Pourquoi John McCain va gagner...

le 30/08/2008 - par Jean-Philippe Il y a 8 commentaires. Réagissez vous aussi !

Depuis quelques mois, notre chère Europe s’extasie du miracle que représente la nomination d'Obama, et il suffit d’ouvrir un journal, d'allumer la télévision, de surfer sur le net pour avoir la plus douce des certitudes : Barack Obama sera le prochain président des Etats-Unis.

Pourquoi John McCain va gagner...

Depuis quelques mois, notre chère Europe s'extasie du miracle que représente la nomination d'Obama, et il suffit d'ouvrir un journal, d'allumer la télévision, de surfer sur le net pour avoir la plus douce des certitudes : Barack Obama sera le prochain président des Etats-Unis. Doux présages pour les sens du vieux continent dont le tropisme démocrate n'est plus à démontrer... Doux présages aussi pour l'équipe républicaine puisque les Européens avaient aussi vu Al Gore et Kerry gagner ! Or, comme toujours, les Européens, à force d'enterrer trop tôt le candidat républicain, oublie qu'il a toutes ses chances.

 

Les raisons de l'égarement médiatique et populaire sont très simples : une méconnaissance du système américain, un mépris injustifié pour le candidat républicain et un enthousiasme aveugle pour le démocrate. Je tiens de suite à préciser que mes propos vont peut être paraitre durs envers Barack Obama, alors qu'il est sans conteste le meilleur candidat à mes yeux. C'est justement parce que je rêve de son élection, que je m'inquiète de l'emballement médiatique lamentable qui l'entoure.

 

Ce brouhaha est particulièrement dangereux pour Barack Obama, puisqu'il l'a déjà placé dans la position fâcheuse du favori, et que surtout il lui a donné des certitudes néfastes sur ses avantages et son avance présumée écrasante sur son concurrent. Pourtant, ces mêmes médias tout dévoués au personnage charismatique qu'est le sénateur de l'Illinois, ont-ils procuré des commentaires sur son programme ou sa stratégie politique ? Aucunement. Mis à part avoir constaté sa brillante tactique de prise de contrôle de la base démocrate et de l'éjection d'Hillary Clinton, ces mêmes médias donnent-ils une idée de la lutte électorale à venir ? Nullement.

 

Il ne suffit pas d'invoquer les mânes de Kennedy pour s'assurer la victoire, de prendre des postures glamours pour remporter un triomphe. Evidemment, les capacités de leader et l'enthousiasme que Barack Obama provoque, sont à saluer. Mais, le système américain, bien qu'on aime à le croire en Europe, n'est pas qu'une course de personnes (et quand bien même il le serait, en quoi peut on disqualifier Mc Cain, figure paternaliste s'il en est ?).

 

Les Etats-Unis est un pays qui se croit en crise, sa population semble particulièrement inquiète pour son avenir. La nation se cherche donc un sauveur, mais rien ne dit que le renouvellement qu'apporte Obama l'emportera sur la restauration que promet Mc Cain.

 

 

La position du favori est la plus difficile à tenir pour diverses raisons qui tiennent autant de la stratégie politique que de la psychologie de l'électeur. Il faut savoir dominer le débat tout en continuant à enthousiasmer et à convaincre les citoyens que votre challenger a mérité de rester à sa place. Surtout, il faut parvenir à garder en tête que la course n'est jamais finie, ce qui est particulièrement périlleux quand les médias vous couronnent et que vos soutiens vous endorment... Je reprendrais une expression de Nicolas Sarkozy, dans un autre contexte, pour affirmer qu'une élection se conquiert « avec les dents », jusqu'au bout, comme notre président avait su le faire face à une candidate « messianique ». C'est une vérité évidente que Barack Obama devrait particulièrement bien connaitre, puisqu'elle lui a permis de battre Hillary Clinton ! Je rappelle à ceux qui ont la mémoire courte, que les médias occidentaux ne parlaient pas du sénateur de l'Illinois il y a encore deux ans, et fort peu il y un an mais n'avaient pas hésité à installer Mme Clinton à la Maison Blanche. Kiss of death !

