Le Pakistan, ou la vraie clé de la guerre contre les Talibans

le 30/08/2008 - par Jean-Philippe Il y a 5 commentaires. Réagissez vous aussi !

Les hasards de l'actualité sont parfois d'une acuité terrifiante, et mettent en lumière les imbrications discrètes et subtiles qui sous tendent la géopolitique.

Le Pakistan, ou la vraie clé de la guerre contre les Talibans

Cette semaine, le Pakistan a appris que son président, menacé de destitution, remettait sa démission, et les Occidentaux ont réappris qu'ils étaient engagés dans une guerre longue et difficile en Afghanistan, suite aux deux attaques des Talibans, d'une part sur une base américaine, d'autre part contre une patrouille française. Enfin, suite à de nouveaux bombardements alliés ratés, qui ont atteint de nombreux civils, le président afghan Hamid Karzaï a demandé une redéfinition de la mission de l'Otan En quelques jours, le statu quo a donc à la fois été bouleversé et mis sur le devant de la scène internationale.

 

 

Afghanistan et Pakistan sont deux pays frontaliers qui l'un comme l'autre révèlent des fragilités extrêmes d'autant plus dramatiques qu'elles se nourrissent l'une de l'autre. Depuis l'invasion soviétique de l'Afghanistan, la sécurité des deux nations est fortement imbriquée, si bien qu'il est impossible et vain de vouloir comprendre et expliquer l'une sans l'autre.

 

Les organisations islamistes ou qui se définissent comme telles (même si elles cachent souvent, de prosaïques mafias et seigneurs de guerre armés), se sont constituées dans les zones tribales du Pakistan des sanctuaires dans lesquels l'armée n'intervient presque plus, ou pour de rares opérations de grande envergure et de peu d'effets, si ce n'est une cascade d'attentats. Tout le monde sait bien que c'est depuis ces bases que les Talibans ont pu recouvrer leur force après leur débâcle de 2001, un peu vite oubliée au demeurant par ceux qui résument la guerre de l'OTAN à un échec lamentable.

 

La guerre en Afghanistan connait deux fronts, et malheureusement, il est impossible pour les Occidentaux d'anéantir directement leurs ennemis au Pakistan. Les problèmes rencontrés depuis sept ans ont pour cause principale cette difficulté géopolitique ; même si la gestion de la guerre par les Américains est loin d'être exemplaire, et la gestion civile de Karzaï, un gâchis monumentale. D'où l'importance de la situation au Pakistan. En effet les Occidentaux pourront tout tenter en Afghanistan, leurs efforts seront toujours bernés par la frontière pakistanaise. Cette évidence n'a d'ailleurs pas échappé à Barack Obama, qui a rappelé à de nombreuses reprises qu'une ouverture d'un front au Pakistan n'était pas inenvisageable.

 

De fait, la Pakistan, que d'aucuns rêvent comme une nation démocratique, se trouve encore et toujours au bord du gouffre. On peut bien traiter Pervez Muscharraf de tous les noms, on ne pouvait lui reprocher d'avoir pendant dix ans assuré une stabilité institutionnelle qui a sans doute limité les dégâts. On postule beaucoup sur ce qu'aurait du faire l'ex président dictateur (quoique la population avait initialement totalement approuvé son action), mais qui peut croire que le gouvernement actuel fera mieux ? A peine celui-ci était il intronisé qu'il proposait un cesser le feu des plus avantageux aux islamistes, laissant à ces derniers toute latitude pour se renforcer. Qui peut, de toute façon, croire que la coalition actuelle, qui n'existe déjà plus (Nawaz Sharif ayant fait défection) va combattre efficacement le terrorisme ? On oublie que si Muscharraf avait réussi à prendre le pouvoir pacifiquement en 1999, c'est justement parce que la clique de Nawaz Sharif, totalement corrompue, avait laissé les mouvances prendre une ampleur terrifiante.

 

A supposer qu'il dispose d'un plan pour combattre les fanatiques, ce qui est plus qu'incertain, on ne voit pas très bien par quel moyen le gouvernement d'Islamabad pourrait l'appliquer. En effet, les civils disposent d'une autorité toute relative sur l'armée qui s'est depuis longtemps octroyée une large autonomie sur les aléas du gouvernement civil. Rivé sur le modèle turc, Muscharraf n'a en rien contrarié cette liberté même s'il a placé un fidèle à la tête de l'Etat major quand il a abandonné l'uniforme fin 2007.

