Mensonges d'Etat
le 18/11/2008 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Résiste si tu peux, les jours les plus sombres d'un espion d'exception en terre hostile
Film américain réalisé par Ridley Scott
Avec Leonardo DiCaprio, Russell Crowe, Mark Strong Plus...
Genre : Thriller, Espionnage
Durée : 2h 8min.
Titre original : Body of Lies
Date de sortie : 05 Novembre 2008
Cette fois-ci, Ridley Scott a frappé fort, et en plein dans le mille. Les coeurs sensibles devront s'abstenir, mais les amateurs d'horrible film d'espionnage qui vira au gore seront servis par des mets de choix! Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, on ne peut pas accuser Ridley Scott de paresse, ce qui n'est pas mal à son âge! - le film dure vraiment 2 heures et 8 minutes, et pas un seul temps mort au programme. Comme film d'espionnage, celui-ci propose une intrigue serrée qui met au défi les qualités intellectuelles du spectateur.
Roger Ferris (Leonardo DiCaprio) ne fait pas dans la dentelle: ancien journaliste, il est devenu agent des renseignements américains. En plus, c'est un remarquable homme de terrain: il est prêt à affronter la vie au Moyen-Orient et on comprend qu'il y voit même quelques avantages. Sa dernière mission demande une bonne dose de réistance. Si on l'avait vu dans l'excellent Attrape-moi si tu peux, où une certaine dose de confiance en soi restait en effet essentielle car il prenait certains risques en se faisant passer pour ce qu'il n'est pas, en encaissant de faux chèques et en déjouant chaque fois ses poursuivants, il n'avait pas enduré le dixième des souffrances qui sont ici son lot. Sa mission (assez angoissante) consiste cette fois à attraper (au lieu d'être attrapé) un chef terroriste en s'infiltrant dans les réseaux financiers occultes de Jordanie. Du côté obscur, il vit dans des conditions précaires mais garde la tête froide, sauf quand son "guide", un dénommé Ed Hoffman (Crowe), bien en sécurité dans son bureau de chercheur à la CIA, lui donne des consignes impossibles par téléphone: l'un sait ce que c'est d'être là chaque jour en enfer, l'autre opère sans se mouiller en se croyant bien malin, indifférent à la torture ou à la mort de gens qu'il ne connaît déjà plus une seconde après leur capture par l'ennemi.
Dans tout cela, Roger Ferris, souvent gravement blessé, trouver le moyen de passer d'agréables moments. Lors d'une opération qui a mal tourné, il se fait mordre méchamment la jambe par des chiens enragés et il doit recevoir des piqûres contre la rage dans un centre médical où il rencontre une jeune et jolie infirmière locale. D'ailleurs, il parle arabe, même s'il n'est pas arabe, ce n'est donc pas un problème pour lui de communiquer, il devient un vrai caméléon avec son entourage. Disons toutefois que son entreprise de drague inter-culturelle s'avère compliquée. Pour passer quelques moments avec l'infirmière, il doit l'accompagner dans un camp de réfugiés palestiniens, ce qui n'est pas la soirée romantique rêvée. Assis à la terrasse d'un café, leur rencontre ne plait pas aux hommes arabes des alentours, qui leur jettent des regards malveillants et n'ont jamais entendu parler de laisser vivre les autres en paix. De plus, il a une certaine difficulté à se faire accepter par la soeur aînée de sa dulcinée, qui a beaucoup souffert de la guerre, mais il se fait ami-ami avec les petits neveux qui lui font des conseils gastronomiques.
Mensonges d'Etat, dont le titre original était Body of Lies (la traduction est assez cohérente pour une fois) vient du fait que les consignes et renseignements qui parviennent jusqu'à Roger Ferris ne tiennent pas toujours compte de l'importance accordée à sa sécurité et sa survie. A maintes reprises, il se retrouve dans de sales draps, jusqu'à la fois où c'est la goutte qui fait déborder le vase: il se fait capturer par le fameux terroriste qu'il recherchait. S'ensuit alors un tête-à-tête avec brisage de doigts à chaque fois qu'il a la mauvaise réponse. Le spectateur doute sérieusement de ses chances d'en sortir vivant. Personne n'est qui il est vraiment... Ferris ne sait plus à qui se fier, et pourtant, dans les plus affreuses douleurs, il continue de clamer qu'on viendra le secourir. En voilà un qui n'a pas froid aux yeux! En somme, si l'on a été déçu par La loi et l'ordre, qui tout de même devait vous promettre de retrouver deux grandes stars ensemble, une bonne raison d'aller voir Mensonges d'Etat, c'est pour la réunion de deux superstars, Leonardo DiCaprio et Russell Crowe, comme on ne les verra jamais plus ou presque, puisqu'il s'agit des deux rôles les plus intenses de leur carrière (en tout cas, rien à voir avec l'aspect dramatique de Titanic, qui à côté fait pâle figure et fleur bleue, et puis là, il n'est pas question de mourir par noyade, la mort douce, eh non, les personnes qui ne plaisent pas aux puissants terroristes peuvent très bien devenir des cadavres jetés dans une décharge). De plus, les aficionados du réalisateur Ridley Scott remarquent qu'il a encore toutes les cordes nécessaires à son arc (pourtant, Blade runner de 1982 a déjà plus de 25 ans!) pour nous river sur notre siège pendant plus de deux heures!
A noter qu'il y a des précédents dans l'histoire du cinéma: DiCaprio et Crowe ont tourné ensemble dans Mort ou vif, le western de Sam Raimi, à l'époque où ils n'étaient pas vraiment connus, et Crowe travaille poru la troisième fois avec Scott, après Gladiator et American Gangster. Comme quoi certains sont faits pour s'entendre.
Si ce film semble manquer de beauté esthétique (sauf si on aime le désert, la saleté et la souffrance), il ne manque pas de beauté de caractère chez ses personnages, en plus de beauté intellectuelle du scénario. Il faut surtout le voir pour les scènes d'action à tout casser et à couper le souffle, et pour se rappeler que certains pions de la CIA (dont les opérations sont hyper secrètes, sinon on n'en parlerait pas), ne font que faire leur boulot, même malgré le sentiment omniprésent qu'ils sont manipulés, sans savoir par qui et par quoi! Après ce film, on les comprendrait de verser parfois dans la paranoïa, il y a de quoi...
Contre toute attente, Roger Ferris affirme à la fin qu'il veut rester: "et puis, peut-être que j'aime le Moyen-Orient?" Et son chef s'exclame: "mais personne n'aime le Moyen-Orient!" Après tout, c'est une question de point de vue... En tout cas, de presque tous les points de vue, on peut aimer les films de Ridley Scott, un maître en son genre.
Note du film :
mais attention très violent
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