Malheureusement pour la sénatrice, l'Histoire a choisi une autre voie, et Hillary n'avait rien fait pour l'en détourner. Viendra le moment où on connaitra les vrais raisons de la défaite de celle qui devait être présidente, mais je suis convaincu qu'elle se trouve en grande partie dans la confiance aveugle qu'elle avait en elle. Confortée de toutes parts dans cette erreur tactique puérile (5000 ans de politique n'ont ils toujours pas appris aux leaders que ne pas sous estimer l'adversaire est une règle simple et censée ?), Mme Clinton a commis un nombre d'erreurs inouïs pendant la précampagne des primaires, que ce soit en supprimant le système du « winner takes all », en ralentissant les récoltes de fonds, ou en délaissant les propositions et la motivation des militants.

 

Je reviens quelques instants sur le système du « winner takes all ». Ce point est fort simple. Auparavant, la majorité des états avaient un système d'élections des délégués, ceux qui désignent le candidat, qui copiaient le scrutin présidentiel : le candidat en tête raflait tous les élus. Benoitement, et parce que jamais elle n'a pensé perdre, Hillary a entériné avant la campagne le passage à la proportionnelle. Grave erreur, avec le système précédent, Hillary aurait battu Barack Obama. De même, trop confiante dans ses chances au Super Tuesday, elle n'a pas bataillé pour faire valider les élections du Michigan et de Floride, perdant des centaines de délégués... Rajoutez à cela l'aura de Barack Obama, son discours messianique, son système militant formidable (qui lui ont notamment permis d'écraser Clinton dans les caucus) et vous avez une rapide leçon sur la manière dont un inconnu peut renverser en un an l'une des plus puissantes familles politiques des USA...

 

Je n'ai pas fait cette digression fastidieuse pour réécrire l'Histoire, mais juste pour montrer que Barack sait de quoi il parle quand on affirme que la position du challenger est confortable face à une icône qu'il suffit de titiller assez longtemps pour qu'elle se fende. On espère qu'il le garde en tête car rarement homme politique fut aussi adulé et fantasmé. Qui connait Barack Obama ? Peu de monde. Qui connait son programme ? Pas grand monde. Qui « l'adore » ? Tout le monde !! Le sénateur est sans doute l'un des hommes politiques les plus brillants de sa génération. Brillant et sincère. Ceux qui doutent de ses aspirations sont des chacals ou des cyniques ringards. Par ailleurs, il est beau et élégant, ce qui achève d'en faire une proie idéale pour les délires érotico politiques de l'Occident.

 

Mais il suffit d'écouter les commentaires au quotidien de la part des soutiens d'Obama pour se rendre compte du fossé qu'il existe entre son image et son réel discours. Heureusement pour lui d'ailleurs, ou en tout cas pour son intégrité intellectuelle.

 

Barack ne ment pas, ou rarement. Il l'a montré avec brio en refusant de soutenir la suppression estivale des taxes sur le carburant, proposition populaire et démagogique qui aurait pu lui faire gagner des points chez les démocrates blancs et les indépendants des classes moyennes. D'où vient alors son image pacifiste, gauchiste et parfois communautariste ? Pas de ces discours en tout cas, mais bien du prisme déformant des médias ; et des gens, qui prennent leur rêve, ou leurs errances, pour des réalités.

 

Je vous encourage à regarder la vidéo du discours à Berlin. Vous apercevrez dans la foule tout un tas de militants passionnés qui portent des pancartes revendicatives. Que peut-on y lire ? Entre autres, reviennent souvent les exigences de « paix » et « d'abolition de la peine de mort »... Or Barack ne promet ni l'un ni l'autre. Et comment le pourrait-il ? La paix n'a pas être conclue de si tôt dans les territoires concernés ; et la peine de mort dépend plus de la Cour Suprême que d'une présidence fédérale qui de toute façon ne va pas prendre le risque d'une guerre civile. On entend ici et la des affirmations comme quoi Barack serait favorable au mariage homosexuel, à l'adoption pour tous, à l'avortement... Or tout cela est faux, et c'est d'ailleurs une bonne nouvelle pour les chances de victoire du sénateur!