 

Mais surtout, cette armée n'a qu'un contrôle relatif sur elle-même ! Le drame majeur du Pakistan se trouve moins dans ce pouvoir bicéphale que se partage civils et militaires que dans la difficulté qu'à l'armée à être unie et à n'obéir qu'à une seule volonté... Pour beaucoup de généraux, et encore plus pour les services de sécurité, le péril majeur pour la patrie reste l'Inde, le voisin honni mais si puissant. Dès lors, la priorité de ceux-ci est de contrecarrer toute influence grandissante de Delhi, particulièrement en Afghanistan. Tous les progrès réalisés vers la paix ne sont qu'illusions à leurs yeux terrifiés par un hypothétique encerclement de leur pays par l'influence indienne. Muscharraf n'a jamais eu qu'un pouvoir très incertain sur cette partie de l'armée qui disons le, agit largement comme elle l'entend.

 

Ainsi, je ne pense pas que le président dictateur soit pleinement responsable de la politique absurde et criminelle que mène l'armée envers le terrorisme. Au contraire, si Muscharraf s'est jeté dans les bras de G.W. Bush en 2001, c'est sans doute parce qu'il escomptait gagner assez de pouvoir et de légitimité pour s'imposer face à ces factions. Pari doublement raté, puisqu'il aura perdu ce duel, tout en étant lâché par Washington. Alors qu'il se rapprochait des Etats-Unis et de l'Inde, les Services secrets continuaient à chouchouter la Chine ; quand il partait en guerre contre les terroristes, les mêmes services leur donnaient des armes pour aller combattre en Afghanistan, bercés par l'illusion qu'ils ne s'en serviraient pas chez eux. Encore suis-je optimiste sur leurs intentions, sans doute plus vicieuses, puisque le chaos, dans leur esprit médiocre, devait leur garantir le pouvoir.

 

Muscharraf a bien essayé de reprendre la main, tantôt en conciliant tout son petit monde par des cessez le feu lamentables, tantôt en s'essayant à des coups de force impressionnants mais très douloureux pour le peuple pakistanais, éternelle victime de conflits sur lesquels il n'a aucune prise, pas même quand il élit des représentants. A chaque fois ce furent des échecs, mais des échecs qui cependant ne tournèrent ni au massacre ni à la guerre civile, sauf bien sur dans les territoires contrôlées par les mafias djihadistes.

 

Ainsi, alors que qu'un dictateur ayant autorité sur l'armée a échoué, je ne vois pas très bien comment un gouvernement civil serait compétent. Cette question est d'autant plus préoccupante que les politiciens pakistanais sont totalement centrés sur leurs petites luttes misérables. Leurs quelques mois de pouvoir se sont résumés à un échange de bons procédés avec les islamistes et à l'obsession démente de faire tomber Muscharraf... La chose étant accomplie, la coalition s'est presque immédiatement dissoute. La raison en est que le parti de feu Benazir Bhutto, dirigé par son veuf, personnage corrompu qui a miné tous les exploits de la bégum martyr, a refusé de réintégrer les juges de la cour suprême bannis par Muscharraf mais qui auraient pu avoir eu la fâcheuse manie de fouiller dans les compromissions passées du sieur Bhutto.

 

Pourtant, il faut se garder de prendre Nawaz Sharif pour un puriste, la raison de son engagement légaliste est fort simple : lui même étant déjà condamné pour toutes ses magouilles, et il a tout à gagner à ce que ses adversaires politiques passent à la casserole. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la vertu et le courage ne sont pas leurs priorités politiques. Par ailleurs, la démission de Muscharraf a provoqué une vacance de l'autorité telle que les circonstances sont au combien favorables aux islamistes. C'est d'ailleurs sans doute, la stratégie de l'ex président de montrer que son pragmatisme et son poids politique sont nécessaires au pays. Passons.

