.
Pourtant la réalité des découvertes est toute autre : pas grand chose si ce n'est avoir découvert que les Martiens n'existent pas, et avoir tourné Mars Attacks pour l'occasion. Aucune trace de vie, mais d'infimes traces d'eau qui rappellent qu'autre fois la planète était chaude et humide. La mission américaine Phoenix a prouvé qu'il y avait de la glace d'eau aux pôles martiens. Le rêve des chercheurs est de trouver de grandes réserves souterraines d'eau liquide qui pourraient abriter des traces de vie rudimentaires.
Oui, mais le rêve a un prix : depuis les années 60, les deux tiers de la quarantaine de missions d'exploration ont échoué à attraper l'orbite de Mars ou à s'y poser. En ce début de XXIème siècle est-il toujours permis de rêver la tête dans les étoiles ?
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