L'âge d'homme
le 04/10/2007 - par Davy pour CQN Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !Date de sortie : 12 septembre 2007
Réalisé par Raphael Fejtö
Avec Romain Durix, Aïssa Maïga, Clément Sibony
Film français. Genre : Comédie
Durée : 1h 28min.
Aucun personnage n'existe, n'est encore moins incarné, il n'y a que des simulacres de personnages censés être des révélateurs pour la conscience de Duris, et dont les dialogues semblent sortir directement de la bouche de Fejtö tant on sent l'écriture et le côté, au mieux « expérience vécue/effet de réel », au pire « j'ai une idée de dialogue barré écoute ça mec ».
Même le personnage d'Aïssa Maïga n'est jamais respecté (toujours attentionnée avec Duris, de sorte que le spectateur comme Duris ne puisse rien lui reprocher, elle n'existe pas non plus, c'est l'image de la copine parfaite, adorable, qui pardonne et encaisse tout avec le sourire, et qui ce faisant culpabilise Duris et le spectateur, et donc amène petit à petit à la résolution du sujet). Quand Duris lui dit je t'aime à la fin (synonyme dans la logique du film de je veux me marier avec toi ou je veux avoir des enfants avec toi), et qu'il accomplit le programme du film en même temps qu'il résout son sujet, n'a jamais pu se poser la question de ses réels sentiments pour elle, en tout cas ça n'est pas filmé (ce qui fait que de leur relation puisse naître quelque chose qui s'appelle l'amour). Pis, Duris ne se pose jamais la question par rapport à elle (est-elle la femme de ma vie? Qu'a-t-elle qui me permette de dire que je l'aime ?) mais uniquement par rapport à lui (est-ce que ma petite personne va finir par la décevoir ? Serai-je à la hauteur ?).
Et on a comme un arrière goût particulièrement amer à ce moment, quand on prend conscience que ce je t'aime n'est pas réellement éprouvé mais n'est que le moment où le personnage principal cesse de se poser des questions pour suivre les rails d'un programme annoncé et que absolument tout le monde attendait de lui (ses amis qui tour à tour se marient et ont des enfants, le titre du film, le défi que se pose Duris dans la première scène), que ce je t'aime n'a rien d'un moment de révélation, il est une défaite de la volonté, une renonciation à la problématisation et à la remise en question, il est une acceptation des valeurs dominantes, qui, au lieu d'être la responsabilisation tant attendue, en est le négatif: il s'agit bien d'une déresponsabilisation à la fin, un truc dégueulasse.
Note finale: 
1 commentaire(s)
J'aime bien ton analyse....
Sinon, c'est vrai que ce film est tout pourri ! (si vous avez vu la bande-annonce, vous avez vu le film) ! Bien décevant si l'on se réfère à "Osmose" du même réalisateur et tjs avec Romain Duris.
par Clarinette, le 2007-10-11 17:37:00
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