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Les films de l'année 2006

Good night, and good luck

Good night, and good luck

Un noir et blanc superbe, le mélange réussi d'images d'archive et de fiction, des personnages passionnés et charismatiques.


 

Date de sortie : 04 Janvier 2006
Film américain. Genre : Drame, Historique
Réalisé par George Clooney
Avec David Strathairn, George Clooney, Robert Downey Jr
.

 

 

 

Présentation rapide:

Comment, dans les années 50, Edward R. Murrow, le présentateur du journal télévisé de CBS de l'époque, et le producteur Fred Friendly contribuèrent à la chute du sénateur Joseph McCarthy, à l'origine de la tristement célèbre chasse aux sorcières.

Un noir et blanc superbe, le mélange réussi d'images d'archive et de fiction, des personnages passionnés et charismatiques (mention spéciale à la révélation David Strathairn en Edward Murrow, figure du journaliste militant), un combat de tous les instants entre presse et politique qui s'est réellement déroulé... Georges Clooney confirme son talent de réalisateur en filmant d'une superbe manière une histoire passionnante.

 

A DECOUVRIR JEUDI 21 EN GRAND AMPHI, APRES LA NOTE D'AVE A 20H!!!

 

Extraits presse :

« Good Night and Good Luck, magnifique leçon de journalisme à la fois rigoureux et engagé, montre la nécessité, toujours actuelle, du quatrième pouvoir. » Le Figaro

« Autant d'audaces qui font de Good night and good luck un film captivant, inattendu, bouleversant parfois. Un des pamphlets les plus forts de ces dernières années, dont on ressort ébranlé. » MCinéma.com

«Un film intègre et émouvant sur le maccarthysme. La star Clooney réussit son nouveau passage derrière la caméra. » Les Inrockuptibles

 

 

Cine Qua Non te propose aussi une critique un peu plus détaillée de ce film coup de cœur :

 

 

George Clooney, acteur prolifique, élégant quarantenaire ayant pris la place de Cary Grant dans le cœur de la ménagère américaine, producteur engagé dans la vie publique de son pays et co-fondateur, avec Steven Soderbergh, de la société de production Section 8, fit son entrée dans le monde de la réalisation en 2003 avec une petite sucrerie indépendante, retorse mais inoffensive, Confessions d'un homme dangereux. Et déjà, le portrait nostalgique et néanmoins acide du microcosme télévisuel des années 60. Son deuxième film, Good night, and good luck., revient sur ce milieu, dans les années 50 cette fois, avant le grand relâchement des sixties et en plein ouragan maccarthyste. On était en droit d'attendre un agréable divertissement, assaisonné d'un peu de réflexion, forcément light. Surprise, Clooney nous offre une réflexion, riche, quitte à négliger, par moment, le pur divertissement.

Le film se distingue tout d'abord par la grande sobriété de son dispositif formel. Située dans un lieu quasiment unique (les bureaux de la chaîne d'information CBS et quelques lieux avenants), l'action est centrée sur la rédaction d'un show télévisuel, très populaire dans les années 50, présenté par Edward Murrow. Ce dernier, joué par David Strathairn (brillant, une révélation), est le premier journaliste de télévision - le film omet de le dire, mais la presse avait déjà écorné l'image de McCarthy lorsque Murrow est entré en jeu - à avoir osé s'attaquer publiquement au sénateur Joseph McCarthy, instigateur et meneur de la féroce chasse aux sorcières anti-communiste dans les années 50.

Alors que nombre de films auraient fait diversion à mi-course, multipliant les intrigues secondaires pour ne pas risquer d'ennuyer le spectateur pop-corn, Clooney, lui, reste stoïque (avantage de travailler en indépendant) et s'en tient à son strict programme : de la politique, rien que de la politique. Il y a bien une intrigue secondaire, une amourache secrète entre deux journalistes (Robert Downey Jr, Patricia Clarkson) au sein de la rédaction, mais elle n'est là que pour renforcer la trame principale. A travers leur histoire, dont on se demande un instant l'utilité, Clooney démontre que le culte du secret n'a plus de limite dans l'Amérique maccarthyste, que le cercle privé est totalement contaminé par la peur et la paranoïa, bref, que tout est politique.

