Date de sortie : 22 Mai 2006 Film italien. Genre : Comédie Réalisé par Nanni Moretti Avec Silvio Orlando, Margherita Buy, Daniele Rampello
Une intrigue tarabiscotée, qui finalement n'est pas centrée sur Berlusconi mais sur Bruno, un producteur raté. On n'y apprend rien qu'on ne sache déjà : l'utilisation d'images d'archives, c'est là beaucoup de bruit pour rien. Elles ne sont pas intégrées au film, mais regardées à la télé par les protagonistes, une vision à double détente qui gomme toute l'intensité. Elles ne durent d'ailleurs que peu de temps, et il s'agit en général d'images déjà connues. La visée politique du film est donc loin d'être son principal atout : on est plus proche de la satire infantile du méchant Berlusconi que de l'analyse nourrie et construite.
C'est en réalité lors des scènes familiales que Nanni Moretti s'illustre, aussi co-existent dans son film platitude du politique et fulgurance du sentiment. C'est le cas des histoires que Bruno raconte à ses enfants. Si ces histoires loufoques, s'inspirant de son dernier film Cataractes, ne sont pas sans rappeler le côté déjanté que l'on peut retrouver dans certains Almodovar, c'est avant tout l'authenticité des sentiments qui nous marque dans les rapports père-fils. Le film nous convie à cette chaleureuse intimité faite d'humour et d'amour qui s'apparente par moments à la relation de Guido et son fils Giosue dans La Vie est Belle de Benigni.
Malheureusement, le spectateur ne s'attache pas assez à ces moments précieux, puisqu'il recherche avant tout le politique. Il ne les considère que comme de petits extras, des boni autour du nœud principal. Or cette intrigue centrale tarde à venir, ne dit pas son nom, hésite, pour finalement ne rien apporter.
Alors qu'il est si doué pour saisir la vivacité des interactions humaines, on déplore que Nanni Moretti n'ait pas plus approfondi la relation entre Bruno et Teresa : l'annonce de l'homosexualité de celle-ci tombe à plat. Le personnage de Teresa, jeune réalisatrice débutante interprétée par Jasmine Trinca (la fragile Giorgia de Nos Meilleures Années) manque en effet de profondeur et le rôle n'exploite pas les talents de cette remarquable actrice, réduite à une vulgaire passionnaria.
Le véritable morceau de bravoure est réservé à Nanni Moretti lui-même pour un final magistral, où Berlusconi s'éloigne, à la fois condamné et intouchable, tel Néron quittant la ville en flammes. La musique et la théatralité du dernier tableau nous emportent, dommage que cela n'arrive qu'à la fin du film.
Note du film:
14/06/2006
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :
J'ai trouvé ce film très agaçant. A l'intrigue psychologique de Bruno qui n'arrive pas à se développer, quoique par moments très bien rendue, vient se greffer ce film sur Berlusconi qui lui non plus n'arrive pas à aboutir. Finalement les 5 dernières minutes sauvent le film par leur caractère visionnaire et engagé mais pourquoi traîner ces lamentables 100 premières minutes sans les allumer d'un quelconque intérêt. Dommage car Nanni Moretti nous a déjà donné des films très personnels et attachants. Peut être s'est il égaré dans un propos trop intellectuel.
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J'ai trouvé ce film très agaçant. A l'intrigue psychologique de Bruno qui n'arrive pas à se développer, quoique par moments très bien rendue, vient se greffer ce film sur Berlusconi qui lui non plus n'arrive pas à aboutir. Finalement les 5 dernières minutes sauvent le film par leur caractère visionnaire et engagé mais pourquoi traîner ces lamentables 100 premières minutes sans les allumer d'un quelconque intérêt. Dommage car Nanni Moretti nous a déjà donné des films très personnels et attachants. Peut être s'est il égaré dans un propos trop intellectuel.
03/07/2006 18:29:00 - carla wattel