Voici une deuxième critique (et de taille) pour ce film qui suscite de si grands débats au sein de la communauté Essec!
Critique
L'introduction du film, sombre, violente et humoristique, donne bien le ton de ce nouveau James Bond. La scène est en noir et blanc, à la façon d'un vieux film d'espionnage. Notre agent secret tout juste promu 007 se tient tapi dans le noir, attendant que le méchant rentre chez lui. Le méchant arrive et se moque de notre homme, doutant qu'il ait déjà tué. James Bond le rassure, oui bien-sûr : deux fois ! Première fois : flashback sur une scène violente où James Bond tue un autre méchant dans les toilettes, l'assommant et le noyant - tous les moyens sont bons pour le faire expirer. Deuxième fois : elle ne va pas tarder à avoir lieu.
S'ensuit le générique, « You know my name » une chanson rock interprétée par Chris Cornell, le chanteur de Soundgarden et plus récemment d'Audioslave. Cela change des génériques de Tina Turner ou Madonna, et cela contribue aussi à donner le ton du film. Pas d'ombres de femmes qui se tortillent sur l'écran, juste des meurtres perpétrés avec des cartes à jouer...
A présent, voyons quelle est l'histoire de ce film... Casino Royale est l'adaptation du tout premier roman de Ian Fleming publié en 1953. On se situe donc au début de la carrière de James Bond en tant qu'agent secret au service de sa majesté. Pour sa première mission, le nouveau double zéro doit affronter Le Chiffre, que l'on pourrait qualifier de banquier du terrorisme. Le Chiffre a des dettes envers bien des clients qui le traquent jusqu'à ce qu'il les ait remboursés. Le Chiffre cherche donc de l'argent partout, quitte à vendre des actions à découvert et à faire exploser un avion pour faire baisser le cours de bourse de la compagnie aérienne et empocher le pactole. Mais James Bond fait capoter son plan in extremis. Acculé, Le Chiffre organise une partie de poker à haut risque au Casino Royale. James Bond, seul agent du service à savoir jouer au poker (ça tombe à pic) doit l'affronter afin de le ruiner et démanteler son réseau de financement du terrorisme.
Il est accompagné par une comptable séduisante et fière, Vesper, qui doit veiller à ce que James Bond ne dilapide pas l'argent du Trésor britannique qui lui sert de mise.
Evidemment, une histoire d'amour finit par se nouer, et alors que les deux tourtereaux croient avoir échappé au Chiffre et à ses hommes, d'autres difficultés surviennent, apprenant à 007 qu'il ne peut se fier à personne...
On sent un air de Goldeneye dans ce film (rappelez-vous, la course en Aston Martin, le grand hôtel, la scène au casino,...) et c'est normal puisque l'on a affaire au même réalisateur, Martin Campbell. Par contre, le scénario n'a rien à voir avec les précédents films, et il est finalement si simple que l'on se demande comment on va réussir à passer deux heures dessus. Mais les rebondissements ne font pas défaut et quelques questions demeurent non résolues à la fin du film. On pourra quand même déplorer quelques longueurs, et le film met pas mal de temps à se mettre en route.
Quant à Daniel Craig, une fois passées les premières minutes du film où l'on s'attend, par habitude, à voir surgir Pierce Brosnan à tous les coins de scène, on finit par s'y habituer, et même par l'apprécier. Il réussit à se mettre dans la peau d'un homme solitaire, brutal et sombre, loin de l'image raffinée que l'on peut avoir du flegmatique anglais incarné par Pierce Brosnan ou ses prédécesseurs. C'est un retour aux sources réussi et il fallait bien un nouvel acteur pour redonner un nouveau souffle à la saga.
Car si la saga avait pris des airs de blockbuster américain avec les derniers films en date qui surenchérissaient d'effets spéciaux et de scènes d'action improbables, ce n'est pas le cas dans Casino Royale. Pas de gadgets inutiles, moins de scènes d'action que d'habitude mais qui ne manquent pas de punch et de crédibilité (sauf peut-être l'épisode de la grue au début...), et la durée de vie de la voiture est la plus courte de toute l'histoire de James Bond !
Au final, Casino Royale n'est pas un film d'action. Sur quoi repose le film, allez-vous donc me dire ? Sur l'évolution du personnage de Bond, incontestablement. Et elle a lieu au contact de Vesper, incarnée par la belle Eva Green. « Vesper n'a rien à voir avec la James Bond Girl classique qui se ballade en bikini en brandissant des armes à feu. Elle est bien autre chose que ça. C'est le premier personnage féminin qu'ait écrit Ian Fleming et elle a un impact extraordinairement puissant sur la vie de Bond. Elle est le fondement de toutes les femmes qui vont suivre, et l'explication du comportement de Bond avec la gent féminine. » disait l'actrice Eva Green. Et on ressent exactement cela dans le film. Au départ, James Bond est un solitaire, un tueur violent, et quand il cède à ses sentiments et croit vivre une véritable histoire d'amour, il finit par se sentir trahi. Rien ne sera plus jamais comme avant.
L'humour est incontestablement présent et les fans ne seront pas déçus des moyens trouvés pour rester dans l'esprit de la saga, avec des clins d'œil aux films précédents, tout en innovant. Un exemple amusant : « Une Vodka Martini : au shaker ou à la cuillère ? » demande de le serveur. « Qu'est-ce que j'en ai à foutre ?! » rétorque Bond.
En conclusion, qu'en penser ? Si ce que vous aimiez dans les James Bond était l'assurance de passer un bon moment devant un film spectaculaire, bourré de scènes d'action et d'effets spéciaux, servi par des filles légèrement vêtues et par un premier rôle incarné par un beau brun ténébreux, vous risquez d'être déçus.
Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié ce nouveau tournant pris par la saga et malgré la noirceur du film, je trouve qu'il nous offre un grand bol d'air frais par rapport aux précédents. Daniel Craig a déjà signé pour un prochain opus. Espérons qu'il continuera dans la même veine !
Note du film :
08/12/2006
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