L'auberge espagnole, la fin d'un modèle ?
le 09/08/2008 - par Radu Calin Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Selon une étude récente de Campus France, de moins en moins d'étudiants français font le grand saut dans l'inconnu en quittant l'Hexagone. Alors, démodée l'Auberge Espagnole ?
L'auberge espagnole, la fin d'un modèle ?
Selon une étude récente de Campus France, de moins en moins d'étudiants français font le grand saut dans l'inconnu en quittant l'Hexagone. Alors, démodée l'Auberge Espagnole ?
6 ans plus tôt, en 2002 : le succès du film de Cédric Klapisch avait déclenché une vague de départs dans les campus étrangers. Notamment propulsés par les programmes Erasmus, plus de 80 000 étudiants français étaient inscrits dans des universités étrangères en 2003. Mais entre 2000 et 2006 on remarque un recul de 25% des étudiants qui partent en échange : où est passée cette soif d'aventure et de découverte multiculturelle qui propulsait nos étudiants hors du village gaulois et permettait un brassage des cultures (comme dans les Poupées Russes, la suite de l'Auberge Espagnole). En réalité, les effectifs des étudiants dans les campus étrangers tendent à se stabiliser mais les étudiants partent de moins en moins et ce pour plusieurs raisons :
- Le marché du travail est plus dynamique, ce qui explique qu'ils ressentent moins le besoin de partir s'expatrier pour leur carrière professionnelle.
- Les universités ne valident pas systématiquement les semestres passés à l'étranger, ou alors dans une moindre mesure (3 mois seulement)
- Peut-être une mentalité de village gaulois et de repli sur soi due à la barrière de la langue.
- Le manque de bourses et de subventions pour inciter à partir en échange !
Ce repli n'est malheureusement pas une exception française : on observe le même phénomène en Grèce, en Italie, au Japon et au Royaume-Uni. C'est l'Allemagne qui fait office « d'exception culturelle » avec des dispositifs d'aide plus importants et un niveau de langue meilleur que ses comparses Européens ! Cependant, les étudiants français sont parmi les plus mobiles des pays développés (OCDE) : notamment avec les bénéficiaires de bourses Erasmus.
En revanche, certaines destinations restent plus prisées que d'autres : les français préfèrent les modèles socialement et économiquement proches : à savoir, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne, les Etats-Unis, l'Australie, le Japon et les pays Scandinaves ! Mais quid de l'Asie ? Notre président a beau s'afficher avec Hu Jintao, le fait est que les français semblent ne pas vouloir découvrir les pays d'Asie du Sud-Est. Les chinois, coréens et autres vietnamiens ne s'embarassent cependant pas des barrières culturelles pour envahir les campus Européens. En effet, nos étudiants s'aventurent encore très peu au-delà de l'Europe, préférant souvent des pays dont le système d'enseignement et la culture se rapprochent de leur pays d'origine.
On peut cependant remarquer la volonté de certaines grandes écoles de faire évoluer les choses : Sciences Po Paris demande une année d'études obligatoire à l'étranger, l'EM Lyon exige que ses étudiants effectuent leur premier stage en entreprise de 6 mois à l'issue de leur première année à l'étranger, l'ESSEC envoie ses étudiants sur son campus à Singapour (ouvert depuis 2005)...Les bourses de mobilité des conseils régionaux et des municipalités mériteraient d'être plus connues. Une autre initiative serait sans doute de subventionner ces départs pour inciter les étudiants à se lancer à l'assaut des campus étrangers. L'avantage étant qu'ils seront surs de revenir contrairement aux cerveaux qui s'expatrient par milliers !
Autant dire que d'importantes marges de progression existent alors que les experts européens placent la barre très haut en affichant comme objectif de « permettre au moins à 50% des jeunes entre 16 et 29 ans de partir à l'étranger dans le cadre de leurs études d'ici à 2020 » ! A quand la suite des Poupées Russes : les Français bohèmes ?
0 commentaire(s)
Ecrire un commentaire
En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.
vers Mag'









