Sortie le 27 Avril 2005. Film canadien. Genre : Documentaire. Réalisé par Avi Lewis, Naomi Klein.
A la suite de la crise économique argentine de 2001, 30 ouvriers de la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine et refusent de la quitter. Ils demandent le droit de faire repartir les machines, de reprendre le travail. Fondant la Nouvelle Coopérative des Ouvriers de la Forja, ils vont devoir faire face à leurs anciens patrons, aux banquiers, au système tout entier.
Ce film remet certaines idées en place concernant l’Argentine d’une part, et les voies suivies par la mondialisation d’autre part (notamment les concepts défendus par le FMI, et leurs conséquences sur les pays émergents).
Meilleur élève du FMI à la fin des années 90, l’Argentine est aujourd’hui à la tête de la plus grande banqueroute qu’un pays n’ait jamais déclaré. A partir de ce constat, les deux comparses, activistes érudits (pas le militant alter mondialiste de base, quoi) tentent de définir, au delà de la dénonciation, de montrer qu’une autre mondialisation est possible. Ici, elle passe par l’autogestion, non pas imposée par un parti ou un gouvernement, mais voulue par les ouvriers eux-mêmes, entreprise par entreprise.
Le documentaire, engagé, scénarisé par Naomi Klein, a parfois des accents ‘Michael Mooriens’ : narration en voix off illustrant un montage efficace, trame chronologique facilitant l’immersion dans l’image… Le documentaire exploite le style moderne, peut être moins objectif qu’un exposé, mais plus efficace, digeste, et apte à traduire une pensée. De plus, dieux merci Naomi Klein et Avi (quel prénom à la con !) Lewis évitent le pathos moorien qui gâchaient son propos, prenant justement ici un recul propice à faire retenir les chiffres et les faits. Ils n’agressent pas les patrons, parce qu’une interview suffit déjà, et ne se mettent pas toujours devant la caméra, restant la plupart du temps observateurs passifs.
Je sais, ma critique n’est pas très funky, mais cela est dû au fait que ce documentaire, sans me convaincre, m’a plus qu’intéressé au sujet de l’autogestion. Je tiens à en parler brièvement, même si vous allez tous aller voir ce film !
Le principal obstacle à l’autogestion n’est autre que la réticence et l’incompréhension des politiques, suivie de près par des patrons qui après avoir abandonné leur usine pour cause de non rentabilité veulent revenir lorsque les employés – qu’ils n’ont pas payé pendant plusieurs années – ont redressé l’usine, retrouvé des clients, se sont serré la ceinture. Au cas par cas les conseils municipaux valident les expropriations des patrons (pour cause d’abandon et en réparation du non paiement des salaires) et offrent un statut légal aux coopératives, mais le projet de loi nationale sur l’expropriation semble encore loin, et souvent, des occupations d’usines sont violemment réprimées (la répression en elle-même n’est pas blâmable, mais le fait qu’il y ait des morts si).
Aujourd’hui, plus de 200 entreprises argentines sont devenues des coopératives, sauvegardant et créant en trois ans plus de 15 000 emplois. Cela semble peu, mais c’est beaucoup pour un mouvement peu coordonné, sans soutien politique majeur, et en si peu de temps…Ca n’est sûrement pas l’unique solution (ça n’est d’ailleurs pas présenté comme tel), mais c’est en tout cas une alternative constructive et à observer.
En cela, le documentaire d’Avi (bon sang, ce prénom !!) Lewis et Naomi Klein est un succès : il propose une autre voie de mondialisation, compatible avec l’économie de libers marchés, mais qui ne lui ressemble pas.
Viva la Revoluçion !!
29/08/2005
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Bo,jour,
je viens de voir l'annonce de ce film documentaire comment je peux me le procurer. j'habite en belgique voulez-vous bien m'informer des conditions ou m'indiquer le magsin qui le distribue. merci
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Bo,jour, je viens de voir l'annonce de ce film documentaire comment je peux me le procurer. j'habite en belgique voulez-vous bien m'informer des conditions ou m'indiquer le magsin qui le distribue. merci
04/05/2005 10:15:00 - mutuale christian