 

 

 

 

La liste pourrait être longue, mais tous ces éléments montrent une distorsion dramatique entre l'image du candidat et la réalité des propositions. Le problème est que l'équipe de campagne du sénateur, assez à « gauche », a joué à fonds sur cette ambigüité pour motiver ses troupes pendant la campagne des primaires, et que le Sénateur lui-même en a abusé avec ses discours messianiques qui pourraient légitimement le faire passer pour un illuminé. Vient pourtant depuis quelques semaines le temps du recentrage, et le vernis craque. Disparaissent les charmes et les illusions, et s'imposent les réelles prises de position, aussi convaincantes et brillantes soient elles, ont moins d'effet que les mystifications.

 

Je pense que c'est la cause essentielle de la dégringolade de Barack Obama dans les sondages, et surtout dans certains états clés. Il sera particulièrement dangereux que le sénateur perde les soutiens qu'il avait gagnés et qui lui ont assuré l'investiture, à savoir les professions intellectuelles, les jeunes et les Noirs. En effet, ces deux derniers électorats sont d'une extrême fragilité, l'abstention y est écrasante. Le candidat démocrate doit absolument conserver leur mobilisation, le soutien des classes ouvrières WASP étant très loin d'être assuré.

 

Je tiens à dire que cette aura s'était déjà essoufflée pendant les primaires dans l'indifférence générale. On a déjà oublié qu'Hillary avait réussi à remonter la pente et qu'elle avait gagné les principaux états. Barack l'a en fait écrasé au début et a su la maintenir à distance mais personne ne peut contester que cette distance était bien minime à la fin des primaires. Surtout, le dernier jour, Hillary a gagné un état dans lequel Barack, selon la sociologie de ses électeurs, aurait du triompher : le Dakota du sud. La raison à mon sens en est fort simple : le vernis glamour d'Obama avait commencé à s'estomper.

 

Par ailleurs, l'autre souci majeur de cette place de favori est qu'elle est largement illusoire. Bien sur, le bilan Bush est désastreux à bien des égards et sa politique très impopulaire, même dans les bastions républicains. Mais c'est se fourvoyer de croire que le pays entier est prêt à passer démocrate. Un grand nombre d'états vont voter républicain de toute façon, et l'aurait fat quelque soit le candidat. Les sondages nationaux sont très favorables à Obama même s'ils se resserrent, mais ils ont peu d'intérêt. Seul le vote par état compte, et ce vote fédéral rend toujours la position du candidat républicain favorable, puisqu'il peut compter, contre vents et marées, sur un nombre importants d'états « rouges ». Il n'y a jamais eu de « vague » démocrate depuis Johnson, surtout si on considère que les Démocrates réactionnaires et racistes des états du sud, étaient en fait idéologiquement plus proches du parti républicain, qu'ils ont d'ailleurs rejoint après la victoire des Droits civiques! En revanche, la nation a voté plusieurs à la quasi unanimité pour des républicains (Nixon et Reagan). Ainsi, alors que tous les états que l'on dit « démocrates » ont au moins voté une fois républicain ces dernières décennies, un grand nombre d'état républicain n'ont JAMAIS cédé. La conséquence, c'est que Mc Cain bénéficie quoiqu'il arrive d'un douillet matelas de grands électeurs conquis d'avance.

 

Ces états, dont hélas le Texas qui semble définitivement perdu malgré les gains de représentants effectués par les Démocrates en 2006, lui apportent la bagatelle de 150 grands électeurs surs et certains (sauf retournement extraordinaire, toujours possible en politique ceci dit). Si on ajoute le Kentucky et la Virginie occidentale, qui ont de très grandes chances de voter républicain, on arrive à 163 électeurs.

 

Bien entendu, les démocrates ont aussi leur bastion. New York votera sans doute pour Obama (à moins que Mc Cain ne prenne Rudolph Giulani, l'ancien maire républicain, en Vice président ?), ainsi que la Californie. En tout, les états qui voteront normalement démocrates cumulent entre 207 et 238 grands électeurs. Il faut 270 grands électeurs pour être élu. Il reste 168 représentants du collège présidentiel à élire, il n'y a donc pas de quoi pavoiser !

