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Les films de l'année 2006

Le Dahlia Noir

Le Dahlia Noir

Date de sortie : 08 Novembre 2006
Film américain. Genre : Policier, Thriller
Réalisé par Brian de Palma
Avec Josh Hartnett, Scarlett Johansson, Hilary Swank



Bien des années plus tard, Brian De Palma mettrait en scène le Dahlia noir. S'imposeraient alors deux remarques, plutôt deux mises en garde.

1.
A nos yeux, Snake eyes, Femme fatale et le si chahuté Mission to Mars sont des oeuvres magnifiques, bien qu'imparfaites.

2. De loin, et loin s'en faut, ce dahlia n'est pas le plus facile à aimer des films de De Palma. Volontairement obscur et déplaçant son récit au détriment de toute vraisemblance, il repousse à l'arrière plan l'enquête policière du roman de James Ellroy. Mauvaise copie et dont l'enjeu a priori ne cesse de se dérober, pour De Palma comme pour son spectateur, point sur lequel il est essentiel de revenir.


Face positive, le dahlia impressionne par la certitude de ne jamais voir fléchir la maîtrise de De Palma : plans séquences, tape à l'oeil, virtuosité sûre d'elle-même, sens du rythme, les coups de génie sont toujours là, tranquilles, on en a pour son argent. Face éclatante, c'est la somptueuse photographie de Vilmos Zsigmond. Film noir en couleurs, le Dahlia noir, où des espoirs interprètent les rôles de vieux, transposition joyeuse et ironique des petits nouveaux d'Hollywood à un moment de rupture, une villeet un mythe en train de s'inventer.

Face négative, c'est un grand mystère. Un film si obscur dans sa conduite, conduite de son récit, de ses interventions, de ses rôles. Premier plan séquence hommage à la Soif du mal, les deux héros sont en pleine rixe, ils se rencontrent, on ne comprend pas grand chose. Enchaînement, un combat de boxe, il y a bien une raison, mais la voix off est trop rapide, etc... L'enjeu de l'action du film, l'enjeu du récit, se dérobe en même temps que l'enjeu du film entier, compris comme objet. Et jamais nous ne nous serons demandés avec autant
d'insistance la raison d'existence du film, sa motivation. Pas une illustration: l'enquête policière est si peu importante. Plutôt: un essai de réalisation virtuose sans enjeu: filmer un combat de boxe dont on sait qu'il a une raison, mais une raison impossible à comprendre. Cela importe si peu d'ailleurs... Cette règle peut s'appliquer à l'ensemble du film. Et s'y ajoute l'évident besoin et plaisir de cinéma du metteur en scène, réponse facile mais indéniable.

Comment déméler le vrai du faux. Comment croire à la réalité de cette histoire et son opposition aux scènes fictionnelles du film, en l'occurence les bouts d'essai passés par la jeune Betty Short, alias le Dahlia Noir. L'univers du réel: couleur, joie de voir un corps tomber
et s'écraser, apparition de Scarlett en contre plongée, happy end. L'univers fictionnel : Betty Short promise à rien, ni carrière ni début de carrière, tout juste un meurtre. Grande tristesse de Betty. Et, si l'on inverse ces deux schémas, si l'on accepte de les faire rejoindre le motif de palmien habituel (le réel est soumis à une fatalité qui ne peut entraver l'univers de la fiction, cf la dernière séquence de Blow Out et de Mission to Mars, le générique final de L'Impasse), alors le Dahlia noir est une fiction, un mensonge intégral, qui survole Hollywood, son orgueil, sa perversité, sa maladie, dont on se fout complètement (déjà fait avec Body Double) séparé par les essais d'une morte, eux réels. La voix du metteur en scène pervers est, d'ailleurs, celle de De Palma lui-même.

Interprétation nécessaire. Indécision dans les flous, les profondeurs de champ, dans les pulsions sexuelles, antithèses subies comme des chocs, Feu et Glace, beauté et difformité (Scarllet et Betty Short, Scarlett et Hilary Swank), pureté et perversion (idem), vérité qu'on attrape, qui alourdit tout, qui ennuie, vérité qui tombe comme des oeuvres d'art sur lesquels on tire, puis retrouverScarlett, sa blancheur, la blancheur d'un intérieur, revoir une dernière fois un cadavre mutilé, que l'on voit, nous, pour la première fois, et le voir disparaître, et l'oublier. Et dire adieu à l'enfance. Pour combien de temps encore?

Lire la critique de Vanessa


01/12/2006


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07/11/2006 10:24:00 - Jeremy

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