 

De toute façon, un gouvernement démocratique serait efficace s'il y avait matière à discuter avec les islamistes. Mais le fait est qu'il n'y a rien à négocier avec des lâches, des criminels, et des idéologues. On nous rabâche les coups de force et autres méthodes musclées du régime de Muscharraf contre les « présumés » islamistes. Mais c'était déjà de sa part, faire preuve de beaucoup d'humanisme, c'est le moins qu'on puisse dire, quand on voit le régime de terreur perpétuelle que font régner les Talibans et les mafias djihadistes dans leurs territoires. Un quotidien régenté par une idéologie oppressante et cruelle, des exécutions sommaires, barbares et infâmes. Les Talibans n'ont pas changé leurs châtiments depuis que le Mollah Omar a renversé le gouvernement de Kaboul en 1997 : on émascule, on exécute par balle, on traine les corps sur les routes, on les pend à la vue de tous. La voie Appienne n'est pas loin.

 

Pour le moment, la situation au Pakistan est donc bloquée. Et Benazir Bhutto ayant étant assassinée, on attend désespérément une figure prodigue pour assurer la relève.

 

Ce blocage est la raison principale de l'enlisement en Afghanistan même si ese erreur commises par l'Otan ont été nombreuses. Les Américains ont commis une faute majeure en passant que la guerre avait été gagnée en 2001 et qu'après avoir installé un gouvernement légitime, ils pouvaient se permettre une guerre en Irak. Ce comportement stupide, conjointement à une timidité d'engagement militaire pitoyable coutumière aux pays européens, dont la France de Jacques Chirac, a eu pour seule conséquence une recrudescence du pouvoir des chefs de guerre locaux, qu'Hamid Karzaï doit désormais copieusement arroser avec les fonds de reconstruction (et un laisser faire sur la drogue) s'il ne veut pas que oson autorité soit circonscrite au parvis du Parlement. Surtout des Talibans ont ainsi eu tout le loisir d'opérer un repli paisible sur la frontière pakistanaise ; on connait la suite. Il y a certes eu une reprise en main militaire des choses, mais les résultats, réels sont timides : les troupes sont en trop faible nombre pour assurer leurs missions et doivent donc avoir recours à des moyens aériens pour combattre ; moyens peu efficaces, voire meurtriers et contre productifs.

 

On a beaucoup critiqué la reconstruction. Sans doute les fonds, loin d'être insuffisants, ont été très mal employés par le gouvernement afghan, corrompu jusqu'à la moelle. Je continue à penser que le pouvoir a été trop vite remis aux civils. On en connait la raison : les Occidentaux voulaient montrer qu'il s'agissait d'une guerre de libération. Mais on oubliait un peu vite, que ceux à qui ont donné le pouvoir l'avait déjà perdu.

 

Je ne suis pas stratège et ne me permettrait en rien de donner des leçons aux militaires, notamment Français, qui connaissent admirablement leur métier, et force est de constater qu'on ne leur donne pas les moyens de gagner cette guerre. Tous les politiciens moisis, tels Dominique de Villepin ou Henri Emmanuelli, qui se permettent d'insulter les militaires en disant qu'ils ne pourront que perdre la bataille, omettent que les forces engagées sont loin d'être à la hauteur, et que seul le professionnalisme de notre armée a permis d'avoir de si faibles pertes. Car rappelons le de suite, si les dix morts sont dramatiques, l'Afghanistan reste une guerre qui a épargné les forces françaises. De la même manière qu'un renforcement des troupes fut efficace en Irak, elle le sera en Afghanistan pour peu qu'on adopte une vraie stratégie vis-à-vis du Pakistan. La vraie difficulté est en fait dans la possibilité même de ce renforcement qui mène à un troisième front, celui de l'opinion publique.

 

Depuis la mort au front des soldats, mort qu'il avait envisagée avec honneur en s'engageant pour notre nation et ses principes, on a assisté à un défilé lamentable d'hommes politiques, tous prêts à profiter de la situation pour attiser la tristesse populaire, prompte à l'indifférence, sinon à la lâcheté face à l'ennemi. Bien sur, je ne prétends pas au courage en pensant que l'envoi de troupes est la meilleure solution. Je ne fais strictement rien d'autre que parler et écrire. Mais au moins, je ne participe pas à la débâcle de l'opinion qui semble oublier pourquoi la France et les pays libres se sont engagés en Afghanistan.