 

Je reviens quelques secondes sur le cas de la Californie, état le plus peuplé et le plus riche des Etats-Unis et qui désignent 55 représentants. Cet état est un gros cadeau aux démocrates, mais il pourrait très bien basculer républicain. Je rappelle que son gouverneur, Arnold Schwarzenegger est un républicain modéré, bon ami de Mc Cain. Par ailleurs, la légalisation par voie de justice du mariage homosexuel pourrait bien provoquer un sursaut conservateur. Méfiance donc, même si il n'y pas non plus de quoi beaucoup s'inquiéter.

 

C'est tout l'enjeu. En fait, les Républicains partent toujours avec un peu d'avance et n'ont que cent électeurs à conquérir. C'est peu. Surtout, son électorat est toujours bien plus mobilisé, et c'est la raison pour laquelle Obama ne doit pas relâcher ses efforts. C'est d'autant plus vrai qu'Obama a connu la grande majorité de ses victoires aux primaires dans des états qui ne voteront jamais démocrate ! Sa stratégie doit donc être recentrée en partie sur celle d'Hillary pour apprendre à parlers aux classes moyennes et conquérir les Swing States, notamment ceux de la Rust Belt, l'ancienne région ouvrière (Michigan, Ohio, Illinois, Wisconsin, Indiana principalement)

 

Le principal problème est que les fameux « swing states », ces états qui changent de couleur politique d'une élection à une autre, ne sont pas emballés par Obama. Les classes moyennes, qui consacrent peu de temps à la politique, sont relativement insensibles à la geste Obama. En tout cas, elle ne suffit pas à susciter l'adhésion. Les raisons en sont fort simples : Barack a du mal à parler aux « vrais gens » et John Mc Cain est un très bon candidat, servi par un appareil électoral républicain qui n'a pas son pareil pour les coups bas et la propagande diffamatoire, même si cette dernière est assez limitée pour le moment, Mc Cain n'étant pas le non regretté Carl Rove, conseiller politique néfaste et nauséabond de G.W. Bush, qui avait d'ailleurs sali ignominieusement Mc Cain pendant les primaires républicaines de 2000.

 

Je ne pense pas que le fait qu'Obama soit noir soit un réel problème. Je vais peut être surprendre en affirmant cela. Je m'explique. Bien sur, une partie significative de la population américaine est raciste, comme partout, voire très racistes dans certains états. Mais ces gens au jugement très limité n'auraient jamais voté démocrate de toute façon, ou vivent dans des états qui n'auraient pas voté démocrate. Au final, l'influence du racisme sera presque nul à mon sens, mais je suis peut être optimiste.

 

En revanche, les rumeurs sur les « complots » qui entourent Obama (musulman caché, « ami du Hamas », terroriste, liens avec l'Iran, etc.) sont beaucoup plus perverses, justement parce qu'elles pourraient débrider un racisme refoulé toujours prêt à ressurgir dans tous les pays du monde. Obama a commis des fautes monumentales dans cette affaire, en se séparant pas assez tôt et assez clairement de soutiens gênants voire scandaleux dans des communautés noires extrémistes et populistes. Sa femme non plus, ne l'aide pas et devrait soit se taire, soit prendre conscience qu'elle doit convaincre un pays entier, et non pas son cercle d'amis libéraux.

 

Cependant, la faiblesse principale d'Obama face aux classes moyennes blanches, demeure son discours, beaucoup trop élitiste et éloigné des réalités et des problèmes quotidiens des Américains. Son voyage international l'a illustré.

Le discours de Berlin fut une image impressionnante, mais qu'en tire le citoyen américain pour améliorer son quotidien ? Rien. Son voyage en Israël va-t-il convaincre l'électorat juif ? Pas sur. Aller en Irak était nécessaire, mais cela a-t-il renforcé son image de possible chef des armées ? Aucunement. Pire, Mc Cain a tiré une flèche mortelle en se saisissant du fait qu'Obama s'y rendait pour la première fois ; de même a-t-il touché un point sensible en insistant sur l'annulation de la rencontre d'Obama avec les militaires américains blessés en Allemagne. Enorme faute politique, et énorme faute tout court, sur lequel l'équipe démocrate a très mal communiqué.

