Deux frères
le 06/04/2004 - par Pierrot Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !De Jean-Jacques Annaud, avec Guy Pearce, Jean-Claude Dreyfus.Peut-être aurait-il mieux valu tourner un vrai documentaire animalier?
A quoi pouvait-on s'attendre ? Une histoire de tigres, cela va sans dire, mais ensuite?La première scène pose le décor : plein d'images de la jungle qui introduisent les ébats de deux tigres qui vont donner naissance aux deux héros du film. On se demande si on va avoir droit à plus de 100 minutes de documentaire sur la nature thaïlandaise, mais très vite les protagonistes humains entrent en scène : le beau chasseur blanc, qui au début n'est qu'un méchant pilleur de statues de Bouddha, et plus généralement la société coloniale française de la fin XIXème début XXème
Alors on attend de voir ce que Jean-Jacques Annaud va nous proposer, après L'Ours, voici peut-être Le Tigre. Le scénario est ultra-convenu, puisque (sans dévoiler l?intrigue) il reprend le thème des enfants en partie livrés à eux-mêmes dans un environnement hostile (à cause du beau chasseur blanc pilleur de statues qui rôde dans le coin, tiens donc). Admettons qu'il ne faille que regarder les belles images du film. J.J. Annaud utilise parfois trop les gros plans et les ralentis sur les yeux des tigres, qui, s'ils ont un capital sympathie élevé au début (les petits tigres ressemblent à de grosses peluches), finissent par énerver tellement le réalisateur leur fait faire n'importe quoi (ils sont suffisamment intelligents pour effrayer les gens en jouant les vendeurs de kiosques à journaux).
Si donc les tigres (et c'est bien dommage) ne se voient pas donner un rôle à la hauteur de leur talent, car on ne doute pas de la difficulté du tournage, les acteurs ne sont pas mieux pourvus : oublions les anachronismes de langages (il y en a au moins deux qui sautent aux yeux), que dire des dialogues ? Mièvres ! Le beau chasseur blanc, dont on ne doute pas qu'il aime la philo, tout comme le petit Raoul, nous servent une leçon de pseudo-morale sur les risques à prendre dans la vie qui fait sourire. Ou encore, cette scène mémorable du parallèle entre le tigre et l'humain qui ont tous deux perdu leur père et essayent de comprendre s'il faut se démarquer ou se rapprocher du défunt parent.
Conclusion : Malgré les incertitudes des 10 premières minutes, j'aurais préféré un bon documentaire type National Geographic, les belles images avec l'histoire en moins.
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