Portrait d'une reine en goguette dans un Versailles glam-rock...
Date de sortie : 24 Mai 2006 Film américain. Genre : Historique, Biographie Réalisé par Sofia Coppola Avec Kirsten Dunst, Jason Schwartzman, Rip Torn
Queens just wanna have fun!
Portrait d'une reine en goguette dans un Versailles glam-rock. Le choix de l'angle est audacieux, mais on l'approuve, et la bande annonce, toute en musique du groupe Air, donne envie de se précipiter dans les salles. Un nouveau Sofia Coppola, le dynamisme en plus, voilà qui semble attirant. Malheureusement les 2h03 de film n'apportent rien de plus que la bande annonce, si ce n'est une certaine longueur et langueur somme toute assez familières (Virgin Suicides, Lost in Translation).
Le film est beau, et les plans sont autant de tableaux : le travail sur la lumière et les couleurs, les jeux d'accumulation de gâteaux et de toilettes, le visage de le reine, passant de la jeune fille rangée à la délurée, et avoisinant parfois l'héroïne gothique lors de ses bains par exemple. Sofia Coppola apparaît ici en véritable maîtresse de l'image qu'elle travaille à la manière d'un peintre à mi-chemin entre Watteau et Warhol.
Toutefois, pour ce qui est du script, de l'intrigue, rien ou si peu. Les moments de dialogues, mis bout à bout, n'excèdent pas les trente minutes, et sont pour la plupart inutiles. On regrette presque que la réalisatrice n'ait pas poussé jusqu'au bout le parti pris de départ pour faire un film muet, tout en musique. Mais dès lors, un format plus court n'aurait-il pas été préférable ? Quant à l'intrigue, elle est inexistante, et il s'agit là uniquement d'un portrait, ou plus précisément de l'évocation d'une facette de la vie de la reine. Le thème n'est pas extrêmement porteur, et si la thèse est intrigante, rien ne vient l'étayer. Les rares incursions dans le politique font du couple royal un ménage de pantins, sans aucun sens des réalités. S'il est vrai que Louis XVI et Marie-Antoinette sont rarement cités en exemple pour leur engagement politique, on déplore ici la caricature grossière, et l'on aurait préféré dans ce cas que ce pan soit entièrement passé sous silence.
Mais ce qui choque le plus dans ce film, c'est que si en deux heures on découvre la reine sous toutes ses coutures, on partage l'intimité de ses jeux, on ne s'attache toutefois pas au personnage. Alors même que l'intrigue se focalise sur la superficialité, la jeunesse, les amourettes d'une jeune fille gâtée, autant de thèmes propices à nous rapprocher de l'héroïne, on demeure pourtant indifférent à celle-ci. Alors même que sa tête est menacée, nul frisson, nulle larme, nulle empathie de la part du spectateur, mais plutôt une incompréhension : pourquoi Marie-Antoinette reste-t-elle aux côtés de son époux ? Ce réveil politique tardif, ce soudain sens du devoir étonne et transforme l'enfant capricieuse en résistante de la vingt cinquième heure. Peut-être s'agit-il ici d'une volonté de montrer l'inadéquation des moments, entre desseins personnels et destin politique ? Encore une fin ouverte qui laisse le soin au spectateur d'en déterminer les motifs.
C'est donc avant tout la qualité esthétique et picturale du film qui est à souligner. Là encore on regrette des plans trop long, on retrouve maintes fois le même ressort de l'accumulation (comique ou tragique de répétition ?). De la succession des plans de Versailles rappelant les spectacles de sons et lumières, des anachronismes pas toujours justifiés, se dégage un fâcheux sentiment de facilité, qui réduit l'impact du film. Une réalisatrice qui se fait plaisir, parfois au détriment de celui du spectateur.
Deux critiques et deux notes extrèmes. A croire qu'on aime ou on déteste. Bon, au final, qu'est-ce qui peut me décider à aller le voir ou pas ce film ?
lost in translation et virgin suicide etaient aussi des peintures de l'ennui, mais le spectateur n'en profitait pas! là, on s'ennui vraiment peu de contenu, certaines moments de la vie de marie antoinette sont filmés plusieurs fois, sans qu'il n'y ait de changement ou une valeur ajouté à chaque fois, vraiment decevant. La musique de la bande annonce, tout comme celle du film est cette fois-ci de New order et non de AIR (dommage).
J'en profite pour conseiller un film formidable qui vient de sortir: conversation(s) avec une femme
Moi jai adoré! Kirsten Dunst est merveilleuse dans ce film. Evidemment, il s'agit d'une biographie, il faut pas s'attendre à de l'action. Mais l'histoire de cette reine, adolescente perdu dans une monde qu'elle ne connaît pas et qu'elle ne veut aps vraiment connaître, m'a beaucoup touché. On voit Marie-Antoinette sous un jour nouveau. Ni républicain, ni royaliste, ce film est avant tout l'histoire d'une femme.
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Deux critiques et deux notes extrèmes. A croire qu'on aime ou on déteste. Bon, au final, qu'est-ce qui peut me décider à aller le voir ou pas ce film ?
07/06/2006 18:04:00 - Marie antoinette