Et qui dit politique, dit parole. Le film se déploie ainsi au gré d'un flot continu de parole, une parole âpre, pointu, sans concession pour le spectateur. Sans pour autant le scruter de haut, Clooney refuse de le prendre par la main, de lui imposer un discours pédagogique et lénifiant. Sa stratégie de mise en scène est exemplaire : au lieu de faire glisser la parole, comme le flux télévisuel nous y a habitué, il la fait vibrer, en vrai cinéaste, la fait swinguer au rythme d'interlude jazzy, joués par la sublime Diana Reeves, et l'utilise aussi comme une arme, à double tranchant.

Pour cela, Clooney alterne des plans nerveux, très découpés, caméra à l'épaule, rendant palpable la tension au sein de la rédaction, et des plans serrés, sobres, posés, sculptant les visages en de magnifiques clairs-obscurs. Les discours de Murrow contre McCarthy, véritables battements de cœur du film, sont quant à eux filmés en gros plan, zoomant progressivement pour accroître l'intensité du propos. Ce procédé de mise en scène, souvent obscène et facile (notamment à la télévision), fait ici des merveilles, tant il n'entache pas la rigueur et le sérieux du discours de Murrow. Son phrasé lent et tranchant, ses formules ciselées comme des sabres, son corps allongé de dandy, son visage émacié que rien jamais n'altère, la fumée de ses cigarettes - au passage, le film est un beau pied de nez aux censeurs hollywoodiens qui voudraient effacer des écrans toute trace de cigarette - tout concourt à donner au personnage l'allure d'un chevalier du verbe traquant le dragon McCarthy. Murrow : 1 / McCarthy : 0

Outre le minimalisme du dispositif, le deuxième coup de génie de Clooney est d'avoir incrusté dans son film des images documentaires, justifiant ainsi l'emploi du noir et blanc autrement que par une paresseuse caution arty. En effet, McCarthy n'est pas joué par un acteur et on ne le voit que par le biais d'authentiques images d'archive. Projetées sur les nombreux écrans du studio, elles confèrent au sénateur une présence à la fois terrifiante, proche de Big Brother, et irréelle, fantomatique. Le dispositif minimaliste prend ici tout son sens : en concentrant l'action dans un studio télé, Clooney propose, au-delà d'un réquisitoire historico-politique, une réflexion passionnante sur la lutte entre les régimes d'images, entre la fiction et le documentaire.

Loin de s'annuler, les deux régimes viennent au contraire se renforcer l'un l'autre. Ainsi, les images d'archives donnent plus de véracité à la fiction, tandis que cette dernière confère à la partie documentaire la profondeur qui lui fait défaut. Un pur documentaire historique n'aurait pas permis de s'intéresser d'aussi près à l'intimité des personnages, de scruter leurs consciences au moment des faits; une simple fiction aurait quant à elle rapidement épuisé les ficelles du film politique à thèse : accusé McCarthy levez-vous ! et toute la litanie des sentences. Good night, and good luck. n'a pas vocation à être objectif, bien entendu. Il est un parti pris assumé. Mais en refusant le jeu du pantomime (à l'instar de l'exemplaire 'Hitler, une histoire d'Allemagne' de Syberberg, à l'opposé du moins exemplaire La chute de Oliver Hirschbiegel), il offre un procès juste et digne à McCarthy. Celui-ci est face à l'Histoire, face à ses juges, non pas comme on a pu le fantasmer, mais comme il fut vraiment. Murrow : 2 / McCarthy : 0

En fin de compte, la parabole sur Bush et les Etats-Unis d'aujourd'hui, que n'a pas manqué de souligner Clooney dans les interviews, compte assez peu au regard du reste. Tout film historique n'a-t-il pas vocation à délivrer un message sur le temps présent ? Cela semble évident, tout aussi évident que la parabole ne s'adresse pas qu'aux Etats-Unis (que dire du 4e pouvoir en Chiraquie ? et en Berlusconie ?). Mais la grandeur de Good night, and good luck. dépasse de loin son message politique. En en faisant un film sur la parole, la parole qui vibre, la parole qui swingue, la parole qui tue (des innocents, comme un présentateur trop sensible, ou des coupables, tel un sénateur du Wisconsin), George Clooney se fait son plus brillant défenseur. Saint-Georges 3 / Le dragon : 0.

 

Note du film: cinema/note4.gif

 


18/09/2006


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Commentaires

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Déçu! Le film est lent, les personnages passent leur temps à fumer, on fini presque par etouffer visuellement! vraiment, j'en attendais beaucoup, je n'ai pas eu du tout le film de qualité que j'attendais.

18/09/2006 19:19:00 - Guiguii

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