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Télévision

Nolife : interview de Sebastien Ruchet et Alexandre Pilot

Nolife : interview de Sebastien Ruchet et Alexandre Pilot

ESSEClive a rencontré les dirigeants de NOLIFE, chaîne bientôt disponible sur Free.


Comment est né le projet Nolife ?

Sébastien Ruchet (directeur général) : Alex et moi avions monté une société de production audiovisuelle nommée Pocket Shami, et depuis mai 2003, nous réalisons principalement des documentaires sur le Japon, les dessins animés et les jeux vidéo. Nous avons aussi travaillé directement pour le Japon comme pour le Studio Ghibli par exemple. L'été dernier, nous avons eu connaissance de nouveaux serveurs de diffusion dont les coûts sont relativement faibles. On s'est dit que cela permettrait de créer une chaîne de télévision.

Alex Pilot (directeur des programmes) : En une soirée, on avait déjà posé les bases. On savait qu'il y aurait des jeux vidéo, de l'animation et de la musique japonaise à l'antenne. Mais ça paraissait presque trop beau pour être vrai. Il a fallu qu'on se renseigne auprès du CSA, de la SACEM, de l'opérateur ADSL Free avant d'être certain que ce projet était possible. Finalement, on n'a pas trouvé de barrière majeure, et on a créé Nolife SA dont Pocket Shami est actionnaire principal.

 

Quels sont les programmes qu'on va retrouver sur Nolife ? Y'aura-t-il du direct ?

Alexandre Pilot : Techniquement, on ne peut pas faire de direct avec ce nouveau serveur.

Sur Nolife, on retrouvera tous les thèmes et les sujets qui nous touchent ou qui nous intéressent. Bien sûr, il y a une grosse affinité avec le Japon. Mais on parlera aussi de comics, des cinémas d'Asie, ou d'animation mondiale (et pas seulement japonaise). Plus précisément, il y aura un magazine d'environ 15 minutes tous les soirs dans lequel on trouvera des critiques de l'actu sur le jeu vidéo, des infos sur la musique japonaise, les blogs BDs, les sorties mangas ou animation japonaise. Il y aura aussi Tokyo Cafe, l'émission bilingue de l'animatrice japonaise Suzuka qui se fait un plaisir de nous montrer sa façon de voir le Japon. Et c'est pas triste.

Ensuite, la grosse particularité de Nolife, c'est la diffusion de musique japonaise (tous les styles seront représentés). On ajoute sur chaque clip l'année de sortie pour que spectateur puisse avoir quelques repères. On a fait la chaîne comme on voudrait la voir. Par exemple, en tant que spectateur, c'est une chaîne qu'on voudrait pouvoir regarder en faisant autre chose à côté comme jouer ou aller sur le net. C'est pour ça qu'on intègre discrètement les infos (titre et artiste) sur toute la durée du clip. Ainsi, si on tombe sur une morceau qui nous plait, on n'a pas besoin d'attendre la fin du clip connaître le titre et aller chercher des informations sur la chanson.

Il y aura aussi bien sûr Chez Marcus, une émission hebdo où Marcus nous reçoit directement chez lui pour jouer ensemble à un jeu. Enfin il y aura un magazine sur la musique Japonaise, un Sitcom fait maison réalisé par Une Case en Moins et encore plein d'autres choses.

Sébastien Ruchet : Si on passe de la musique japonaise, on doit par ailleurs passer de la musique française à cause des quotas de diffusions imposés aux chaînes. (On ne peut pas diffuser des œuvres étrangères si on ne passe pas aussi des œuvres françaises). Mais tant qu'à faire, autant faire quelque chose de bien avec cette contrainte : on a décidé de diffuser seulement des indés qu'on ne voit pas ailleurs.

 

N'avez-vous pas hésité sur le nom de la chaîne ?

