Chronique d'un étudiant à New York
le 03/06/2007 - par Grougrou Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !En 2003, Grougrou (signe particulier : prèze d'assoce) nous raconte ses péripéties new-yorkaises.
Un président pacifique aux Etats-Unis : ça ne colle pas à tous les coups.
Arrivée a NY particulièrement mouvementé.
Douane:
- Where are you from?
- France (c...., c`est écrit sur mon passeport!)
- Are you a french Activist? Are you here to protest against the war?
- There is no war, not yet. (oui, j`ai eu la bonne idée de tenter l'insolence à la française avec un douanier américain. Après coup, je ne vous le conseille pas,
d'autant que j'avais mon chech de gauchiste autour du coup, ambiance Sous-commandant Marcos)
- Are you here to oppose against the decision of my government?
-No
-What do you think about the french government?
-I don't know (là, j'avais compris que c'était mal parti. Le problème, c'est que j'ai souri en pensant qu'ils étaient vraiment cons ces douaniers américains)
-Why are you smiling? Are you lying to me?
Attention, réponse que je ne conseille vraiment pas, surtout d'une voix hésitante qui trahit votre incompétence en matière juridique :
- I 'm smiling because I don't know if you have the right
to ask such questions. (Et encore j'aurais pu lui dire 'I take the fifth', en hommage aux black listes de Mc Carthy)
Là, c'est parti en live :" I have the right to ask you
everything I want, I have the Right to send you back to your home, I have the right to..."
Autant vous dire que j'en menais pas large, j'ai fermé ma gueule et j'ai dit oui oui mécaniquement, comme ces chiens a l'arrière des voitures de comiques. 5 minutes plus tard, il m'a finalement laissé rentrer. Quel accueil,
la terre promise!!
Plusieurs jours délicieux passèrent jusqu`à `Ground Zero`, la rencontre.
Arrivé à GZ, le plus impressionnant, c'est les petits mots sur les pallissades que chaque américain veut absolument laisser, comme autant de messages de paix, a leur 'fellow citizen' disparus, à l'image de ce vibrant témoignage de "Brad" du Konnectikut "On ira chercher ces putains de terroristes jusque dans le cul de la Terre s'il le faut". Alors, je me suis dit que moi aussi j'allais rendre
hommage à nos illustres concitoyens disparus, et je me suis donc fendu d`un petit "De Gaulle, tu nous manques!".
Apres tout, un grand homme politique vaut bien 1000 petits hommes d'affaire.
Ensuite, je me suis promené sur les quais, déserts ce jour-là. Je me suis assis sur un banc, l'air hagard, humant le reflet de l'océan à travers ma veste fouettée par un vent dont les rafales s'amusaient avec mes cheveux comme un enfant joue avec des roseaux. Bref, du Apollinaire dans sa grande période. Ou plutôt du Dylan -vous savez, l'espèce de romantique à fleur de peau dans Beverly Hills- venant de quitter Brenda parceque -je cite-"Je t'aime bien trop pour t'aimer trop bien et en + la couleur de tes yeux me rappelle celle de la Cadillac de mon pere dans laquelle il est mort... tu sais, quand j'étais petit." Alors, j'ai sorti une plume et j'ai commencé à écrire avec l'encre de mon coeur quelques alexandrins inspirés par l'atmosphère unique de ce port qui a tant fait rêver les voyageurs :
Etonnants voyageurs! quelles nobles histoire.
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers!
Montrez-nous les ecrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'ethers..."
J'ai fini par me geler les couilles et je suis rentré, sous l'oeil vigilant de celle qui nous protège tous, nous les new-yorkais, la verte statue brandissant une glace a l'italienne, celle de la Liberté.
Le soir, invité a l'Opéra (Faust) par la Margueritte de mon coeur, nous voilà dans le NY côté pile. Ici, les gens sont contre la guerre : ils ont du goût."Is the wine
good?" me demande t-on. "Yes. And, I'm french, so you can trust me for the wine" repondis-je avec un petit sourire complice. "Don`t say you are french!" me repondit-elle pleine de connivence.
Tres belle soirée, sauf que pour les décors de cet opéra français , ils ont engagé un ancien d`Hollywood qui s`est acharné à placer autant d'effets pyrotechniques que dans un concert de Mettalica, et pour les costumes -genre patineurs artistiques d'Europe de l`Est-, là, ça relevait carrément de Dysney Land. Décidément, les Américains transforment tout a leur façon.
A bientôt.
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