film américain de Ridley Scott. Avec Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, Jason Isaacs. Sortie le 20 février 2002.
MASSACRE A LA MITRAILLEUSE
Je ne verrai plus jamais le journal télévisé comme avant! Ce film a le mérite de m'avoir ouvert les yeux sur l'envers du décor. On sait que les sacs de riz envoyés en Somalie en 1993 pour sauver la population de la famine, n'ont jamais atteint leur objectif. Mais on ignore (on en a tellement peu parlé) qu'a eu lieu, outre la guerre civile, une confrontation sanguinaire entre les sbires du dictateur en place et les forces américaines chargées de ramener le calme (en rétablissant la démocratie, c'est beaucoup dire, du moins en éliminant Aidid, le chef des miliciens).
Après Gladiator, Ridley Scott continue d'écouler son stock d'hémoglobine et de chair fraîche en filmant (par ailleurs remarquablement) une boucherie. N'espérez pas de temps mort (malgré les minutes de prières des musulmans) pour vous remettre de vos émotions. La nuit du 3 au 4 octobre 1993 dure les 2 heures et demies du film, on est accroché à son fauteuil et parfois à son estomac. Ce film de guerre n'est jamais statique, contrairement à certaines images photographiques d'Apocalypse Now. Pour l'anecdote, les acteurs aussi ont souffert, soumis à un entraînement sur les bases militaires des Rangers, l'élite de l'armée américaine. Ewan MacGegor est parfait dans son second rôle de froussard et à toute notre sympathie (qui n'aurait pas peur de telles conditions?). Le sergent dirigeant le 40ème peloton (Josh Hartnett) également est exemplaire de don de soi.
On imagine parfaitement certaines missions de l'ONU, actuelles et à venir, se dérouler ainsi. Des milliers d'Africains meurent au cours de la bataille mais on est paradoxalement plus ému par les quelques pertes dans le camp américain. C'est que les Somaliens sont présentés comme assoiffés de vengeance alors que les Occidentaux sauvent des vies qui ne sont pas les leurs (celles des peuples réduits à l'inanition et celles de leur compagnons de peloton). Faut-il comprendre ce film comme une dénonciation de l'impérialisme des USA, ou de leur prétention à se sentir invincibles? Pourtant même super-entraîné, un corps est plus que fragile face à une kalachnikov. La mission apparemment de routine vire à l'horreur quand la mécanique huilée a des ratés (un premier blessé à protéger avant de l'évacuer, puis un hélicoptère bombardé au lance-roquettes)
16/20
Rédigé le 2 mars 2002 par Iris.
18/03/2007
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