11'09''01 : 11 court-métrages de 11 minutes, 9 secondes et 1 image des plus grands réalisateurs aujourd'hui sur un thème commun : les attentats du 11 Septembre 2001. Sur une idée de Alain Brigand.
de Samira Makhmalbaf, Claude Lelouch avec Maryam Karimi, Emmanuelle Laborit Sortie le 11 septembre 2002
11'09''01 : 11 minutes, 9 secondes, 1 image. Tout part de la volonté de Alain Brigand, producteur artistique, de confronter, au sein d'un même ‘film', plusieurs opinions, plusieurs points de vue différents sur les attentats du 11 Septembre 2001 au World Trade Center. Contrairement à tout autre film ou documentaire, cette mosaïque, comme son nom l'indique, ne prône pas d'unité esthétique et morale. Ainsi est analysé le 11 Septembre, tour à tour comme un retour de boomerang en comparaison au renversement du gouvernement Allende par les Américains le 11 Septembre 1973 au Chili, comme une erreur judiciaire (le court-métrage de Mira Nair sur l'accusation d'un jeune musulman américain), comme un accablement in-humain au sens où la condition de sourd-muet confère au désastre une puissance destructrice psychologique, renforcée par le court de Sean Penn sur l'acceptation progressive de la mort de sa femme par Ernest Borgnine (seul acteur connu dans le lot, que l'on a que peu l'habitude de voir dans des rôles sociologiques), enfin comme la relation d'ordre médiatique et idéologique entre cet attentat et un en Israël. Quelques courts, à tort ou à raison, s'écartent du sujet : en particulier ceux de Shoheï Imamura et de Idirissa Ouedraogo. Le second, d'une manière surprenante, nous fait rire, dans la mesure où Ben Laden (ou tout au moins le prix de sa rançon) est perçu comme un élément salvateur. Imamura, lui, ne résiste pas à la tentation de se démarquer, au risque de sortir du sujet, et c'est justement ce qu'il fait, à moins que la poésie de Tou Fou (l'auteur du poème sur lequel se base le court-métrage) n'ait une portée universelle et atemporelle ( ?). Le but n'est pas ici de faire un descriptif exhaustif des 11 courts-métrages, mais qu'il me soit permis d'insister sur celui de Alejandro Gonzalez Inarritu. Pas d'acteur, pas de fiction, si proche soit-elle de la réalité, pas de scénario, pas de caméra. Le court est basé sur une mise en scène musicale, sur fond monochromatique noir, entrecoupé ça et là d'images d'archives-les corps qui tombent. Il semble que l'absence d'image ait tendance à fixer l'attention du spectateur, en le plongeant dans une obscurité totale, en le confrontant, à l'improviste, à l'improbable. Implicitement, Inarritu tente de replacer le spectateur dans le contexte, en le confrontant directement à la réalité des faits ; loin du chef-d'oeuvre cinématographique, ce court-métrage est la plus poignante retranscription des attentats.
04/03/2007
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