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n°24

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Oh, oui!



Le thème de ce numéro semble vous avoir particulièrement inspirés: "oh, oui!" peut se comprendre de biens des façons, vous le découvrirez dans les nombreuses pages consacrées au dossier.

Edito

C'est le printemps, et revoilà Quai des Plumes!


Chaque numéro apporte son lot de surprises, et c'est avec plaisir que nous accueillons de plus en plus de nouvelles plumes.

Bienvenue aux étudiants de Sciences Po, qui je l'espère feront leur grand retour dans Quai des Plumes au prochain numéro. Petit rappel à destination de ceux-ci: Quai des Plumes est le magazine des étudiants de l'ESCP-EAP, ESSEC, HEC et Sciences Po, c'est un trimestriel qui se veut votre tribune d'expression. Politique, culture, société, débats, économie, poésie ou humeurs, tous les sujets sont bons pour s'exprimer. Pour nous rejoindre, il suffit de nous écrire à quaidesplumes@yahoo.fr.

Le thème de ce numéro semble vous avoir particulièrement inspirés: "Oh, oui!" peut se comprendre de biens des façons, vous le découvrirez dans les nombreuses pages consacrées au dossier.

Je profite de cet édito pour vous rappeler que Quai des Plumes reste ouvert aux illustrateurs de tous types: si vous aimez dessiner ou que les thèmes proposés vous font penser à des images ou œuvres d'art, n'hésitez pas à nous en faire part! A ce propos, nous remercions PAO Bang qui nous aidera désormais à réaliser nos couvertures!

En espérant vous lire très bientôt, je vous souhaite une très agréable lecture…

MARC AZOULAY
marc.azoulay@essec.fr

PS: le prochain numéro aura pour thème "Psychoses, névroses et vie en rose". Nous attendons vos articles avant le 20 mai alors vite, à vos plumes!

Culture

Le rêve éveillé d'un homme qui dort




Ce n'est pas la vie d'un personnage mais sa "non-vie" que Perec nous fait partager dans son roman.
On y découvre un homme qui, un jour, a oublié pourquoi il se levait les matins précédents, qui ne trouve plus aucune raison de se lever les matins suivants. Un homme qui ne sort pas, qui ne va pas en cours, qui ne voit pas ses amis,...
Perec a simplement tenté, avec succès, d'écrire le roman de l'indifférence absolue.
Ainsi ne doit-on pas y lire l'histoire d'un homme qui ne fait rien, mais bien celle d'un homme qui consciemment et volontairement ne fait pas. Et Perec dépeint précisément tout ce que son personnage se refuse à faire. Cet "homme qui dort sa vie" finira pourtant par sortir de ce sommeil prolongé sur lequel régnait le détachement pour se rendre à la vie...
Tout est fait de manière à ce que le lecteur s'identifie à ce personnage qui, temporairement, met sa vie en suspens, qui, temporairement, tente d'explorer ce qu'il pense être le néant antérieur et postérieur à l'existence, parce qu'il ne voit plus l'intérêt de sa vie. Ce roman nous rappelle que l'analogie systématique de la mort et du sommeil parallèllement à la vie et l'éveil n'est pas nécessairement justifiée, que la vie peut aussi être imaginée comme une sieste et la mort comme un réveil.

Quelqu'un
kellekun@yahoo.fr

Dossier

"Oh, oui!" décliné sur tous les tons



Gourmand:
Comme tout étudiant digne de ce nom, je me suis mise au régime "vite fait, pas cher, et surtout pas prise de tête". Ce week-end toutefois, je rentre chez moi. ou plutôt chez mes parents. Et je ne peux pas dire que je saute de joie à cette idée. Entre mes frères qui hurlent et se disputent, ma mère championne de la culpabilisation affective, et mon père trop silencieux, ces deux jours risquent d'être longs. Je suis en train de faire mon sac et mon portable sonne. C'est ma mère: "J'avais pensé faire un gigot d'agneau, et un tiramisu, ça te va?" L'eau me monte à la bouche, je sens déjà les effluves qui embaument la maison, ça me rappelle les cavalcades dans l'escalier avec mes frères pour être la première servie, des rires aussi. Finalement, le week-end s'annonce plutôt bien. Et je lui réponds:
"Oh, oui!"

Langoureux:
es volutes de vapeur, des colonnes aux mosaïques bleues, des ombres blanches furtives qui glissent comme des fantômes, de l'eau, un murmure de voix. Dans un coin des mains expertes, douces et fortes à la fois, grasses d'huile qui appuient juste sur ce noeud du dos trop tendu. Et là, un filet de voix:
"Oh, oui!"

Fervent:
Je te propose un long voyage. Je ne te promets pas que des joies. Il y aura des peines, il y aura des souffrances, des moments de doute et de découragement, des moments où l'un de nous voudra peut-être baisser les bras. Mais nous serons deux pour lutter et connaître ensemble les merveilles du monde. Deux à savourer le bonheur d'une aube ensoleillée sur les Pyrénées, deux à écouter le rire des enfants, deux pour se lancer dans un rock endiablé. Tu me raconteras le film que nous venons de voir ensemble et je te décrirai ce projet qui me tient tant à coeur, mais dont tu te lasses à force d'en entendre parler. Et c'est à deux que nous rejetterons le désespoir, que nous traverserons les épreuves, reposant l'un sur l'autre quand nous serons à bout de forces, comme deux arbres penchés qui ont poussé à côté et ont fini par ne former plus qu'un seul et même tronc.
Alors, embarques-tu avec moi?
"Oh oui!"

Enthousiaste:
Ils sont jeunes, ils sont motivés, ils ont envie de faire quelquechose d'utile et pour une fois prendre conscience qu'il existe autrechose que leur petit monde protégé sur cette terre. Alors ils se lancent à corps perdu dans l'aventure. ils collectent des fonds, jouent des coudes pour obtenir des contacts intéressants, ils appellent leurs connaissances, préparent des repas aux couleurs exotiques, discutent interminablement, convainquent les uns du bien-fondé de leurs projets et remercient les autres de leur soutien. Alors quand ils lui ont demandé si elle voulait se joindre à eux et prendre part aux fous rires et aux coups durs de la préparation, à la découverte d'une nouvelle culture, elle n'a pas hésité, tout de go, elle a répondu:
"Oh, oui!"

A la "djeun's":
Ah ouais, trop fort ce nouveau concept!

Excédé:
Cela a certainement dû vous prendre beaucoup de temps?
"Oh oui!"

Et l'on pourrait continuer encore et encore. Mais la dernière question, la voici: serais-tu prêt, toi lecteur, à prendre la plume?

Pauline Debrest
polaxxistu@hotmail.com

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société générale