Robert Rauschenberg au Centre Pompidou
le 04/01/2007 - par AL Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Une cinquantaine de « combines » (prononcer comebaïnes) de Robert Rauschenberg sont en ce moment à l'affiche au Centre Pompidou. Moins connu que son compatriote Andy Warhol, Rauschenberg est néanmoins un ténor du Pop Art et une figure majeure de l'art américain d'après-guerre. Jusqu'au 15 janvier 2007.
Les combines
Ses « combines » sont des sortes d'ovnis de l'art - ni vraiment tableaux, ni vraiment sculptures - qui peuvent selon les cas s'accrocher au mur, se poser au sol ou se poser sur des roulettes. Elles constituent des assemblages d'objets usuels, voire de déchets, recouverts de peinture. Selon Rauschenberg, il n'y a pas de sujet pauvre, « une paire de chaussettes convient tout autant pour faire un tableau que de la peinture à l'huile ».
La première phrase de la notice de l'exposition met en garde le spectateur : « l'oeuvre de Robert Rauschenberg est parmi les plus complexes du 20ème siècle ». Et effectivement, les bouts de vêtements, les boulons, le sac de sable, la plaque minéralogique, le coq empaillé ou la photo de pin-up sont autant de rébus à déchiffrer.
Une chèvre empaillée, œuvre d'art
Vedette de l'exposition, « Monogram » (1955-1959) est une œuvre singulière sublimant une chèvre angora empaillée, passée à travers un pneu, le museau barbouillé de peinture. La toile posée à plat sur le sol est couverte de débris urbains qui forment une sorte de pâturage.
D'un premier abord, cette œuvre est pour le moins surprenante. Mais lorsque l'on sait qu'enfant, Rauschenberg possédait une chèvre nommée Billy que son père décida de la tuer sans crier gare, la présence au centre du tableau de l'animal laineux prend plus de sens. Elle en prend d'avantage lorsque l'on sait que Rauschenberg habitait près d'une usine à pneus et que son père avait peu d'estime pour son travail. Il s'étonnait que son fils puisse vendre «des merdes pareilles».
Révolte contre le sublime - esthétique du désordre
Rauschenberg, aujourd'hui âgé de 81 ans, a affirmé qu'il avait voulu «emmener la peinture là où elle n'était jamais allée». C'est mission réussie mais il aura fallut quelques années avant que ses œuvres ne soient pleinement appréciées. S'opposant à l'expressionnisme abstrait qui domine l'après-guerre, ses œuvres vont à l'encontre des parfaits chefs d'œuvres peints par Pollock, Rothko, Newman ou de Kooning. Elles font incontestablement scandale et sont qualifiées de junk art, d'art des poubelles. En 1964, ses combines reçoivent tout de même le premier prix de la Biennale de Venise mais non sans controverses. Le journal «Combat» considère ce décernement comme étant «un affront fait à la dignité de la création artistique».
Un seul bémol pour cette très belle rétrospective: elle pourrait être un peu plus consistante. Il manque notamment «Bed», fameuse combine où l'artiste a recouvert ses propres draps et son couvre-lit de peinture.
Infos pratiques:
Du 11 octobre 2006 - 15 janvier 2007
Horaires : 11h00 - 21h00, nocturne les jeudi jusqu'à 23h
Tarifs : 10€ - tarif réduit : 8€
Métro : Rambuteau, Hôtel de Ville, Châtelet

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