Cinq Milliards d'Années au Palais de Tokyo
le 13/12/2006 - par AL Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !L’exposition Cinq Milliards d’Années qui se tient au Palais de Tokyo s’articule autour de l’axe du temps qui modèle l’espace plastique des œuvres et le lieu qui les accueille. Placé au-dessus de la porte d’entrée, Big Crunch Clock, un compte à rebours des 5 milliards d’années restantes avant que le soleil n’explose annonce le ton de l’exposition.
La salle principale est plongée dans une pénombre ouatée. On y découvre d'étranges installations telles que Patman 2, une sculpture réalisée avec 200 kilogrammes de nouilles de soja qui ressemble à un personnage sans tête. Cet être hybride est une sorte de métaphore de notre avenir en devenir. Un écran plat accroché au plafond diffuse un film de Gianni Motti intitulé HIGGS, à la recherche de l'anti-Motti. On y voit Motti, de dos, parcourir les 27 kilomètres de l'accélérateur de particules LHC du Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire à Genève (durée 5h50min). L'artiste, qui marche dans ce tunnel sans fin, devient le témoin « d'une énergie créatrice, d'une exploration permanente vers l'ailleurs et d'une avancée inassouvie vers des domaines inconnus ». Un peu plus loin, une Honda et une Vespa sont couchées à terre. De la cire de bougies fondues redessine leurs contours et leurs donne des allures d'autels sacrés. Cette installation de Mark Handforth re-contextualise les deux scooters dans l'espace de l'exposition et témoigne de la perpétuelle recomposition du monde. L'artiste Vincent Lamoureux, quand à lui cherche à brouiller nos repères visuels et nos sensations physiques. Il y parvient brillamment avec Scape, une sculpture métallique qui, suspendue dans les airs, parcourt l'espace et transperce par deux fois les murs du Palais.
L'obscurité se fait totale dans la pièce du fond. Nous sommes guidés par le son répétitif d'une goutte d'eau qui tombe dans le seau de Ceal Floyer qui ne contient en fait que deux enceintes audios. On découvre entre autre Gone, le singe somnambule de Tony Matteli qui nous rappelle que nous avançons dans un univers incertain et inconnu.
La pièce suivante regroupe les œuvres de l'exposition Une Seconde, Une Année. Elle expose des oeuvres qui s'activent de manière totalement aléatoire sans aucune prévisibilité. Ainsi, une diapositive de Big Ben n'est projetée au mur qu'à l'heure exacte où la photo a été prise (ndlr à 18h35...). La célèbre boîte de Alighiero e Boetti, Lampada Annuale, contient une ampoule qui ne s'allume qu'une fois par an, tandis que Fly Electrocutor de Fernando Ortega plonge l'exposition dans le noir dès qu'une mouche se fait électrocuter. Révolution de Kristof Kintera nous donne à voir un enfant qui, de temps à autre, se tape violemment la tête contre un mur. Valise, l'œuvre de Roman Signer, a quand à elle été conçue pour exploser durant la période de l'exposition.
En somme, c'est un programme très réussi qui joue d'un effet de suspense et flirte avec la frustration tout en gardant une note humoristique. Le visiteur devient tributaire de la programmation et a de fortes chances d'en sortir pour le moins désorienté. Courrez-y. Il ne reste plus que 456 heures avant la fin de l'exposition !
Informations Pratiques :
Palais de Tokyo, Site de création contemporaine
13, avenue du Président Wilson, 75016 Paris
Métro : Iena
RER C : Pont de l'Alma
Bus : 32, 42, 63, 72, 80, 82, 92
Jusqu'au 31 décembre 2006
Tous les jours sauf le lundi
« Premier centre d'art à être ouvert de midi à minuit, le Palais de Tokyo adopte le rythme de vie urbain. Une tranche horaire unique au monde pour vivre l'art contemporain sans modération »


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