Un western gay victime de son conformisme. L'ultime imposture intellectuelle ?
Le secret de Brokeback Mountain
Date de sortie : 18 Janvier 2006. Film américain. Genre: comédie dramatique, romance Réalisé par Ang Leea avec Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Michelle Williams
Du dernier film d'Ang Lee, il n'y a presque rien à dire. Western gay et vendu partout comme tel, prestige movie estampillé auteur, film à oscars, pire, beau film, où, aux beaux paysages, à l'universalité des sentiments, aux replis inexplorés et mystérieux de l'âme humaine, se mêle le jeu des acteurs, juste, puissant, sincère, nuancé (je t'aime, je ne t'aime plus, je pleure, je ne pleure plus... soit au moins quatre expressions différentes...), etc.
Au demeurant, perspective excitante que celle du metteur en scène, s'approprier le genre même de la virilité, le western donc, et y exposer l'homosexualité de ses héros en la filmant au grand jour, sans ambiguïté, là où d'autres, pour laisser comprendre, ne mentionnaient que la simple alternative entre moule et escargot. Du western, toutefois, il ne retiendra non sa structure dramatique, ses enjeux –ici absents- mais ses bottes et ses chemises. "Conventions, contraintes, rébellion. Voilà les thèmes qui me passionnent depuis que je suis arrivé aux Etats-Unis", affirme Lee.
Conventions: celles du film d'amour, du beau film, bien sûr. Brèves escapades parce que amour impossible. Désir de l'être manqué. Tact ambiant. Musique country parce que western.
Contraintes: celles du film d'amour, du beau film bien sûr, je t'aime mais ça n'est pas possible. Contraintes sociales, dans une Amérique blasée, coincée, rigide, 1970 mais jamais très loin de la fin du 19e siècle, camions de routiers pareils que des charrettes.
Rébellion: que dalle, niet, nada, connaît pas. Les deux cow boys s'aiment mais ne se retrouvent pas, se marient, fondent une famille. Voir également conventions.
De là, non pas victoire de la convention, mais défaite de la volonté. De là également la paralysie du film, la même que celle de ses personnages, l'ennui, deux heures et quart durant, devant les amours contrariés de deux héros qui n'existent pas vraiment. Lourdeur du mélodrame, faiblesse du récit alternant retrouvailles et séparations. Histoire d'empêchement qui trouve dans ce motif bizarre son propre empêchement, l'idée de faire du surplace. Belle mécanique donc, mais tournant à vide, vaine et sans surprise.
Note finale du film:
14/02/2008
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"non pas victoire de la convention, mais défaite de la volonté"
--> oui
"paralysie du film, la même que celle de ses personnages, l'ennui, deux heures et quart durant, devant les amours contrariés de deux héros qui n'existent pas vraiment"
--> oui
mais tout ça fait le prix du film, sa beauté, son émotion. Cet ennui est calculé, c'est celui de la vie ratée de ces 2 hommes.
c'est marrant on dirait que tu reproches aux personnages leur lacheté, mais c'est la même que celle des 2 héros de In the mood for love, une lacheté créatrice d'émotion, une lacheté terrible créatrice d'une grande tristesse.
j'achète, malgré les "lourdeurs du mélodrame" que tu épingles à juste titre.
Moi, je vais plutôt me faire l'avocate de ce film. Je l'ai trouvé sincère et le jeu des acteurs est très touchant. Il ne bascule pas dans le graveleux ou le pathos, ce qu'on aurait pu craindre. Merci Cine Qua Non pour cette avant-première bien appréciable!
Je vais allé voir ce film demain j'ai hâte, je connais à peu près l'histoire et je pense qu'il est magnifique. Ce n'est pas un western gay je déteste cette expression, il s'agit plus exactement d'un film emouvant où les acteurs ce sont donnés à 200% est mérite d'être récompensé pour leur interprétation, ma soeur a vu ce film et pour elle, il est magnifique est mérite réellement d'être vu!
PO franchement soit tu n'a pas vu le film, soit tu la vu qu'a moitié !!!
Ce film a pour l'instant déja raflé 3 Oscars et un Lion d'Or, je ne comprends donc pas le sens que tu donne a ta critique, Je suis tout a fait d'accord que chacun percois les choses differement, mais de les percevoir aussi differement, je ne comprends vraiment pas !
Perso je ne suis ni Gay, ni Bi, je suis juste hétéro et ce film m'a vraiement touché.
Je ne voulais absolument pas le voir, mais au bout de 20min j'etais vraiment dedans, les paysages, l'histoire, les acteurs, l'emotions, l'ambiance, bref tout est la pour que les 2h15 de ce film passe trop vite, a la fin mm on est pret a attendre encore plus longtemps dans l'espoir que... Bref moi j'ai adoré ce film et il fait aujourd'hui partit de mes films preferés.
Ce film etre tout simplement "Sublime", c'est un chef d'oeuvre et je pese mes mots !
L'histoire est vraiment original, c'est une carte que le cinéma actuel n'avait pas encore en main. Voila ;)
Pareil, incompréhension totale devant la critique. Ce film est beau, pas niais (ça change), demande peut-être quelques réajustements mineurs rapport au fait que c'est une histoire d'amour mais avec deux mecs, mais réussit à procurer l'émotion. Le fait que ce soit un couple homo et non hétéro nous évite les grandes déclarations d'amour sirupeuses (à peine un "tu me manques tellement que c'est insupportable", lâché au bout de vingt ans, ça va), et en même temps il n'y en a pas besoin pour comprendre que les deux personnages s'aiment. Je ne sais pas où tu as vu le "je t'aime, je ne t'aime plus", parce que ce n'est jamais vraiment le cas; seulement les deux personnages sont aux prises avec l'interdit de leur situation. On pourrait même aller plus loin, en disant qu'Ennis et Jack ne sont pas vraiment gays (ils ont, après tout, des relations fonctionnelles avec leurs épouses), mais simplement qu'ils se sont trouvés et que le fait qu'ils sont tous deux des hommes n'est que très accessoire à leur histoire. C'est filmé avec énormémment de retenue, et en même temps avec réalisme: si cette histoire se produisait dans la "vraie vie ", c'est probablement de cette manière qu'elle se passerait. Au final, un très beau film, qui, avouons-le sans honte, a même réussi à m'arracher quelques larmes.
Curieuse critique, le film est hyper réaliste, il semble que beaucoups se font des illusions sur la possibilité de trouver une autre issue à cette histoire. La vie des homos, pas celle visible comme les boîtes de nuit ou les parades hystériques, est exactement celle montrée dans le film. Imaginez vous dans le Cantal au milieu des paysans ou dans une ville ouvrière, jamais personne ne vous laissera vivre entre hommes ou entre femmes, vous vivrez oui, mais vous serez totalement exclus de la vie sociale au mieux, au pire vos chers voisins, votre famille, vos employeurs, feront tout ce qui est possible pour detruire votre vie. Seule une vie comme celle d'Ennis est possible, Jack lui, en enfreignant cette regle est mort. A vous de trouver une autre solution.
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Marrante l'étymologie du titre, quand on y pense. ;-)
23/01/2006 12:47:00 - PE