Un week-end à Strasbourg

le 11/08/2011 - par Taxi Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Suivez le guide!

Un week-end à Strasbourg

Arrivée vendredi soir

 

Promenade nocturne vers la République, c’est toujours plus joli la nuit.

 

La Gare

Une façade XIXe préservée par une imposante verrière de 2000m².

 

L’Homme de fer

Porte de la ville au Moyen-Âge, la place de l’Homme de fer est à la périphérie du centre historique. Elle tire son nom de l’arquebusier qui y tint boutique à l’enseigne de l’Homme de Fer, vers 1740. Le gaillard y planta une figure grandeur nature d’un sergent de patrouille municipale de la fin du XVIe siècle. La statue orne toujours le bâtiment, devenu une pharmacie depuis. Ayant peu évoluée au fil du temps, la place de l’Homme de fer change radicalement de « visage » dans les années 1990 à l’occasion des travaux du tramway. On la couronne d’une rotonde en verre, œuvre de l’architecte Guy Clapot. Une tour affreuse est érigée : la tour Valentin-Sorg. Elle domine le quartier de toute sa hauteur.

 

La place Kléber, autre héritage de Clapot

Il paraît que c’est l’une des plus belles places d’Europe, il paraît.

Grande place rectangulaire où siège Jean-Baptiste Kléber, Général de la Révolution et Commandant suprême de l’armée d’Egypte, héros strasbourgeois assassiné au Caire par un méchant syrien : statue en pied sous laquelle un caveau renferme son cercueil depuis 1863.

La place est parsemée d’espaces verts et de bassins qui la rendent bien agréable. On peut s’y asseoir quelques instants et profiter du soleil. Lors des grandes chaleurs de l’été, elle offre un coin de rafraîchissement.

De beaux bâtiments bordent la place : l’Aubette, bâtiment néo-classique hérité du XVIIIe siècle ; la Maison Rouge, au 22-24 place Kléber, aujourd’hui un affreux centre commercial post-moderne construit en 1978, autrefois un presque très bel immeuble XIXe dans le pur style wilhelmien ; d’autres constructions dans un style très marqué hébergent magasins, cafés et restaurants.

 

Place Gutenberg, rue Mercière

La rue Mercière donne sur le parvis de la Cathédrale : elle offre une vue imprenable sur la façade Ouest de l’édifice.

Chose assez fréquente à Strasbourg, c’est une corporation de métiers qui a donné son nom à la rue. Autrefois, c’est à cet emplacement qu’étaient principalement installées les mercières et les épinglières. Pour des raisons fiscales suivant le régime des XVIe et XVIIe siècle, les bâtiments qui bordent la rue sont composés de rez-de-chaussée particulièrement étroits, surmontés d’imposants encorbellements. Cette rue est aujourd’hui l’apanage des boutiques de luxe, de souvenirs très traditionnels, des glaciers et des salons de thé. C’est aussi la rue la plus touristique de Strasbourg.

 

Notre-Dame-de-Strasbourg

La belle Notre-Dame-de-Strasbourg dont les tons rouges et l’éclairage doré se détache très nettement dans le ciel noir, toujours d’un noir d’encre.

Chef d’œuvre de l’art gothique, une de ses œuvres les plus abouties, la Cathédrale de Strasbourg est une des dernières cathédrales édifiées en France et en Europe (fin du XVe siècle) et l’une des plus hautes (deuxième d’Europe, elle culmine à 142 m).

« Prodige du gigantesque et du délicat », ce sont là les mots de Victor Hugo. On dirait de la dentelle : ces riches ornements, ces sculptures si fines, ces colonnes qui s’élancent vers les cieux, ces ouvertures qui laissent apercevoir le ciel.Cathédrale

La flèche compte également parmi les merveilles qui font la splendeur de l’édifice. Elle termine une tour octogonale complexe, composée de piliers sculptés, avec des baies ouvertes sur chaque face à 20 mètres de hauteur. La flèche, elle, est une pyramide de clochetons à pinacles (comprendre un « amortissement élancé couronné par un cône ou par une pyramide effilés » selon le Wiktionnaire) disposés sur huit gradins. Chacun des arêtiers de cette pyramide est chevauché de tourelles, à travers lesquelles cheminent 8 escaliers à vis. La tour et la flèche sont creuses, d’où une impression de légèreté qui rend encore plus pertinente l’expression d’Hugo.

