Lucian Freud, la peinture figurative
le 05/04/2010 - par Laure Chemla Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Lucian Freud, une rétrospective exceptionnelle au Centre Georges Pompidou jusqu'au 19 juillet 2010.
Après plus de 20 ans d’absence en France, le Centre Pompidou consacre une rétrospective exceptionnelle au peintre Lucian Freud. L’exposition s’organise en quatre parties, à la fois chronologiques et thématiques : Intérieur/Extérieur (principales compositions), Réflexion (portraits et autoportraits), Reprises (variations autour de peinture des maitres anciens) et Comme la chair (portraits de Leigh Bowery et Big Sue ou l’excès de chair humaine).
Petit-fils de Sigmund Freud, Lucian est né à Berlin pendant l’entre-deux-guerres, et s’exilera à Londres avec ses parents, lors de l’arrivée du nazisme en Allemagne. C’est à Londres qu’il étudiera le dessin (son premier choix avant même la peinture), se liera d’amitié avec Francis Bacon et découvrira les milieux bohêmes (Soho).
Au début des années 1950, Lucian Freud abandonne définitivement le dessin pour se consacrer à la peinture. Quelques années plus tard, sous l’influence de Bacon, il renoncera à ses pinceaux souples et précis pour utiliser des brosses aux poils durs et élastiques, ce qui marquera la naissance de son style si particulier, une texture épaisse, à la fois précise et expressive.

Chez Freud, l’atelier joue un rôle central dans son processus de création. Ainsi, tous les portraits présentés lors de cette exposition ont été réalisé dans l’atelier du peintre et les quelques tableaux représentant des paysages sont peints en général depuis ses fenêtres ou le seuil de sa porte. L’atelier (Paddington ou Notting Hill) est donc un espace clos, tant au sens physique que mental, entre le peintre et son modèle.
Freud est minutieux, presque obsédé par la représentation qu’il fait des corps et des nus, ses portraits en témoignent. Il partagera avec Francis Bacon cette obsession pour le corps et une certaine violence picturale. Il dira lui-même : « Je veux que la peinture soit chair… Je ne voulais pas simplement obtenir une ressemblance comme une imitation, mais les « portraiturer » comme un acteur incarne un personnage. ». Freud ne pose donc pas la question du beau ou de la bienséance dans ses portraits, seul compte pour lui le rendu de ce qu’il éprouve devant une personne lorsqu’il peint. Un seul tableau peut ainsi nécessiter une ou deux années de travails et jusqu’à plus de quinze ans pour un portrait qu’il a réalisé de sa mère. Le modèle ne peut pas rester figer dans la même pose, et doit supporter des séances longues et pénibles. C’est cet épuisement des corps, que nous donne à voir Freud.
La rétrospective présentée par le Centre Pompidou est exceptionnelle, tant par la qualité des toiles de Freud, que par l’intelligence de sa « mise en scène ». Il n’est pas tant question d’aimer ou de ne pas aimer les œuvres de Lucian Freud, que d’aller découvrir un des derniers grands peintres de notre époque.
Jusqu’au 19 JUILLET 2010 au Centre Georges Pompidou, métro Rambuteau/Hôtel de Ville/Chatelet
Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h
Gratuit pour les moins de 18 ans, 8 euros pour les étudiants ou 12 euros en tarif plein.
Pour plus d’informations : http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-freud/ENS-freud.html
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