Alexandre Pilot : Oui. On a beaucoup réfléchi. Déjà, on ne voulait pas d'un nom à consonance japonaise, car cela aurait voulu dire qu'on se concentrait uniquement sur le Japon, ce qui n'est pas du tout le cas. Puis le nom de Nolife est sorti. C'est vrai que c'est un peu provocateur et il y a eu quelques fortes réactions au début. Mais après tout, un peu de second degré, ça ne fait pas de mal. Maintenant on s'y est un peu habitué et on a moins de réactions négatives.

 

A qui s'adresse Nolife ?

Sébastien Ruchet : A tout le monde ! (Rires). On pense qu'il y a beaucoup de gens passionnés par les mangas, les jeux vidéo et la musique japonaise. Or ils ne trouvent pas forcément à la télé des émissions qui correspondent à leur passion. Nolife est une chaîne indépendante faite par des passionnés et pour des passionnés. On n'a pas la prétention d'être une chaîne grand public qui plaise à tout le monde. Mais on essaiera d'être le plus intéressant possible. Et par exemple, on sera très content si on arrive à intéresser de plus en plus de monde à la musique japonaise.

 

Y aura-t-il une interactivité avec le public ?

Alexandre Pilot : Oui. Il y a par exemple des émissions comme le J-Top, présenté chaque samedi par Josaudio. Chaque semaine, on peut voter (gratuitement) sur le site de Nolife pour ses clips préférés. Et chaque samedi, on diffuse les dix premiers. Cette émission est importante car le résultat des votes permettra aux labels japonais de voir comment se comportent leurs artistes chez nous et de réaliser qu'il y a un vrai intérêt ici pour leur musique. Tous les labels qui nous ont confiés des clips attendent ce classement avec grande impatience. Ca veut dire aussi que si vous votez pour soutenir un artiste, vous pouvez être quasiment sûr qu'il sera au courant de ce classement.



Est-ce que la cible des geeks n'est pas moins intéressante pour les annonceurs que la ménagère de moins de 50 ans ?
Sébastien Ruchet :
Il faut voir dans ce cas pourquoi on a créé la chaîne. Nolife est une chaîne thématique, une niche destinée aux geeks, gamers et otakus. Mais les curieux ou des curieuses peuvent quand même la regarder pour la musique par exemple.

Alexandre Pilot : On a surtout pensé à faire la chaîne de nos rêves. Et dans un deuxième temps, on a essayé de voir comment on pouvait la faire vivre. C'est l'inverse de la démarche qui consisterait à se dire « Bon qu'est-ce que je pourrais mettre dans cette chaîne pour que ça marche le mieux possible ? ».

 

Comment comptez-vous alors la faire vivre ? Quelles sont vos ressources ?
Sébastien Ruchet :
La chaîne est et restera gratuite. C'est donc la publicité qui constituera notre ressource majeure.


Envisagez vous d'être diffusé sur d'autres bouquets que Free?
Sébastien Ruchet :
C'est techniquement possible et on veut être diffusé le plus largement possible. Des négociations sont en cours.
Alexandre Pilot : Si des téléspectateurs qui n'ont pas Free souhaitent regarder Nolife sur leur bouquet, ils peuvent écrire à leur fournisseur d'accès. Ca peut vraiment aider.

 

Vous avez actuellement des problèmes administratifs pour pouvoir émettre…
Sébastien Ruchet :
Oui, aujourd'hui, nous sommes en train d'émettre dans le vide. On est en attente de l'autorisation du CSA, mais ils ont eu du retard sur leur calendrier. Si tout va bien, on espère émettre dans pas trop longtemps.

 


29/05/2007


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Commentaires

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Merci Marc pour cette interview très intéressante ! Je trouve que ce nouveau chemin que prend le Mag' d'esseclive avec des articles de très grande qualité basés sur des interviews est très bon, et augmente très très nettement sa qualité d'ensemble.

14/04/2007 22:38:00 - Guillaume

J'ai hate de voir ce que ca donne...

15/04/2007 20:48:00 - Julien

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