 

L’Ill, de la rue de la Courtine à la rue des Pontonniers

Traversée de l’Ill, la rivière qui ceinture la grande île de Strasbourg, sur un petit pont absolument charmant. Sur les berges, on jette un coup d’œil aux Saules pleureurs, ainsi qu’à cette imposante bâtisse, juste de l’autre côté du pont.

C’est le Lycée international des Pontonniers. Il a été construit en 1871, quand l’Alsace était allemande. Le Reich aspirait à de nouvelles politiques éducatives pour les jeunes filles. Le site où la construction du lycée fut décidée, était situé à un endroit stratégique : entre le pouvoir politique (le palais du Kaiser, place de la République) et le pouvoir universitaire (l’Université, place Sébastien Brant). Si le lycée est devenu mixte, sa morphologie a peu changé depuis le XIXe siècle. Toujours ces cloches vertes, ces boiseries, ces tourelles, ce style Guillaume-II-tarte-à-la-crème-bavaroise. Pour l’anecdote, il semblerait que la petite tourelle tout encastrée qui attire l’œil des badauds soit en réalité les toilettes réservées aux professeurs.

 

La Taverne française

Au 12, avenue de la Marseillaise : la Taverne française. Encastré au rez-de-chaussée d’un très bel immeuble, l’intérieur de la taverne est plutôt rustique. Des tables en bois souillées. Des chaises visiblement usées. Des murs aux lambris délabrés. Un carrelage de vieux bistrot des années 1950, lui aussi ébréché. Mais assis aux tables, des habitués. Ils ont presque tous leur ardoise. Mais derrière le bar, un petit monsieur avec l’implantation des cheveux basse sur le front et haute sur les tempes, avec un grand sourire et un pull-over bleu. On commande une bière, on s’assoit après avoir cherché une table des yeux pendant quelques minutes. Il fait chaud. On n’est pas forcément bien installé. De larges fenêtres ouvrent sur une rue piétonne. On y passe une excellente soirée malgré tout.

 

 

Samedi

 

Petit-déjeuner

Bretzel ou Kougelhof avec confiture

 

Petite France

Itinéraire : rue de la Monnaie où se trouvait la Monnaie royale. Rue des Dentelles, une voie piétonne dans laquelle se côtoient des boutiques de souvenirs, de décorations de Noël, de vaisselle, des restaurants gastronomiques aux menus très appétissants (L’Eveil des Sens, Umami) et d’autres restaurants plus modestes mais tout aussi sympathiques (L’Appart’ à tartes, La Corde à linge). Quai des Moulins.

Adossé à la rambarde, surplombant l’Ill, la Petite France nous fait face. Le cliché est charmant : le quartier a su préserver son authenticité malgré les hordes de touristes. Une fois qu’on a trouvé le moyen de traverser, on déambule dans la Petite France. On se laisse surprendre, on se perd, on erre. On découvre. On apprécie le bruit de l’eau, les maisons à colombage, le fumet de la tarte à l’oignon, les parcs et espaces verts, la promenade sur les fortifications Vauban.

 

Musée d’art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg

Dans les collections du musée : Rodin, Monet, Braque, Klee, Arp, Marc Desgrandchamps, … De vastes salles, hautes de plafonds, éclairées par de larges verrières. Une très belle vue panoramique sur le centre historique et la cathédrale.

 

L’Atelier d’Grand-père

Pause déjeuner, rendez-vous au 11 rue de Sainte-Barbe, pas loin de la place Kléber, à L’Atelier d’grand-père, pour manger des plats étranges : les classiques tartines, salades et hamburgers, les plats de la machine à vapeur (sucrés ou salés), les desserts à base de sucreries, les milk-shakes. Recommandés : la tartine de la picurière et du panier d’Hélène.

 

Notre-Dame-de-Strasbourg, mais d’l’intérieur

L’après-midi est l’occasion de découvrir l’intérieur de Notre-Dame de Strasbourg. On admire la très belle rosace en épis de blé et les vitraux de la nef. La chaire au dais de pierre, ouvrage fin : le jour de l’équinoxe de printemps à 11h38 et le jour de l’équinoxe d’automne à 12h24, le Christ sculpté sur le dais est éclairé par un rayon vert qui traverse la rosace ; au solstice d’hiver, le rayon est blanc. L’orgue richement peint. La fameuse horloge astronomique, un chef d’œuvre de la Renaissance : tous les jours à 12h30 les automates prennent vie et proposent leur spectacle aux yeux des visiteurs.

