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Christine Bravo revient à ses premières amours et vu la réussite de ce retour, on n'en doute pas.
On connaissait la Christine Bravo déjantée, night-clubbeuse, médiatiquement superficielle, populaire pour ses excès, son rire incontrôlable et souvent irritant. Elle animait ses talks-shows du Samedi soir avec un dynamisme intriguant, inauthentique, mais avec un rythme aussi élevé qu?agressif. Elle incarnait donc l?image d?Epinal du Paysage Audiovisuel Français : une professionnelle nourrie au grain de la séduction à tout prix du téléspectateur?
Depuis Frou Frou jusqu?à Douce France en passant par son célèbre Union Libre et ses chroniqueurs polyglottes, d?aucuns disaient que ses concepts s?essoufflaient, que son enthousiasme forcené épuisait le grand public? En accord avec la direction de France 2, elle décidait l?année dernière de mettre un terme à sa tribune européenne après 4 ans de présence à l?antenne. Mais ce n?était que partie remise : elle croyait dur comme fer à son Union Libre des régions hexagonales, Douce France, toujours sur cette même case horaire du samedi soir avant le 20H, c?est-à-dire là où les résumés quotidiens de Star Academy faisaient saigner leurs concurrents? Et ce même si les parts de marché réalisés par la série Viper qui la précédait plafonnaient à 12% alors que le marathonien (nom de la société de production qui produit la saga) Sous le Soleil donnaient une avance confortable à TF1. Ayant même déclaré dans l?hebdomadaire VSD « Je vis ça comme une injustice. Je veux finir ma carrière avec des scores autour de 30. Je veux être récompensée..." , Douce France devait permettre à la réalité télévisuelle de rejoindre les espérances de l?amie fidèle de Laurent Ruquier, le grand gagnant sur la même case horaire du Lundi Vendredi (avec « On a tout essayé »)
Malheureusement, la sauce patriotique n?a pas vraiment convaincu la chaîne, malgré des parts de marché finales à presque 19%. Et Christine Bravo s?en est rendu compte, expliquant dans le Téléstar de mi-juillet 2003 « je suis fatiguée de faire le passe-plat. Répéter : «Et vous, qu'avez-vous à nous présenter cette semaine ?», ce n'est plus à la hauteur de mes ambitions. La journaliste animatrice que je suis est frustrée et lassée. J'ai été une des premières à m'entourer de chroniqueurs. Depuis, on m'a beaucoup copiée. »
Après une supposée tentative de suicide, un divorce et des ragots peu agréables sur un éventuel alcoolisme, voilà Christine Bravo qui s?apprête à quitter le service public par la petite porte.. Mais au moment de dire au revoir à Claire Dabrowski, directrice des programmes de France 2, elle a une idée qui convainc tout de suite son ex-ancienne patronne : retourner à ses premières amours, le journalisme au contact direct des anonymes, et suivre les premières fois de gens de tous les jours, complètement intégrée à ces nouvelles expériences. Malgré des contacts avec le géant Endemol, elle décide rester sur la chaîne qui l?a popularisée.
Le résultat est remarquable. « Sur un air de feuilleton, de roman de la vie, avec des personnages qui nous ressemblent », selon les dires d?Estelle Ghouzi, la productrice de l?émission, Christine Bravo, suivie par plusieurs caméras épaule et témoin parfait des aventures quotidiennes des protagonistes (grâce à des mini-caméras intégrées à ses lunettes), suit avec l?optimisme communicatif et sympathique qu?on lui connaît une jeune professeure face à ses premiers élèves, un jeune couple du Sud qui part vivre à Orléans et fuit le domicile parental pour la 1ère fois de leur vie (et bientôt une première boum, un premier
accouchement?)
Le montage ne trahit pas, les émotions ne sont pas retranscrites car restent intactes. Christine Bravo ne cherche pas à avoir les mots justes, mais est remarquablement naturelle, pure, dynamique. Ancienne institutrice, dans son attitude transparait presque le bonheur d?un retour aux sources, loin des turpides de l?actualité médias parisienne et des soirées jet-set. Plutôt que de s?évader à long terme au Mexique, Christine Bravo est restée en France pour le bonheur des téléspectateurs qui ne peuvent que s?identifier aux histoires touchantes et si
réelles qu?elles nous présentent. On peut peut-être l?interview rétroactive menée en plateau par Christine avec les principaux témoins qu?elle a suivis, segment qui casse légèrement le rythme de l?émission et nous empêche de voir plus en détail cette 1ère fois.
Un projet original, touchant, une vision franche d?une vraie tranche de vie. On n?aime jamais autant Christine Bravo que quand elle fait ce qu?elle aime? et ce qu?elle est.
C Pour de vrai, magazine hebdomadaire, Samedi 18H50, France 2.
16/04/2007
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