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Home > Actualité - Média > Télévision > Ardisson – Fogiel : chronique de la fin du cirque médiatique
Sevran et Youn narguent les plateaux en les quittant précipitamment, au nez et à la barbe des deux et des téléspectateurs. Dommage... Chronique de bons mais sincères sentiments.
J'ai, vous vous en doutez, un grand intérêt pour le fait médiatique. Je considère que le support média, et en particulier la télévision, est une formidable chance pour l'expression et la créativité. J'ai parfois une grande admiration pour le réel travail des grands producteurs et le réel talent de certains présentateurs ou concepteurs.
Mais ce week-end, la télévision m'a déçu. J'ai assisté, via deux de ses visages les plus connus, à l'atteinte des limites de l'infotainment, ce mélange d'information transversale (l'actualité politique, économique, culturelle et sportive) et de divertissement.
Ce week-end en effet, certains invités ont oublié qu'ils bénéficiaient de cette formidable opportunité d'expression qu'est le simple fait d'être invité à la télévision : Pascal Sevran a quitté précipitamment le plateau de Tout le monde en parle. Mickael Youn a subi un véritable naufrage en direct en ne supportant plus les questions jugées agressives de Marc Olivier Fogiel dans On ne peut pas plaire à tout monde, après s'être inopportunément déguisé en Frotman, son personnage parodique...
Je suis très déçu par ces attitudes. Je n'inventerai pas l'eau chaude en faisant remarquer trois éléments :
la « comédie » que constituent les talks shows d'Ardisson et de Fogiel est si populaire que Sevran et Youn savaient pertinemment à quoi s'attendre en acceptant l'invitation de ces 2 plateaux
il fallait que Youn et Sevran réfléchissent à 2 fois avant de venir s'ils sont en désaccord avec les techniques utilisées par les 2 intervieweurs professionnels que sont Ardisson et Fogiel
c'est afficher un réel mépris des téléspectateurs que de venir en plateau vendre (un DVD de son spectacle Plus K'a Poil et le DVD des Onze Commandements pour Youn, l'album CD de son télé-crochet pour Sevran) et ne pas accepter de jouer le jeu , autrement dit c'est « cracher dans la soupe »
A force de dévoiler depuis plusieurs années dans ces mêmes émissions la collusion qui ronge le monde du show business, les acteurs de ce cirque médiatique semblent oublier la simple limite que constitue le respect du téléspectateur qui, quoi qu'on en dise (« le téléspectateur peut zapper ou éteindre son poste s'il n'est pas content », « il y a plein d'autres choses à faire dans la vie que de regarder la télévision »), a été éduqué avec la télévision et attend de cet outil information et divertissement. Le téléspectateur lambda attend de ce genre d'émission de parcourir un certain spectre d'émotions, en s'informant et en s'amusant, mais aussi rigueur journalistique et sérieux éduqué. Le téléspectateur n'aime pas nécessairement les coups de gueule en direct, les « pétages de plomb » et les réglements de compte en direct. Des artistes peu reconnus auraient aimé bénéficier du tremplin médiatique Ardisson pour gagner en notoriété, et Sevran semble l'avoir oublié. Youn aurait dû repenser à ces multiples comédiens qui galèrent dans les cafés théâtres parisiens avant de jouer au blasé habitué et usé par la vente de ses DVD qui le rendent millionnaire (pauvre chou).
Qui doit poser les limites ? Tout le débat est là. Les dérapages sont rarement prévisibles. Peut-être faut-il reposer le problème de la déconnexion entre l'artiste star, perdu dans un autre monde, et le téléspectateur. D'aucuns ont combattu cette idée-cliché, mais nous avons ce week-end assisté contre notre gré à deux de ses réminiscences. C'est bien dommage.
13/11/2006
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