CONNEXION horloge Bonjour, invité mail
 

Home > Cinéma > A l'affiche > Tous les films > Les films de l'année 2005 > La moustache

Les films de l'année 2005

La moustache

La moustache

Emmanuel Carrère signe l'adaptation à l'écran de son roman. Un film sobre et efficace, mais sans piment.


La Moustache, film français d’Emmanuel Carrère (2004), avec Vincent Lindon, Emmanuelle Devos, Hyppolite Girardot…
86 minutes.
Date de sortie : 6 juillet 2005.

Marc a toujours eu une moustache, même quand il était petit. Un soir, il décide de la raser pour faire une surprise à sa femme (puisqu’il devient ainsi le sosie parfait de Vincent Lindon). Comme il a un sens de l’humour limité, Marc Lindon en a vite assez que personne (femme, amis, collègues, cafetier…) ne remarque le changement. Alors, forcément, il s’énerve pour montrer qu’il en a et, forcément, tout le monde le croit devenu fou (à commencer par Emmanuelle Devos qui incarne admirablement le refus d’écouter et de comprendre au point de mériter des claques).
Emmanuel Carrère signe ici lui-même l’adaptation de son roman, mais sans se contenter de reprendre tout point par point. Ainsi, le personnage d’Emmanuelle Devos prend beaucoup plus d’importance, bien que l’intrigue soit toujours très marcocentrée (on n’a aucune information que n’a pas Marc). La fin est modifiée pour être moins tragique et nihiliste (non, ce n’est pas un spoiler, arrêtez avec votre paranoïa). La volonté (relative) de se renouveler qui habite Carrère quand il passe de l’écriture à la réalisation ne se traduit cependant pas par une modification brutale de l’histoire comme cela était le cas avec Immortel de Enki Bilal (NdR : adaptation de la trilogie Nikopol) ; le spectateur, qu’il ait ou non lu le roman, ne sera certainement pas choqué par l’issue du film (à moins d’être un puriste et d’avoir vu dans le livre une logique qu’il ne retrouverait pas ici, mais ça m’étonnerait quand même un peu).
Au-delà de ces considérations, que dire du film pour lui-même ? Emmanuel Carrère souhaitait que son fil ne dépasse pas une heure et demie ; qu’il en soit ici remercié car j’ai trouvé le temps de m’ennuyer un chouïa pendant ces 86 minutes (moins le générique de fin qui plus est). Les transports en commun à Honk Kong, c’est bien joli (ou pas), mais ça va cinq minutes ; de même Emmanuelle Devos est – volontairement ? – horripilante et beaucoup de ses répliques mériteraient un bon coup de ciseaux au montage. La bande son est assez étonnante dans la mesure où elle est composée d’un seul titre – le concerto pour violon de Philip Glass – qui revient sans cesse, sans même une seule variation (comme dans Requiem for a Dream par exemple), musique sympathique (mais sans plus) tant qu’elle est dans le contexte du film ; au moins cela nous évitera sans doute de retrouver la BO en tête de gondole chez chutchutpasdemarques.
Bref, un film bien interprété, efficace, mais pas transcendant et qui finit, à l’image de son réalisateur, par tourner en rond.


29/08/2005


Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :

puce Nos films cultes : Blade Runner
puce Les poupées russes
puce L'empire des loups
puce Les mots bleus
puce Closer, entre adultes consentants

Commentaires

Poster un commentaire

Rien compris au film...

