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Les films de l'année 2003

Pas sur la bouche

Pas sur la bouche

Une opérette d'Alain Resnais
Avec Sabine Azéma, Pierre Arditi, Isabelle Nanty, Audrey Tautou, Darry Cowl, Jalil Lespert, Daniel Prevost et Lambert Wilson
Sortie le 3 décembre 2003
Une comédie musicale "à la parisienne".


Après avoir été marié à un Américain puritain (L.Wilson), Gilberte (S.Azéma) épouse Valandray (P. Arditi), riche métallurgiste. Celui-ci, qui croit au bonheur conjugal dès lors que l'on est le premier mari de sa femme, est soigneusement tenu dans l'ignorance de l'union de Gilberte avec l'américain Thomson. Seule la soeur de Gilberte, Arlette Poumaillac (I.Nanty), toujours célibataire, connaît le secret. Mais qu'arriverait-il, si par pures coïncidences, Valandray entrait en relation d'affaires avec ce Thomson et se prenait d'amitié pour lui ?

7 bourgeois. 7 passions secrètes. 7 personnes en quête d'amour. 7 raisons de ne pas aller voir le film au cinéma. Après six ans d'absence et avec une telle distribution, on pouvait donc vraiment s'attendre à un film grandiose. On vous arrête tout de suite, le film est décevant.

1_ Le choix d'une opérette, surprenant au premier abord, nous plonge dès le début du film dans une ambiance légère et joyeuse. Cependant, cette fraîcheur s'estompe au fur et à mesure que l'intrigue avance, laissant place à une certaine monotonie qui ne cessera qu'avec l'apparition de Darry Cowl dans la dernière demi-heure ! La musique varie peu d'une scène à l'autre et, paradoxalement, parvient même à casser le rythme de l'opérette : ainsi, le film, plutôt que de s'appuyer sur son originalité musicale pour prendre de l'envol, ne peut plus compter que sur le scénario pour (r)éveiller la curiosité du spectateur.

2_ Le scénario n'est malheureusement pas capable de soutenir seul le film. Ce jeu de cache-cache amoureux, lu et relu par tous les "adeptes" de Marivaux, devient rapidement pesant pour les yeux, déjà mi-clos, du spectateur. A la sortie de la séance, on aura vite fait d'oublier les quelques passages captivants du film, illustrant pourtant tout l'art de Resnais. Même si l'insouciance et la légèreté de On connaît la chanson réapparaissent alors, nous restons malheureusement sur notre fin : le réalisateur n'a pas su saisir ces occasions de nous faire rêver.

3_ L'ambiance générale du film souffre de ces maladresses, et plonge le spectateur dans une atmosphère au sein de laquelle il a du mal à trouver sa place. Même le plaisir qu'ont les acteurs à jouer ne parvient pas à relever le niveau général du film. L'humeur joyeuse qui règne sur le plateau n'est en aucun cas communicative. Ainsi, plutôt que de sortir le sourire aux lèvres, on aura plutôt tendance à avoir envie de se changer les idées.

4_ Le personnage de Faradel, non content d'être en lui-même agaçant, pâtît d'une interprétation plus que décevante de Daniel Prévost. Faradel, cinquantenaire en manque d'amour, ouvre le film et participe alors à son essoufflement. Ainsi a été créé le personnage le plus antipathique jamais vu au cinéma.

5_ Lambert Wilson est également impressionnant, nous rappelant ainsi sa brillante apparition dans les deux derniers volets de Matrix. L'accent américain du personnage de Thomson est tout simplement ridicule. A croire qu'il n'avait pas assez souffert de son semblant d'accent français dans Matrix alors qu'il parle un anglais irréprochable ! Son interprétation souffre de ce manque de finesse, et n'a donc plus aucune crédibilité.

6_ La banalité de ces deux personnages ne fait malheureusement pas figure d'exception : chaque caractère est stéréotypé et prévisible. Il ne reste donc plus grand chose que le spectateur puisse espérer découvrir au fur et à mesure que se déroule l'intrigue.

7_ Vous avez dit humour ? Si vous avez envie de rire, n'y pensez même pas?

Malgré tout, il faut bien reconnaître la qualité de certains passages, qui permettent aux spectateurs de s'évader pendant quelques instants. Notons notamment les performances d'Isabelle Nanty et de Darry Cowl, en concierge travesti, qui sont tout simplement géniaux, et parviennent à apporter une des rares touches de fraîcheur au film.


04/03/2007


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