La loi et l'ordre
le 23/10/2008 - par Josée Il y a 2 commentaires. Réagissez vous aussi !Face à face mémorable au sein du NYPD: deux monstres du cinéma dans un film d'anthologie de pur divertissement.
Date de sortie : 08 Octobre 2008
Film américain. Réalisé par Jon Avnet
Avec Robert De Niro, Al Pacino, Curtis "50 Cent" Jackson Plus...
Genre : Policier Durée : 1h 40min.
Polar efficace destiné d'abord et avant tout au plaisir cinéphilique, La loi et l'ordre ravira même ceux qui croient ne pas être fous de polars. Après tout, on nous a fait un merveilleux cadeau, en réunissant deux acteurs à l'âge d'or de leur gloire. En effet, il est assez surprenant d'avoir dû attendre si longtemps pour être témoin d'une confrontation entre De Niro et Pacino, alors qu'elle aurait pu avoir lieu auparavant. Un peu frustrant, si l'on considère que ces deux monstres sympathiques du cinéma - même s'ils sont des "premiers degrés", ils ont su conserver leur naturel - ont partagé deux fois l'affiche, dans Le Parrain II en 1975 et Heat en 1995. Deux électrons libres ne se rencontrant jamais. Dans une interview, les deux acteurs ont raconté que le projet de tourner ensemble leur était venu à l'esprit il y a des années, mais ils avaient toujours remis à plus tard. Sean Penn, Robert Downey Jr, Matt Damon: voilà leurs acteurs préférés parmi la brochette de jeunes qui évoluent en ce moment, et pourtant, nous, nous sommes convaincus que rien ne pourra remplacer De Niro et Pacino, ces illuminateurs d'écran, comme on en a encore une fois la révélation.
Dans ce polar, en version française La loi et l'ordre (un titre fort peu original, le titre en VO étant Righteous Kill, qui nous parle beaucoup plus), on suit les aventures et mésaventures de Turk et Rooster, qui ont passé tous deux plus de 30 ans dans le NYPD. Turk, c'est De Niro, au caractère impulsif et même émotif (pas mal pour un flic) alors que Rooster, joué par Pacino, s'impose comme son contraire: il travaille avec sang-froid et méthodisme, réfléchissant sans cesse pour résoudre les énigmes, à la manière d'Hercule Poirot. Pas si vieux que ça, on les lance sur une affaire importante. Tant mieux, ils n'avaient aucune envie de prendre leur retraite. D'ailleurs, cette série d'assassinats se rapproche étrangement d'une de leurs affaires anciennes, et on sait que des flics n'oublient jamais, restent hantés par les affaires non résolues... En plus, c'est bien connu, les tueurs en série et leurs méthodes changent très peu au fil des années. En réalité, les apparences sont trompeuses car on se rend vite compte que le tueur a plus le profil d'un policier, et les soupçons se dirigent étrangement sur Turk. Ainsi, deux autres policiers plus jeunes sont lancés sur l'affaire, sans avoir d'idée sur ce qui peut se tramer derrière le rideau.
L'idée du policier qui dérape et se rapproche de plus en plus de ceux qu'il est supposé traquer n'est pas nouvelle au cinéma et à la télévision: les frontières perdent de leur étanchéité et un flic devient ripoux presque naturellement s'il ne résiste pas à l'appel du côté obscur. Le film de Sidney Lumet, Le prince de New York, nous l'a démontré, ou même encore le plus récent Au bout de la nuit, ainsi que La nuit nous appartient (parlant du "côté obscur"). De plus, ce sujet reste l'un des enjeux de prédilection de la série Deux flics à Miami, produit par Michael Mann (qui avait aussi écrit Heat et a réalisé le film Deux flics à Miami), dont votre humble servante regarde encore les épisodes en DVD, n'ayant rien perdu de leur dynamisme et de leur ton accrocheur depuis les années 80, et permettant de se régaler de bonne musique.
Plus précisément, ce film ne prétend pas offrir une grande réflexion qui le propulserait au rang des classiques, qui impressionnent. Il se hissera au top pour devenir un film CULTE par le simple fait qu'il réalise notre grand désir d'admirer ces acteurs de premier plan, ensemble dans presque tous les plans. Une scène amusante divise l'écran en deux: nos deux super flics sont obligés de passer de joyeuses heures avec un... psy. Cela ne fait pas leur bonheur, mais puisqu'ils sont déjà soupçonnés d'agissements pour le moins discourtois (plusieurs meurtres), ils se prêtent à ce petit jeu: l'un dort très bien, l'autre semble faire des cauchemars, ils s'opposent sur tout, sauf pour ce qui est de prendre leur retraite: ils défendent tous deux avec vigueur leur désir de rester flics avant tout.
En somme, vous finirez par apprendre la vérité, qui sera exactement ce que vous aviez cru comprendre: cela pourra décevoir les cinéphiles, mais ce thriller ambitieux plaira aux cinéphages qui n'y regardent pas de trop près! L'idée de punir les méchants comme des justiciers vengeurs, quant à elle, fera sourire ceux qui apprécient les connotations bibliques, comme dans Seven, surtout que ces méchants échappent toujours à la justice. On peut donc aimer sans se sentir coupable. Et alors, si vous voulez poursuivre dans la même veine avec un acteur "recommandé" par les plus grands, mais en plus jeune, sautez sur l'occasion et ne manquez pas Mensonges d'état, avec nul autre que Léonardo Di Caprio (sortie le 5 novembre).
Quelques indices du "pur divertissement" dont nous avons parlé, l'impression générale que devrait vous laisser ce film: un policier qui surprend sa maîtresse (une policière justement) en lui mettant la main sur la bouche quand elle rentre chez elle, alors qu'on s'attendait à un crime horrible et sanglant; une jolie jeune femme qui, en boîte, complètement cokée, se fait une autre ligne dans les toilettes pour hommes et se met à parler au policier incognito en lui offrant une ligne (!) et la présence de Mark Wahlberg, l'ex-chanteur des NKOTB, pas aussi beau qu'avant certes, quand il était connu il y a 20 ans en 1988, mais ce n'est quand même pas mal de revenir après une si grave déchéance, et en plus, aux côtés de deux monstres du cinéma. De plus, la visite de l'antre d'un dealer Noir plutôt sympathique nous offre une mine d'informations...
A voir, au cinéma ou à posséder en DVD, ça fera tout aussi bien l'affaire, du moment que vous les voyez ensemble!
Note du film : 
2 commentaire(s)
Pour ma part, je n'ai jamais vu une merde pareille, et du coup, j'ai rarement été aussi déçu...
Mettre autant de moyen dans un film pareil, c'est un scandale, un peu comme si on réunissait Picasso, de Vinci et Mozart pour pondre Le Renard.
Enfin, si t'as aimé Josée, c'est l'essentiel, ça fera au moins une personne...
par Millaume, le 2008-10-24 18:31:00
Très déçue par ce film, pourtant les espoirs étaient grands. J'ai revu Heat depuis en DVD et le plaisir n'a rien de comparable. Mickeal Mann y est peut-être pour quelque chose.
par lauren, le 2008-11-05 16:06:00
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