 

Les médias européens ont dit grosse modo que Mc Cain n'avait rien eu à proposer comme actualité à part ce voyage. C'est totalement faux ! Il a ré ouvert avec brio la question de l'indépendance énergétique, du prix du pétrole et de l'opportunité d'exploiter les gisements du Golfe du Mexique. Qui peut oser prétendre que cette question ne parle pas beaucoup plus au père de famille que le copinage entre Barack et Nicolas Sarkozy ? Le problème est d'autant plus grand, que proposer en réponse à Mc Cain, le développement des énergies propres, est une position juste et brillante, mais électoralement peu rémunératrice. A cet égard, la position prise par Paris Hilton dans sa vidéo réponse à Mc Cain, est beaucoup plus judicieuse...dire qu'on va faire les deux, quitte à ne faire que du propre après, ou un minimum de forage.

 

Même si j'ai honte d'écrire cela, un candidat à la présidence d'une nation continent ne peut se passer de démagogie. Et d'ailleurs, promettre le changement à tout va en décrédibilisant tout le système politique est une démagogie maquillée de premier ordre, donc pourquoi se gêner !

Pourtant, je ne vais pas blâmer Obama qui fait ce qu'il peut, mais le parti démocrate qui ne fait rien au presque. Même si Obama a court-circuité le parti, il est temps pour ce dernier de se mettre en marche urgemment, et de proposer notamment des solutions adaptées au problème.

 

Barack Obama a essayé de le réunifier au moyen d'une méthode pitoyablement politicienne, consistant à demander la réintégration de tous les délégués disqualifiés dans le Michigan et la Floride, alors qu'il s'y était opposé pendant toute la campagne. Or, tout cela a assez énervé Hillary Clinton, qui avait pourtant levé des fonds sans cesse pour lui depuis deux mois dans ses bastions. Résultat, celle-ci envisage de faire tout ce qu'elle pourra pour peser lors de la convention, y compris faire voter ses délégués an sa faveur pour l'investiture... Il est donc urgent que Barack Obama mette son orgueil de coté, reconnaisse les apports appréciables que lui donnera Hillary et la choisisse comme Vice Président, ou au moins lui laisse la place d'honneur au Congrès démocrate, le fameux discours du « keynote speaker » (c'est Obama qui l'avait fait en 2004 pour John Kerry...). Mais il serait plus sage de la nommer VP, notamment pour s'assurer la Rust Belt et la Floride, les Clinton étant très populaires chez les Cubains et les latinos en général..

 

Le parti démocrate, non content d'être divisé, est d'une fainéantise intellectuelle monumentale. Se contentant de gémir sur Bush, et de ressasser le bilan désastreux, ou vu comme tel de l'administration. Or cette stratégie est lamentable et inopérante. Personne ne pense sérieusement que Mc Cain est le clone de Bush. Pour une bonne raison : c'est totalement faux. Les deux hommes ne s'aiment pas du tout, et n'ont rien à voir. Déjà, Mc Cain peut penser seul. Ensuite, Mc Cain a une carrière brillante de soldat et d‘homme politique. C'est un héros qui n'a pas peur de dire ce qu'il pense, qualité très appréciée aux USA et que les habitants lui reconnaissent volontiers.

 

Le renvoyer à son âge est d'une mesquinerie sans nom. Bien sur, on préfère les dirigeants jeunes, mais depuis quand le fait d'avoir 70 ans disqualifie pour la présidence. L'erreur est d'autant plus stupide que dans notre inconscient collectif, pouvoir et vieillesse (ou sagesse) sont assez liés, même si le rôle militaire incite aussi à la vigueur.

 

Les Etats-Unis ne vont pas bien. Mais ils ont autant besoin d'un messie que d'un père bienveillant. Les gens ayant peur de l'avenir, il est tout a fiat possible qu'il préfère «sécuriser » l'horizon politique en choisissant en papy héros valeureux, que de prendre des risques avec un jeune idéaliste ! « Hope » ou « Hero », c'est toute la question qui se pose, en aucun cas la réponse n'est évidente. Quelqu'un a-t-il déjà pris le temps de regarder une interview de John Mc Cain ? Et bien, le bonhomme se débrouille très bien, et est tout à fait dur à contrer !