 

Place du Château

Différents monuments encerclent cette place. La nef de la cathédrale. Le lycée Fustel de Coulanges qui fut construit dans un style classique par Louis XIV pour en faire un petit séminaire jésuite, Jules Ferry y étudia. Le Palais Rohan, témoignage de l’art de vivre princier du XVIIIe siècle, qui abritent plusieurs musées : le musée des Arts décoratifs, le musée des Beaux-Arts, le musée archéologique. Un ensemble de maisons médiévales dans lesquelles s’est installé le musée de l’œuvre Notre-Dame. La Poste centrale.

 

Musée de l’œuvre Notre-Dame

Le Musée de l’œuvre Notre-Dame est un musée consacré à l’art plastique et aux arts décoratifs des territoires du Rhin supérieur. Pas super sexy, pour le moment. Ce qui est intéressant, ce qui vaut le coup d’œil, c’est surtout que le Musée de l’Œuvre Notre-Dame abrite de nombreuses œuvres d’art et de vitraux qui ornaient originellement la cathédrale. Son riche ensemble de peintures vaut également le détour, en particulier les corbeilles de verre de Sébastien Stoskopff : quand la peinture s’essaie à la transparence.

 

 

La place du Marché Gayot

Itinéraire : rue de la Râpe, rue des Ecrivains. Au numéro 6, une plaque commémorative nous informe que Gustave Doré y griffonna ses premiers dessins. Un petit passage pavé de galets du Rhin pour atteindre la place du Marché Gayot.

C’est une place inscrite au patrimoine mondial de l’humanité sous l’appellation « Strasbourg Grand Île ». La place est aujourd’hui ceinte de maisons mitoyennes, hautes de plusieurs étages, au rez-de-chaussée desquelles on trouve des restaurants, des cafés et des bars. Les maisons des ailes nord et est ont des portes si basses qu’elles auraient été construites pour des personnes de très, très petite taille. Une légende urbaine veut que la place du marché Gayot ait servie à loger les nains employés au service de la cour épiscopale ; un ghetto pour accueillir les nains, les fous et les bouffons qui amusaient le cardinal de Rohan.

 

La Plouzinette, un coin de Bretagne à Strasbourg

Itinéraire : on traverse la place et débouche dans la rue des Sœurs. On tourne à gauche puis à droite dans la rue des Frères qui donne sur la place Saint-Étienne.

D’entrée de jeu, le décor vous invite au voyage : des phares, des filets de pêche, des bolées, des thoniers, des mouettes et des macareux, quelques vieux galets partout où l’œil se pose.

A la Plouzinette, vous trouverez les meilleures crêpes et galettes de Strasbourg (et j’en ai expérimenté des crêperies alsaciennes avant de découvrir celle-ci). Ici, on ne sert que des produits locaux et régionaux bretons. Les pâtes sont cuisinées dans la plus pure tradition dinanade (adjectif breton dérivé de Dinan). On y sert un cidre artisanal, rustique et non pasteurisé et d’autres boissons traditionnelles comme le Chouchen, un alcool de miel. On y mange très bien, avec un excellent rapport qualité-prix. Une galette brestoise et une crèpe au beurre, ou bien une galette œuf miroir et une crèpe flambée au Cointreau : savoureux ! On regrette juste de ne pouvoir accompagner son repas de lait ribot.

 

Le Trou, pour terminer la soirée

Au 5 rue des couples

Au plus profond de la nuit strasbourgeoise : Krutenau, place des Corbeaux, près des quais, une ruelle sombre et étroite, un immeuble, une grille de cachot puis un escalier qui descend au sous-sol. Le Trou.

Ancienne boucherie, murs avec pierres apparentes. Un juke-box quand même pour égayer et du Rock. Quartier général de la patrouille de France avant de devenir le repaire des étudiants.

 

Dimanche

 

Musée Tomi Ungerer, dans la Villa Greiner, au 2, avenue de la Marseillaise.

Tomi Ungerer est une véritable légende en Alsace. Tous les petits enfants alsaciens se voient offrir les livres qu’il a illustrés et dont il a souvent écrit l’histoire. Ses albums sont traduits en plusieurs langues, y compris l’Alsacien. Pour n’en citer que quelques-uns : Les trois Brigands, le cycle des Mellops, Jean de la Lune, L’Ogre de Zéralda, Otto - autobiographie d’un ours en peluche. Cependant l’œuvre de Tomi Ungerer ne se limite pas au seul monde de l’enfance : l’illustration de l’affiche américaine du film de Kubrick Dr. Strangelove or How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb, c’est lui ! L’affiche Bonduelle de la campagne « Bonduelle ist das famose Zartgemüse aus der Dose », c’est encore lui ! Ungerer s’est aussi illustré dans le dessin satirique grâce notamment à son album  The Party.brigands

Le musée ouvert récemment se propose de reconstituer les multiples vies du dessinateur, de représenter tous ses axes de production et ses différentes périodes stylistiques.

