Le tandem Ridley Scott - Russell Crowe nous offre un divertissement sympathique, mais manquant cruellement d'originalité.
Comédie dramatique de Ridley Scott (USA, 2006) Avec Russell Crowe, Marion Cotillard, Didier Bourdon... Date de sortie : 03 Janvier 2007. Titre original :A good year
Maximilien (Max-a-million) est le parfait golden boy londonien : banquier d'affaires à succès, flambeur, gouailleur. Un exemple pour nous tous (surtout toi, petit premier année Essec qui ne sait pas encore à quoi ressemble le monde du travail). A la mort de son oncle, il hérite du mas provençal où il passait ses vacances. Revenu sur place pour une brève inspection des lieux avant de le mettre en vente, il redécouvre les petits plaisirs de la vie dans le Midi, mais le vin que produit la propriété est une piquette imbuvable et la fille cachée de l'oncle décédé met en péril la succession de Max.
Le livre de Peter Mayle ne brille pas par son originalité (Une année en Provence et La femme aux melons m'ont davantage enthousiasmé) et par extension le scénario qui en a été tiré ne rend pas justice au talent de l'auteur. Russell Crowe campe un salopard qui apprend à s'ouvrir à la beauté des choses qui l'entourent - étrange impression de déjà-vu, les ficelles sont trop grosses. A mon sens, tout cela n'est qu'un prétexte. La caméra de Ridley Scott emboîte le pas au personnage d'un décor à l'autre, tous d'une beauté à couper le souffle.
Loin de moi l'idée de réduire à néant le jeu des acteurs. C'est dans les moments de faiblesse de Max que Russell Crowe est au sommet de son art, interprète sobre et souvent silencieux d'une mutation intérieure. A ses côtés, Didier Bourdon et Marion Cotillard (tellement mieux mise en valeur loin de son insupportable chauffeur de taxi) arrivent à s'affranchir de leur étiquette « couleur locale » et défendent avec brio leurs rôles d'empêcheurs de tourner en rond face à Russell Crowe, quoique leur anglais soit trop recherché pour être vraiment honnête.
Cependant, leurs efforts paraissent presque vains en regard du véritable personnage central : la Provence. Magnifiée par la photographie du film (le directeur de la photographie a Peut-être de Cédric Klapisch à son actif), mère nourricière, génératrice de plaisir, elle saisit le spectateur aux tripes et le laisse avide de soleil et d'air pur. Quel autre lieu sait offrir une telle lumière ?
Cette débauche de couleurs, stimulante pour nos sens, ne parvient toutefois pas à effacer le goût amer des côtés bâclés du film. Pression financière ? Contraintes météorologiques ? Toujours est-il que Scott et son scénariste (qui n'est pas l'auteur du livre, détail certainement fatal) auraient sans doute dû prendre le temps d'approfondir autant le fond que la forme. Quant à la bande-son, certains choix de musiques préexistantes frisent l'indécence (Alizée, franchement...).
Ridley Scott transpose habilement l'atmosphère rafraichissante des livres de Peter Mayle à l'écran, mais le scénario, trop brouillon, ne lui donne pas les moyens de ses ambitions. Pas un grand film en soi, mais un agréable moment de divertissement dans les salles obscures en attendant la fin des frimas.
Quant à votre critique sur Alizée, sachez que même si vous n'aimez pas personnellement ce style de musique, celà collait très bien à l'esprit du film. La chanson est aussi une réelle référence littéraire, pour un critique de cinéma (ou il y a beaucoup de références à la littérature) vous décevez ! Vous n'arrivez même pas à déceler le subtile de la chanson et de son interprête ! Ridley Scott, même s'il n'est pas français, a compris lui au moins !
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10/01/2007 09:05:00 - Jay