Film français (2003). Aventure, Action. Avec Sagamore Stévenin, Peter Youngblood Hills, Diane Kruger, Jean-Pierre Cassel, Béatrice Agenin... Réalisé par Louis-Pascal Couvelaire
Michel Vaillant à la rescousse de Matrix !
En rentrant dans la salle de Michel Vaillant je savais que j'allais voir un film au scénario « léger » mais aux images spectaculaires. Bref le film parfait pour une bonne soirée de stagiaire.
Mais le film a littéralement dépassé toutes mes attentes ! Jamais au cours de ma vie de modeste cinéphile je n'avais été confronté à un tel chef d'oeuvre d'invraisemblable, de pitoyable et d'absurdité. Le film est en cela une expérience cinématographique rare qui mérite d'être décortiqué. Michel Vaillant (le film comme le personnage) ne recule devant rien, n'a pas de limite et va toujours plus loin (plus fort plus vite?).
Le scénario d'abord. Pour planter le décors, 2 écuries se livrent une bataille historique : Les Vaillants et les Leaders. L'une gentille, l'autre méchante. Et puis sinon? euh bah non c'est tout en fait. Il faut quand même signaler que les pilotes sont incroyables puisqu'ils savent conduire parfaitement tous les types de voiture et de course (24 h du Mans, Rallyes?), même les yeux fermés (si si !). Ensuite on a le bonheur de pouvoir compter une idée scénaristique affligeante toutes les 10 minutes. Tout y passe : la mère qui fait des rêves prémonitoires d'accidents, le chantage bien finnot, sans oublier les tentatives de sabotage des voitures des gentils par les méchants (une demi-douzaine) qui réussissent à chaque fois. Mais c'est pas grave, c'est quand même Michel Vaillant au volant, faut pas l'oublier. Enfin, faut dire qu'une fois c'est un de ses potes qui conduit, et là évidemment il y passe et clapse sous les yeux de Michel. Du coup, sa veuve de femme qui « de comme par hasard » se trouve être pilote elle aussi, et (tout sauf) accessoirement très belle va le remplacer pour les 24h. J?aurais aussi pu dire que les méchants sont managés par une autre bombasse « belle à en crever » (jeu de mot digne des dialogues du film) et prête à tout pour gagner. Alors vous vous dîtes que j'ai déjà révélé une grande partie du formidable scénario du film (vilain que je suis) mais vous êtes encore loin d'imaginer les efforts d'imaginations déployés par les scénaristes, qui atteignent leur paroxysme pour la scène de course finale. Disons qu'après quatorze rebondissements Michel vaillant se retrouve à piloter la voiture des méchants contre sa bien aimée (la veuve vous l'aurez deviné) qui pilote celle des gentils. Certains trouveront que j'ai levé un trop grand voile sur le scénar, qu'ils aillent voir le film qui regorge de moult autres éléments narratifs aussi incroyables et forts. Evidemment on me dira que le film reste fidèle à un certain « esprit BD » qui permet certains débordements scénaristiques, mais y'a des limites quand même et Michel Vaillant-le film en tous cas n'en connaît pas.
Bon on va faire plus court sur la réalisation : le film apparaît en fait comme un clip vidéo de 2 heures ou le réal. élève l'esthétisme du regard, de la vitesse et des décors à leur apogée. On a l'impression que les persos bougent au ralenti, qu'ils ont toujours une position gracieuse et en harmonie avec leur environnement. Bref c'est beau. C'est un peu ridicule aussi. Sagamore Stévenin fait semblant de scruter soit l'horizon, soit sa voiture. Le réalisateur nous donne ainsi à sentir de manière intense la symbiose entre l'homme, la nature et la machine. Très fort quand même. Et puis faut pas déconner, y'a une recherche créative au niveau des couleurs très intéressante : les gentils sont toujours habillés en blanc et les méchants en noir, les voitures des vils tricheurs sont rouge lucifer, celle des bisounours d'un bleu ciel radieux. Comme ça au moins on est pas perdu. Je m'arrête là, je préfère laisser au film lui-même le soin de vous éblouir par ses images fantasmées et fantasmantes.
Pour terminer un petit mot sur les acteurs. Certes ils ont vraiment tous de beaux yeux. Mais hélas c'est à peu près tout. Le jeu de Sagamore Stévenin est complètement faux. Mais on y prête pas beaucoup d'attention puisque celle-ci se porte sur les acteurs anglo-saxons du film qui livrent une composition courageuse : en parlant une langue mi-française, mi-anglaise ils montrent que les français et les amerloques peuvent être super copains. A nouveau c'est beau mais c'est surtout bien caustique comme dirait monsieur Preskovic. On regrette au passage que Stefano Casseti (l'envoûtant acteur de Roberto Succo) soit relégué à un second rôle insignifiant.
Voilà, Michel Vaillant parvient l'exploit d'éclipser Matrix Revolution et Bad Boys 2 et de surpasser Vertical Limit, dernier film qui fit date dans nos esprits avides de films nanarissimes.
Il faut le voir pour le croire. Alors courez-y !
On rendra malgré tout justice à l'excellente BO d'Archive qui parvient à nous faire vibrer pendant les impressionnantes scènes de course.
04/03/2007
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