03/08/2005 22:25:00 - OompasLoopas

Ben moi je l'ai trouvé trés bien ce film! En fait il n'est pas incohérent, mais il parait incohérent! Nuance...Ce n'est pas parce qu'il est incompréhensible qu'il n'a pas de sens et qu'il n'y a rien à comprendre... Il faut penser à l'envers, c'est comme une équation, il faut partir de l'inconnue: quand quelqu'un se rase la moustache, on s'en aperçoit forcément; si ce n'est pas le cas ce n'est pas normal... Il y a là un élément qui nous manque et qui permet de déformer le récit. Je vous pose la question autrement, qu'est-ce qui permet de déformer une histoire ? La folie pourquoi pas, mais je penche pour le rêve, tout simplement. La folie n'explique pas tout (le lacet, Hong Kong, la carte postale d'Hong Kong). Il y a des éléments narratifs trés subtils qui soulignent le fait qu'il rêve: le récit est rythmé par des fondus au noir trés doux qui s'accordent avec l'univers du rêve. Le film commence à Hong Kong, si, si, rappellez vous le générique de début est sur fond d'eau... Le dernier plan du film est un plan du héros qui se réveille... Bon voilà: Le film est en "2 parties", la première à Paris, la deuxième à Hong Kong. En fait tout n'est qu'un rêve jusqu'à la fin où Marc se réveille. C'est l'histoire d'un type qui est parti en vacances à HK avec Agnès sa femme, ils habitent un petit hôtel tranquile, c'est leur dernier jour de vacances, elle le chambre avec sa moustache, elle aimerait le voir sans (ça le vieillit). Il la rase, elle le remarque et ils se couchent, il s'endort et rêve alors qu'il est à Paris- oubliant HongKong- et qu'un soir il se rase la moustache pour faire une blague et là sa femme ne s'en aperçoit pas, et ses amis non plus comme dans les rêves bizarres où on est mal à l'aise, tout est pareil mais pas pareil: -inversé (elle aime le foot et lui offre une veste hideuse sachant que généralement les femmes ont plus de goût que leurs maris...). - cauchemardesque (le dîner chez l'ex de sa femme, où en plus ce dernier raconte une anecdote personnelle datant de leur relation, ce type est vraiment la figure de con qu'on aimerait boxer)... -encore du cauchemar: il apprend la mort de son père (qui dans la réalité n'est pas mort). -absurde: il n'est jamais allé à Bali ! Pourtant il en a des souvenirs et même des photos où il est moustachu (car dans la réalité ils ont dû y partir avec Agnès en vacances une année). Là c'est trop, quelque chose cloche, c'est un cauchemar! Fuyons! Comme à l'accoutumée dans les rêves à la con, il part en chaussettes sous le pluie, il ne sait pas où aller mais il sait qu'il faut sortir de cet enfer, finalement où çà? A Hong Kong! Pourquoi HK et pas Bornéo? hé bien comme quand nous sommes prisonniers d'un cauchemar, il tente de trouver une sortie, il ne réalise pas qu'il rêve, et quelque chose lui dit d'aller là-bas, la clé est là-bas...une fois arrivé vous remarquerez qu'il savait (sans savoir) où il allait. Presque "machinalement" il se rend à l'hôtel, il y a une drôle d'impression, il attend que quelque chose se passe, il écrit une carte qu'il ne poste pas (la carte est importante elle permet de determiner plus tard s'il rêve encore ou non). Le lendemain rien ne s'est produit, il rentre...et puis il a l' intime conviction que non, la sortie n'est pas loin, il le sent...il erre alors dans le ferry comme dans un labyrinthe, comme dans un rêve où on rentre chez soi, on cherche sa porte d'entrée...et elle n'y est pas! On a beau passer et repasser...pas moyen! Finalement, fatigué il trouvera un endroit où s'arrêter...pourquoi cet hôtel, pourquoi là précisément? 2e Partie Là il faut remarquer que jusqu'à présent il était vétu d'une chemise blanche et de sa veste af

02/11/2005 18:54:00 - Emmanuel Carrère

merci pour cette explikation!!! j'ai adoré le coté derangeant du film mais j'avoue ne pas avoir tout compris

13/02/2006 10:28:00 -

Poster un commentaire


Rechercher une séance


Edito

cinema/cinema.jpg

puce La rubrique cinéma, en partenariat avec Cinéquanon, vous fait découvrir les sorties du moment et les films cultes à voir et à revoir.

cinema/cinequanon.jpg

puce Simples cinéphiles ou véritables mordus du cinéma, vous voulez écrire un article sur un film ou nous aider à faire vivre la rubrique et rejoindre notre équipe de rédacteurs:

Ecrivez à cinema@esseclive.com

N'hésitez pas, si vous avez des réclamations, des suggestions, le nouveau forum est là pour ça!!!

http://forum.esseclive.com/

cinema/esseclive-patte.gif

Partenaires

société générale