Film allenien de et avec Woody Allen, Jason Biggs, Christina Ricci et Danny Devito... Sortie le 29 octobre 2003.
Bienvenue à New York, au sein d'une atmosphère typiquement allenienne. Jason Biggs, le héros de la trilogie American Pie, est un jeune écrivain qui commence à se faire un nom dans le milieu new-yorkais. Enfin, écrivain, c'est beaucoup dire. Disons plutôt qu'il prévoit d'écrire un livre sur l'existence, le néant et enfin vous voyez de quoi je parle. Malheureusement, il ne se fait actuellement un nom que dans le milieu du comique. « C'est ce qui fait du fric » lui dit son agent, Harvey, alias Danny Devito. Aussi n'a-t-il pas d'autre choix, semble-t-il, que de remettre l'écriture de son livre à plus tard.
Mais ce ne sont pas ses problèmes professionnels qui nous intéressent véritablement. Jerry a une compagne, Amanda, interprétée par Christina Ricci, qui lui donne bien du fil à retordre. La demoiselle, ancienne petite amie d'un des amis de Jerry, a perdu le goût de la bagatelle depuis qu'elle sort officiellement avec Jerry. Ce qui ne l'empêche pas de « tester » sa capacité à jouir avec d'autres personnes, au grand dam du jeune comique qui n'est interpellé par la chose que grâce à son ami et mentor, Dobel (Woody Allen).
Le maître et le disciple ont pour habitude de se promener dans Central Park, discourant sur une chose et son contraire. Car Dobel a un avis sur tout : les femmes, la psychanalyse, la littérature, les néonazis contre lesquels il veut se défendre en conservant un fusil à portée de main dans chaque pièce de sa maison. On pourrait voir dans ce personnage le type même de l'intellectuel solitaire à la réflexion stérile, ce qui finit par le rendre complètement parano. Mais c'est aussi un individu qui sait prendre son courage à deux mains, y compris face à deux malabars graisseux et à deux policiers « porcins » et passablement antisémites.
Le tout se superpose sur un rythme nonchalant, le jeune Jerry faisant le lien entre les autres personnages. C'est d'ailleurs d'une manière quasi-romanesque que celui-ci devient le narrateur de sa propre histoire. Un personnage influencé et influençable, dont l'avis se modifie imperceptiblement en fonction des conseils et des remarques des personnes qui l'entourent. Un personnage qui pourrait être chacun d'entre nous, ce qui nous plonge dans cette fiction où la légèreté se mêle à la bêtise, mais sans que cela ne devienne grotesque. Quelques clichés savamment tournés en dérision (comme lorsque la mère d'Amanda joue du piano alors que le couple bat de l'aile, Amanda se recoiffant, une cigarette dans l'autre main) et des répliques accrocheuses suffisent à rendre ce film des plus attrayants, même si l'on peut déplorer l'atmosphère « American Pie » latente. Encore un film de Woody Allen ? Peut-être? Ce n'est sans doute pas un film qui s'imposera comme l'un des meilleurs du « maître », mais qui reste extrêmement agréable à regarder en cette période de fin d'année.
04/03/2007
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