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Les films de l'année 2002

Minority Report (critique d'arnaken)

Minority Report (critique d'arnaken)

Un fugitif qui tente de prouver qu'il ne va pas commettre un crime. Dis comme tel, cela paraît ahurissant. Pourtant, c'est bien là le thème du film.


Aussi complexe et travaillé que Matrix, aussi beau que le 5ème élément, Minority Report regroupe toutes les qualités de ces deux chefs-d'oeuvre. C'est toute la vision du temps et du déterminisme/libre arbitre qui est bouleversée par le nouveau Spielberg. Et à côté d'une recherche philosophique poussée, un scénario ficelé à la perfection. On a beau chercher, il n'y a pas d'erreur, un peu comme dans le 6ème sens. Tout pourrait parfaitement arriver. Nous arriver. 2054, après tout, ce n'est pas si éloigné. Et l'univers du film paraît si réel. A la fois moderne (des voitures futuristes dignes des concept-cars présentés au Mondial de l'auto) et réaliste (des petits bourgs comme on en voit aujourd'hui), on ne peut s'empêcher de se poser la question "Et si cela arrivait aujourd'hui?". Des scanners oculaires partout, des publicités personalisées. Techniquement, on n'en est plus très loin. Reste la division policière Pré-crime", habilitée à arrêter des futurs meurtriers. Là intervient le choix du scénariste : faire apparaître des "précogs", humains dotés des pouvoirs de l'Oracle de Delphes. On ne peut s'empêcher, par ailleurs, de faire le rapprochement entre Agathe, l'une d'entre eux, et Leeloo, du 5ème élément.

Tuera, tuera pas... Dilemme qui torture à la fois John Anderton (Tom Cruise) et le spectateur, passionné par la recherche de la vérité. Peut-on échapper à son destin? Voilà la question existentielle essentielle que se pose le film. Et pour y répondre, Spielberg se fonde sur sa propre conception, elle-même basée sur la religion juive. Dieu est tout-puissant et sait tout. Il connaît même l'avenir. Mais celui-ci est incertain et l'homme est libre de le modifier. Lorsque les "précogs" sont comparés à des dieux au début du film, on a la preuve que c'est bien cette théorie qui est adoptée par le réalisateur.

Les images sont frappantes, parfois choquantes et difficiles à supporter. Elles sont parfaitement assorties de la musique de John Williams, l'habitué des films de Steven Spielberg (il a fait tous ses films, excepté Duel). A côté, il y a des petits gags "spielberguiens" qui font tout le charme du film et permettent de détendre l'atmosphère, des scènes d'action à couper le souffle, un suspense terrible, une intrigue passionnante. Bref, que du bonheur. Comme lorsque l'on sort de Matrix, on ne peut pas s'empêcher, une fois le film terminé, de se dire : "ouah, c'était puissant !".


10/03/2007


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