 

 

Le malheur des ennemis de Mc Cain, c'est qu'ils le sous estiment sans cesse, toujours à tort. Sa personnalité est appréciable et appréciée. Et même si malheureusement son discours s'est radicalisé sur les questions morales, il n'en reste pas moins un modéré. Un modéré reconnu comme un excellent chef de guerre putatif.

 

Je rappelle que PERSONNE n'accordait de valeur à sa candidature aux primaires (il n'avait d'ailleurs pas un sou, et a encore du mal à lever des fonds). Surprise, il a gagné, et bien j'espère ne pas être « surpris » en novembre...

 

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8 commentaire(s)

Bush ayant gagné en 2004 malgré les informations calamiteuses sur sa gestion largement disponible à cette époque, il ne serait pas étonnant que l'électeur américain confirme en novembre ses choix. J' ai élevé dans l'"américan dream", quel désastre! Et maintenant le duo de choc le "va-t-en-guerre et à la belle pétroleuse". Succes possible, bonjour tristesse.
par malaurelle, le 2008-08-30 18:14:00

Je suis tout a fait d'accord avec l'auteur de ce texte.Les Français de gauche et ses intellectuels,ont tous pris positions pour B.OBAMA sans rien connaître de son programme cela ne les empêchent pas d 'expliquer doctement en France que le programme passe avant le candidat B.OBAMAn'est pas noir mais métis et même si c'est le cas des présidents noirs il en existent + de 53 en Afrique cela ne change rien à la situation de leurs compatriotes Les Français ne connaissent pas les U.S.A ou leurs connaissances sont égalent à celles acquises au club Med.. D'ailleurs des pays arabes Maroc,Tunisie Egypte etc.Ils connaissent davantage le couscous et le thé à la menthe que le reste.
par marc, le 2008-08-31 17:10:00

Hier après-midi, samedi 30 Août 2008, dans un bus entre le New Jersey et New York, à propos de son choix pour l'élection présidentielle américaine, réflexion d'un agent de sécurité dans les outlets de Jersey Gardens, proches de l'aéroport de Newark : "I don't know yet... But I don't like negroes". C'est triste à mourir mais c'est la réalité américaine. Ceci étant je pense aussi comme l'auteur de ce remarquable article que ce réflexe raciste ne jouera qu'à la marge. Quant à l'intégration ce n'est sûrement pas la France qui pourrait donner des leçons aux Etats-Unis mais bien l'inverse. Ce pays, les USA, est fantastique. Il doit adresser un message nouveau au monde qui attend cela de lui. Mon interlocuteur raciste était d'accord avec moi sur ce point, et il n'a pas exclu de voter Barack la pêche (barack veut dire pêche en hongrois !) il a précisé avant de quitter l'autobus qu'il ne savait pas encore. Bon dimanche. MH
par Horville, le 2008-08-31 18:02:00

Vous pourriez aussi écrire "Pourquoi McCain va perdre". La réponse peut se trouver dans le choix d'une femme inexpérimentée comme VP. Les gens s'inquiètent de voir une telle femme devenir présidente en cas d'accident du vieux soldat John. Une faute politique majeure qui sent l'affolement et la recherche stupide de l'électorat féminin de la Sen. Hillary Clinton qui ne rejoindra pas le camp républicain pour autant. Votre analyse svp ? Merci. MH
par Horville, le 2008-08-31 18:12:00

Bonjour, Cet article étant assez vieux maintenant, j'en ai ecrit mon avis sur cette question, parmi d'autre, sur mon blog. Cordialement,
par Jean Philippe Tanguy, le 2008-08-31 21:15:00

les deux raisons pour lesquelles john mac cain va perdre le mauvais choix de son vp l'amérique qui doit à tout pris se rattraper et marquer une rupturre après 8 ans de démonstration de force au monde. pour ces deux raisons obama va gagner.
par bea, le 2008-09-03 08:32:00

Bonjour, Je trouve que vos raisons sont un peu minces, surtout la deuxieme. L'electeur américian se moque bien du monde, sa priorité, comme tout electeur moyen, c'est sa petite personne. Ensuite, je ne vois as en quoi sarah Paulin est un mauvais choix, bien au contraire. Cf mon blog. Cordialement,
par Jp Tanguy, le 2008-09-03 16:09:00

très bon article!!
par tellouz, le 2008-09-10 18:49:00

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