« Mort à l’écran », le premier film de Jonathan (E2) et Alexis Ferrebeuf (E4), avec Lambert Wilson et MC Solaar. Ou comment deux ESSEC réalisent un court-métrage percutant et acerbe sur les dérives de la télé-réalité.
Jusqu’où peut aller la télé-réalité ?
Voilà une question qui ne peut pas laisser indifférent. Des débuts de Loft Story jusqu’à la quatrième saison de Star Academy, une relation de dépendance semble s’être installée entre le téléspectateur français et ce nouveau type d’émissions… Est-ce le pouvoir d’influer sur la vie de tiers ou simplement l’avidité de sensationnalisme qui nourrit cette relation ? Difficile de trancher, mais toujours est-il que derrière cette question, se cache un vrai débat public de société.
Et c’est sur ce débat que s’appuient Alexis, le réalisateur, et Jonathan, le producteur, pour construire leur film. Ils prennent comme point de départ un projet de loi proposé aux Etats-Unis en 2003, autorisant la diffusion d’exécutions capitales à la télévision. Le synopsis du film est alors parfait : un condamné à mort se voit offrir la chance d’être gracié au cours d’une nouvelle émission de télévision.
Esseclive a eu le privilège de se voir invité à l’avant-première de « Mort à l’écran ». L’ambiance était très jet-set au club de l’Etoile où les deux frères avaient préparé une soirée spéciale pour célébrer la sortie de leur court-métrage. Les acteurs et toute l’équipe du film étaient présents pour l’événement. Des personnalités comme Pierre Cardin ou Pierre Tapie s’étaient également déplacés. Jonathan et Alexis étaient visiblement tendus au moment où le rideau s’ouvrait sur (leur ?) « Mort à l’écran ».
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on reste bluffé par la maîtrise technique et scénaristique dont fait preuve Alexis Ferrebeuf. L’ambiance est extraordinaire, un mélange de cynisme et de tragique dans une œuvre qui trace un portrait amer du téléspectateur lambda d’aujourd’hui. Le film est véritablement porté par la performance remarquable de Lambert Wilson, incroyable de réalisme dans le rôle du présentateur de télévision plus obnubilé par ses scores d’audience que par l’aberration monstrueuse que constitue son émission.
MC Solaar, pour ses grands débuts d’acteur, excelle dans le rôle silencieux et tout en expression corporelle du condamné à mort. Son visage se décompose au fur et à mesure des plaidoiries dérisoires de ses défenseurs et à mesure que se rapproche la terrible conclusion de sa vie.
Le film est court (et oui, par définition…) et donc ce serait vous dévoiler le film que d’en dire plus. Mais croyez-moi, pour leur premier film, Winbros, la société de production créée par les deux frères, a fait très fort. Je vous conseille de vous procurer le DVD, vous ne serez pas déçus.
En résumé donc, un excellent film, que je vous conseille fortement.
Il démontre le talent des deux frères, et la diversité des parcours des étudiants ESSEC.
Pour vous faire une première idée du film, n’hésitez pas à visionner les 80 premières secondes sur www.mortalecran.com
09/06/2005
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09/06/2005 16:57:00 - guillaume