Extrait des archives de L'impertinent
Les assoces à la barre : Chez Maurice
Hadrien-Charles ???, président de chez Momo. Grand seigneur, Hadrien m'offre une clope avant de commencer l'interrogatoire. La lampe braquée sur la figure, les mains droites, il commence sûrement à se dire que c'est pas gagné.
L'Impertinent : D'où vient donc ce nom (chez Maurice), plutôt ridicule, il faut bien le dire ?Hadrien-Charles (NDLR : on n'a pas idée d'avoir un nom aussi long) : il était une fois un homme que nous admirions tous, qui est devenu directeur de l'ESSEC lors de la création de l'association (en 1994). Par respect pour m. Thévenet, nous avons repris son prénom. Et puis, c'est vrai que ça fait pas mal épicier, en plus.
L'Impert' : On vous considère comme une assoce à fric. Vous êtes rémunéré ?H-C : Absolument pas. A la limite, un membre peut emprunter dans la caisse pour s'acheter un sandwich, mais ça n'ira jamais plus loin, et encore, il devra rembourser dans la journée. Pour te dire comme nous sommes honnêtes, on paye même tous les cafés, friandises ou boissons qui nous narguent toute la journée.
L'Impert' : Vous faîtes bien des bénéfices quand même ?H-C : Sur un an, ça doit monter à peu près à 20KF de marge, alors qu'on réalise environ 1,5 MF de chiffre d'affaires soit 1/5ème de celui de la JE. LA marge nous sert essentiellement à assurer un fond de roulement indispensable quand on commande les ordinateurs et à couvrir les frais de l'assoce (NDLR : ça fait un peu cours de finance là?)
L'Impert' : Qu'est-ce que les étudiants attendent de vous ? On vous fait souvent les mêmes reproches, non ?
H-C : L'étudiant " normal " nous demande clairement plus qu'à une assocce d'étudiants standard. Ils nous veulent un peu plus pro, ils réagissent comme avec une entreprise. Le problème, c'est que nous sommes étudiants comme eux, donc avec les mêmes impératifs, et il y a un décalage. On nous reproche toujours de ne pas être ouvert à 8h du matin, de ne pas bien savoir ce qu'on propose (NDLR : sur ces belles paroles, YoYo arrive dans le local et commence à raconter que quand il prend son café à la pause, il s'arrange toujours pour lâcher un " c'est fermé, connard " à ceux qui essaient d'entrer. Yoyo ou comment torpiller la crédibilité de son assoce en 2 secondes?). On a sûrement trop vite grandi, on est maintenant une grosse assoce mais avec de petites structures pas toujours adaptées, notamment en ce qui concerne la précision dans les délais qu'on peut garantir.
Sinon, le meilleur compliment qu'on puisse nous faire, c'est d'être accueillants, ouverts il y a même des gens qui nous prennent pour le BdE (NDLR : ça valait le coup de faire une campagne, Sidok ) ! On a bien sûr des problèmes de communication avec les étudiants, mais on va installer un système de mailings pour nos clients. On propose plein de choses comme des frigos ou des répondeurs qu'on ne peut avoir en stock, et les gens ne le savent pas. D'ailleurs, on met uniquement en avant les produits sur lequels nous sommes moins chers, mais nous pouvons tout faire.
L'Impert' : Problèmes de communication, problèmes de taille? est-ce que vous envisagez d'embaucher quelqu'un ?
H-C : ça on ne le fera jamais. D'une part, on ne peut pas se le permettre si on veut rester bon marché, et d'autre part, c'est tout l'intérêt de Chez Momo d'apprendre à bosser comme des grands. Ces dernières années, nous avons reçus de vrais CVs qui émanaient de bureaux des stages de BTS en action commerciale qui nous demandaient de prendre des apprentis en vente !
L'Impert' : la question qui tue : quels sont vos projets ?
H-C : Tout plein de choses : continuer nos happenings, centraliser les commandes de papeterie pour les assoces, organiser des ventes en mezzanine et une offre de Noël, la nouvelle ligne Essec dont les couleurs ont changé, peut-être. Plus sérieusement, on commence déjà à penser au recrutement, pour des personnes avec qui on aura un bon contact, qui seront sérieuses et motivées (NDLR : bon, on arrête la pub, là?).
Et puis pour nos happenings, notre but n'est pas de piquer du boulot aux assoces ou au BdE, mais de faire plaisir aux gens en se faisant connaître.
Propos recueillis par Minotte.