Premier niveau, le monde de l’enfance : des maquettes de dessin, des albums, des extraits de texte, des objets inspirés de ces récits, un écran qui projette en continu les dessins animés de ses histoires et des banquettes pour regarder. Et surtout des automates qu’Ungerer a collectionnés, d’autres qu’il a lui-même montés : des locomotives, un homme-orchestre, un ours jouant du tambourin, …

Deuxième niveau, le satiriste et le chroniqueur des mœurs, la période new-yorkaise. Y sont exposées ces contributions au NewYorker et au Monocle, des planches d’albums : The Party qui croque le milieu mondain new-yorkais des années 1960, Black Power contre l’Apartheid, Eat contre la guerre du Vietnam, le cylce Slow Agony, un cycle inspiré par son séjour à Long Island…

Dernier niveau, qui est en fait le sous-sol : le dessin érotique et les Danses macabres.

 

Place de la République

Une fois sorti du musée, place de la République, l’ancienne place impériale construite par Guillaume II quand l’Alsace était encore allemande : une large place de verdure, circulaire, entourée de bâtiments dans le style Wilhelmien. Le Théâtre national du Rhin qui fut autrefois le parlement d’Alsace-Lorraine, la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, le palais du Rhin, ancien palais impérial qui abrite à présent la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin, la préfecture (ancien ministère d’Alsace-Lorraine), le palais universitaire.

 

Promenade en tramway, vers la Roberstau, le quartier de l’Europe

Après le déjeuner, on va à l’Orangerie. On épargne nos jambes et on saute dans le tramway ! On s’arrange pour trouver la ligne E direction Robertsau Boecklin. Depuis le tramway, on peut admirer le quartier des institutions européennes : le Parlement européen, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne des droits de l’homme. Justement, on descend au terminus.

 

La Sandkischt, parce qu’on ne saurait quitter l’Alsace sans manger une Flammekueche

Itinéraire : rue des fleurs, puis à gauche rue de la Carpe Haute.

Attention, la Sandkischt, c’est rustique. C’est le vrai resto populo alsacien où l’on croise son ophtalmo comme son électricien. Une cuisine familiale dans une ambiance familiale. Une décoration dépareillée et kitschissime : faux kugelhofs, nappes en kelsch, cigognes poussiéreuses, photophores lavande,  étoiles en bois… La tarte flambée se partage entre les convives et s’accompagne de verres de bière. N’allez surtout pas commander comme à la pizzeria une pizza par personne. Si vous en revoulez, vous recommander une tarte. Jusqu’à satiété.

 

L’Orangerie

Itinéraire : chemin Goeb, Orangerieorangerie

L’Orangerie, c’est le poumon vert de Strasbourg, un vaste parc de 26 hectares. A l’origine, le pavillon Joséphine pour abriter les 40 orangers dont hérite Strasbourg à la Révolution française, autour duquel on déploie un jardin qui s’agrandira au fil des années pour devenir l’actuel parc de l’Orangerie. Cependant, il ne reste que 3 des 40 orangers d’origine.

Dès les premiers rayons de soleil, l’orangerie est envahie par les Strasbourgeois. On y pique-nique, on y fait du sport, on y promène son chien, on y joue de la musique, … C’est un décor charmant, un parc agréable où il fait bon jouer les couleuvres sur l’herbe et siroter.

Dans le parc, plusieurs restaurants, un bowling, une ménagerie. Un étang se prête au cabotage. De vastes pelouses au football. Une infrastructure dédiée aux rollers et aux bmx. Une roseraie, un kiosque pour les amoureux et les photos de jeunes mariés. Mais surtout le glacier Franchi. D’ailleurs pour terminer votre repas : un cône une boule, parfum caravane des sables aux dates et à la fleur d’oranger.

 

Quelques liens…

 

            … pour visiter

 

http://www.otstrasbourg.fr/

http://www.cathedrale-strasbourg.fr/art.aspx

http://www.musees.strasbourg.eu/

 

            … pour manger et boire

 

http://www.resto-latelierdgrandpere.com/index.html

http://www.lenetdejeannette.com

http://www.creperie-plouzinette.fr/

http://www.leglacierfranchi.com/


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