Un des plus grands films des années 90… jeudi soir à l’ESSEC !!
Date de sortie : 15 Mars 2000 Film américain. Genre : Drame, Thriller Réalisé par Michael Mann Avec Al Pacino, Russell Crowe, Christopher Plummer
Réplique culte : “And I will tell you, Mr. Sandefur... and Brown & Williamson too - fuck me? Well, fuck you!” Jeffrey Wigand.
Résumons d'abord l'intrigue à l'aide d'un petit copié collé d'allociné.fr comme on les aime : Lowell Bergman, célèbre journaliste d'investigation et producteur de l'émission "60 minutes" sur CNN, reçoit un dossier envoyé par un employé anonyme de Philip Morris. Y sont décrits les méfaits de la nicotine et la dépendance qu'elle cree. Bergman contacte Jeffrey Wigand, un scientifique travaillant pour Brown et Williamson, le troisième fabricant de cigarettes des Etats-Unis. Ils vont ensemble faire éclater l'un des scandales les plus retentissants de l'histoire du tabac.
Michael Mann est unanimement reconnu comme étant l'un des meilleurs réalisateurs de notre époque. Il s'est affirmé comme une référence dès 1995 en sortant Heat, LE film qui réunit à l'écran Al Pacino et Robert de Niro pour un face à face mémorable, LE film avec la plus belle scène de fusillade de l'histoire du cinéma, et surtout LE film qui a fait de Davy C. l'homme qu'il est aujourd'hui. Depuis, Mann a l'art de ne réaliser que des films quasi-parfaits en tout point et d'offrir à ses acteurs leur plus belle prestation à l'écran : Russell Crowe dans Révélations, Will Smith dans Ali ou encore Tom Cruise dans Collateral. Révélations est un film un peu à part dans la carrière de Mann, spécialisé dans les thrillers d'action intelligents : il s'agit ici d'un film d'investigation qui se veut avant tout réaliste, puisqu'il reprend une histoire qui s'est réellement déroulée. Jeffrey Wigand a existé : il fut directeur du département Recherche et Développement de Brown & Williamson, le troisième plus grand fabricant de cigarettes américain (Camel, Winston…). Ses investigations lui permirent de découvrir que les fabricants adjoignaient aux cigarettes des substances, comme l'ammoniaque ou la coumarine, pour décupler les effets de la nicotine et accroître l'accoutumance du fumeur. Le scénario du film (écrit par le scénariste du récent Munich de Spielberg) reprend ces faits et nous fait suivre le combat de Wigand qui, violant sa clause de confidentialité avec B&W, met en danger sa famille et CNN tout entier puisque la chaîne est attaquée en justice par le fabriquant de tabac pour avoir enregistré une interview des révélations du scientifique.
Mais là où bon nombre de film d'investigations ou de dénonciation du genre (comme les tout récents Lord of war et Syriana) se limitent à cette description très réaliste et finalement un peu froide des faits, Michael Mann a la bonne idée d'ajouter par sa réalisation une dimension romanesque à l'histoire, par exemple par le choix des musiques, une bande originale magnifique de bout en bout comprenant notamment Safe from harm, qui est à mon goût le plus beau morceau de Massive Attack. La scène où Wigand, seul dans sa chambre d'hôtel, accablé par les accusations, perdant espoir que ses connaissances soient un jour dévoilées au public, se met à rêver à des jours meilleurs avec sa famille qui se matérialise sous ses yeux, est un des moments de cinéma les plus prenants de la dernière décennie. Jusqu'à la dernière seconde, le combat magnifique, à la fois personnel et dans l'intérêt public, de ces deux hommes passionne. Il nous fait éprouver toute la grandeur que peut exprimer l'art cinématographique, qui n'a pour cela nul besoin de recréer artificiellement des batailles gigantesques, saisissantes le temps d'une scène mais vite oubliées jusqu'à la prochaine production qui se targuera d'avoir deux fois plus de guerriers à l'écran… Et quel plaisir de voir un tel duo d'acteur ! Al Pacino est nickel dans le rôle du producteur de télé fort de ses convictions de journaliste au point de se battre encore et toujours, alors que même tout CNN est contre lui. Quant à Russel Crowe, assurément l'un des meilleurs acteurs du cinéma contemporain (et accessoirement l'homme le plus classe du monde), il est exceptionnel dans le rôle de Jeffrey Wigand : maquillé pour avoir 15 ans de plus, il a aussi du prendre 20 kilos qu'il a du tout aussitôt reperde pour enchaîner le tournage de Gladiator de Ridley Scott, dans le rôle de Maximus qui l'a révélé au public et qu'il a justement failli refuser à cause de ses métamorphoses corporelles successives ! Le visage de Crowe dégage tellement d'émotions tout au long du film qu'il est impossible de ne pas compatir et de ne pas plonger dans l'intrigue. On pourra reprocher à Révélations d'être long (2h30) et complexe (souvent le cas des films d'investigation), mais pour l'avoir vu un bon nombre de fois, je ne vois pas quelles scènes Mann aurait pu couper ou quel aspect de l'histoire il aurait pu simplifier sans que le film entier n'en pâtisse.
Révélations a eu sept nominations aux oscars en 2000 mais n'a rien raflé, il a été quelque peu éclipsé par American Beauty, film qu'on aime beaucoup aussi à Cine Qua Non puisque qu'il fait partie de la programmation du festival CQN 2006 qui se déroulera à l'Essec les 4,5 et 6 avril.
En conclusion, le genre de films qui donne un sentiment de perfection, dont on sort heureux parce qu'on n'a pas souvent l'occasion d'avoir de telles émotions. Et comme nous à Cine Qua Non on n'a qu'une envie, c'est de faire découvrir les films qui nous marquent, eh bien on vous projette le mythique Révélations ce jeudi 23 mars à 20h30, dans la non moins mythique PA 108. Immanquable, vous l'aurez compris, et par pitié ne ratez pas ce chef d'œuvre à cause d'un quizz de droit le lendemain qui demande une heure de révision à tout casser…
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