 

La palme de la nullité revient à Olivier Besancenot qui cherche à organiser une manifestation. S'il veut protéger les terroristes et les Islamistes, ca le regarde. Mais qu'une partie du parti socialiste lui emboite le pas est un peut plus effrayant, puisque sont censés s'y trouver des Hommes d'Etat... Or des Hommes d'Etat et normalement des citoyens, ne peuvent laisser se reconstituer un état terroriste et une dictature islamiste qui rappelons le, choquaient les mêmes beaux esprits gauchistes en 2000/2001...L'Occident va au devant de batailles bien plus douloureuses pour ce siècle, il serait de très mauvais augure qu'elle abandonne une des guerres les plus justes et les plus nécessaires qu'elle a eues à mener.

 

En Afghanistan, l'Occident a libéré un peuple du joug des fanatiques et de la mafia. Qui peut contester la légitimité de ce succès ? Olivier Besancenot préfère t il revoir des femmes, des hommes et des enfants exécutés devant des centaines de rats dans un stade pour avoir enfreint je ne sais quel précepte obscurantiste de la Charia ? Ou faut il au contraire, que l'armée fasse tout son possible pour éradiquer ceux qui ne veulent pas se rendre et continuent à piller, à torturer, à terrorise des populations entières ? Il n'y a pas de solution politique avec les Talibans, car ils n'ont rien à négocier. Doit-on proposer d'associer des criminels à un gouvernement démocratique ?

 

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a bien rappelé que notre sécurité s jouait dans cette région. La négligence nous a déjà couté chers, et je trouve les Français bien inconscients de vouloir se désengager d'une zone de conflit dans laquelle trainent, simple détail, quelques bombes nucléaires... Il ne suffira pas de bonnes intentions ou de trois drones pour contrer le bastion qu'ont reformé els restes d'Al Qaida, tenu en échec en Irak. L'organisation a beau avoir été considérablement affaiblie, ses bastions sont on ne peut plus vivaces.

 

Les nations libres étaient intervenues trop tard en Afghanistan, il serait sage qu'elles ne l'abandonnent pas trop tôt.

 

 

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5 commentaire(s)

@ l'auteur, connaissez-vous Kenneth Haywood ? C'est certainement quelqu'un qui pourrait apporter beaucoup de réponses à vos nombreuses "interrogations". Si je puis me permettre, vous êtes quoi à l'Essec Monsieur ?
par encore1effort, le 2008-08-30 15:48:00

A "encore1effort", je ne suis qu'un étudiant parmi tous les autres ! Je ne connais pas K Haywood, mais m'y interesserais des que possible, Merci bien.
par J.Philippe Tanguy, le 2008-08-30 15:57:00

Que d'inexactitudes et de jugements à l'emporte piece... Vous comdamnez l'slamisme, mais vous omettez de dire que celui-ci prospere sur le corruption et la violence du régimme de Musharraf. Vous oubliez de dire que si la corruption est importante, les E-U y ont contribué en finançant et en soutenant les gouvernements miliraires du Pakistan. Vous dites des choses intéressantes, mais votre haine de l'Islamisme vout fait perdre toute mesure.Les mafias Islamistes répondent aux mafias du pouvoir en place. Quelques énormités : "un gouvernement démocratique serait efficace s'il y avait matière à discuter avec les islamistes" toute solution sera politique, c'est incontournable "'après avoir installé un gouvernement légitime" Karzai légitime? par rapport à qui? "une timidité d'engagement militaire pitoyable coutumière aux pays européen" Les Américains ont la responsabilité de cette guerre depuis 7 ans. Et leur engagement n'est pas timide. Bref j'arrête là. Votre exposé souvent intéressant sur le Pakistan est plombé par des considérations partiales et mêmes haineuses sur l'Afghanistan. Dommage.
par Philou, le 2008-08-31 13:30:00

Je suis assez abasourdi par ce commentaire!! Je suis effectivement haineux envers l'islamisme et j'en suis tout à fait fier. Ces gens sont l'ennemi de toute vie, et je réaffirme qu'il n'y a rien à négocier avec eux, sinon leur reddition. Mais si vous avez des arguments différents, je serais heureux de changer ma position. Je n'ai jamais dit que P. Muscharraf était un saint, mais qu'il avait limité les dégâts. Par ailleurs, j'ai souligné qu'il n'avait jamais eu qu'un pouvoir limité, expliquant son échec patent. Je n'ai jamais nié, bien au contraire que l'administration pakistanaise fût corrompue, mais jamais je n'oserais comparer les mafias liées à l'administration et à l'armée, aux nuées meurtrières des islamistes. Le gouvernement Karzaï a été choisi aussi démocratiquement que possible, si vous aviez de meilleures propositions d'élection, vous êtes vraiment très fort… En revanche :" "une timidité d'engagement militaire pitoyable coutumière aux pays européen" Les Américains ont la responsabilité de cette guerre depuis 7 ans." Je ne vois pas la contradiction! Si les Américains on le commandement, c'est parce que les Européens ne font rien pour l'avoir! Et l'engagement américain est fort timide, c'est bien le problème, et tout le monde (politiciens, armée) le dit! Et ou sont les "considérations haineuses sur l'Afghanistan"?
par JP Tanguy, le 2008-08-31 16:41:00

Les réactions à cette analyse ne font qu'en souligner l'excellence. D'abord, le grand retour de la thèse conspirationniste (mâtinée d'une insupportable condescendance) comme explication du monde (le Mal trouve toujours sa source à la Maison Blanche, il suffit de remonter le filon). La relecture d'Ouest contre Ouest de Glucksmann s'impose. Ensuite la crise d'hystérie suite à la simple évocation de l'islamisme. Désigner l'ennemi (le fascislamisme plus que la Terreur -un instrument- en elle-même) est le premier pas vers notre victoire et son éradication. Relever à l'envie les erreurs passées de l'Occident ne résout rien à l'affaire. Churchill et Roosevelt ne passaient pas leur journée rongés par la culpabilité de n'avoir pas su, pu ou voulu règler le problème nazi plus tôt, mais tendus vers un seul but, sa défaite pleine et entière. Pour ce qui est de l'analyse en elle même, si je diverge sur des points de détail, j'en partage entièrement les idées maitresses. Les quelques points qui me paraissent cruciaux: -d'abord l'importance capitale du Pakistan dans la guerre globale, et plus particulièrement en Afghanistan. -les dissensions non seulement au sein de l'Etat pakistanais, entre civils et militaires, mais à l'intérieur même de l'armée (je soulignerais le rôle particulièrement pervers de l'ISI) -les relations avec l'Inde. Il est d'ailleurs intéressant de rappeler que Musharraf, alors uniquement chef d'Etat major, était un fervent partisan de la méthode forte avec l'Inde, et que la faiblesse de Sharif sur ce dossier fut l'un des motifs du coup d'Etat de 1999. -le vide que crée le départ de Musharraf (des dictateurs qui respectent les droits fondamentaux, luttent contre les extrémistes, favorisent la paix avec les puissances voisines, et démissionnent quand ils perdent le soutien de la population, on en redemande!). Sans doute n'a-t-il pas lutté avec assez de force et de détermination contre les talibans et autres extrémistes à l'intérieur des frontières pakistanaises, mais en a-t-il jamais eu la possibilité? Toujours est-il qu'on voit mal un gouvernement civil divisé et rongé par la corruption faire mieux dans ce domaine. Un espoir tout de même, la détermination du nouveau chef de l'armée pakistanaise, le général Kayani, que d'aucuns voient déjà prendre le pouvoir si la situation devait continuer à se dégrader. -la nécessité de ne pas renvoyer dos à dos des régimes autoritaires à la Musharraf et les islamistes (relire le formidable article de Jean Kirkpatrick, Dictatorships and double standards, ne serait pas inutile) -la nécessité, non seulement de rester en Afghanistan, mais d'y mettre tous les moyens nécessaires pour vaincre. A cette égard, l'arrivée du général Petreaus à la tête du USCENTCOM, l'envoi prochain de plus de 10000 soldats américains supplémentaires et un changement de stratégie inspiré du 'surge' irakien, augure des jours meilleurs pour la coalition. Le sujet est infiniment complexe, je m'arrêterai donc là. Désolé pour le côté improvisé de ce commentaire et encore félicitation pour cet article.
par A Lapierre, le 2008-08-31 21:25:00

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