Australia

le 29/12/2008 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

La Saga grandiose... comment voir 3 films en 1: en voyant cette odyssée australienne!

Australia

Film américain de Baz Luhrmann
Avec Nicole Kidman, Hugh Jackman, David Wenham
Date de sortie: 24 décembre 2008
Genre :
Romance / Aventure
Durée : 2h 35 min


4 étoiles et même 5, si ce n'était pour la longueur...

 

C'est à un grand voyage que nous convie Baz Luhrmann, le génial réalisateur australien, qui collabore de nouveau avec sa compatriote Nicole Kidman, la vedette de Moulin Rouge!
Après ce film impressionnant, on aurait pu s'attendre à un autre film sans trop de vigueur: enfin, tout est relatif, on se demandait de quelle façon n'importe quel film aurait pu l'égaler.
Et voilà la réponse, sans prétendre le surpasser, Australia soutient la comparaison, mais dans un registre tout différent. Cette fois, on a joué la carte du genre à fond (et même DES genres) par ce drame riche en aventures rappelant Out of Africa, le film de Sydney Pollack, proposant une excursion dans des contrées tout aussi lointaines. Voyage dans le temps autant que dans l'espace, le film nous amène dans l'Australie des années 1930, alors que Lady Ashley a quitté son Angleterre natale pour aller rejoindre son mari sur sa propriété australienne, ne connaissant rien à ce pays et se préparant maintes désillusions. Nicole Kidman excelle dans ce rôle où elle compose une femme certes un peu collet monté "à cheval sur ses principes", (et justement, c'est une excellente cavalière), mais néanmoins courageuse et sensible. C'était d'ailleurs le cas dans un autre film historique, Horizons lointains, mais ça c'était avec Tom Cruise, et en Irlande...
Au moment où elle arrive sur cette terre étrangère, elle fait la connaissance de Drover, un homme un peu rustre et bien musclé, tout à fait adapté au mode de vie australien, joué par Hugh Jackman, un acteur très versatile puisqu'on l'a vu en tant que Wolverine dans X-men et même un charmant jeune homme dans le film de Woody Allen. Ce Drover est la version autochtone d'Australie du cow-boy américain qui n'a pas d'attaches et qui comme Lucky Luke, prévoit s'éloigner, solitaire et un peu triste dans le soleil couchant dès l'aventure terminée.


Le scénario, habilement construit et intelligent, n'a rien à envier à l'Odyssée d'Homère ou à une autre fresque historique avec autant de rebondissements, Autant en emporte le vent, de 1939. Plusieurs fins sont au rendez-vous, c'est-à-dire qu'on aurait pu couper ce film en deux ou trois épisodes aux moments où il parait naturellement se terminer, comme on l'a fait pour Le Seigneur des Anneaux: quelques scènes de plus et on aurait eu un film de Noël pour plusieurs années!
Le narrateur, et on y reconnaît le principal point d'originalité du film, est un petit garçon aborigène qui se cache sur la propriété pour échapper au shérif: à cette époque, on les enlevait pour les placer dans des orphelinats, pour leur propre bien évidemment! Au début, on ne sait pas qu'il deviendra le personnage central du film, on ne le voit pas, c'est sa voix qui raconte tout, comment il a connu "Miss Boss", car c'est ainsi qu'il appelle la propriétaire. Celle-ci a découvert que son mari était mort: sa réaction n'est pas celle d'une épouse très chagrinée mais plutôt celle qui connaît les nombreuses infidélités de son mari: elle affirme bien savoir qu'il n'est pas en Australie pour les vaches, du moins pas celles du règne animal, dit-elle...
L'autre personnage central, la "figure maléfique" du récit (puisqu'il en faut bien un) se trouve interprété par nul autre que David Wenham, un autre acteur australien que l'on a vu en tant que Faramir dans Le Seigneur des anneaux: les Deux Tours. Ici, il campe un baron du bétail uniquement intéressé par le gain, même au point de vouloir s'emparer du bétail de Lady Ashley en le volant! Ce qui est plus dérangeant, c'est qu'il semble aussi être le père du petit aborigène, même s'il ne le reconnaît pas.


Australia rassemble donc plusieurs problématiques, la guerre, la vie en régions reculées, l'enlèvement des petits aborigènes, le rôle de la magie et du chant dans la vie, la famille reconstituée, ce qui en fait un film très lourd, en même temps que riche et magnifique avec ses paysages en cinémascope.
Lors d'une dispute, Lady Ashley congédie le traître voleur de bétail qui prétendait travailler pour elle: elle ne se laisse plus faire depuis qu'elle a compris son stratagème. En plus, on finit par le soupçonner d'avoir tué le mari avec une lance. Et ce méchant personnage disparu, les conséquences se font sentir, il leur a fait beaucoup de tort en éparpillant le bétail: dispersé, tout est perdu, il faut donc le ramener pour le convoyer au bon endroit et le vendre, mais il faut d'abord le trouver! Miss Boss ne pourra pas le faire seule et une périlleuse entreprise commence: convaincre d'abord le Drover et rassembler tous les individus plus ou moins compétents (même un vieil alcoolique). L'aventure au bout du monde commence, et dans les coins les plus reculés de l'Australie, comme le désert d'où personne n'est jamais sorti. Cela nous donne au final plusieurs tableaux à contempler pour mieux connaître ces territoires mystérieux peuplés de kangourous et de magiciens: c'est là le deuxième point original du film.
En tant que film western, on se considère bien servis puisque certaines scènes font trembler en rappelant les accidents qui causent la course folle du bétail, comme un cauchemar géant sans aucune réflexion, piétinant tout ce qui se trouve sur son passage. Malgré ces accès de bestialité, qui montrent que la nature et l'animal sont parfois plus forts que l'humain, la magie réussit à se frayer une place, et c'est par le chant qu'elle s'exprime. Que ce soit la magie venant des chants d'un magicien aborigène ou celle de chacun de nous, il y a un chant magique pour tous les moments de l'existence. De plusieurs façons, le film Australia, avec le personnage du petit aborigène, rappelle le film allemand L'histoire sans fin, de Wolfgang Petersen et la quête d'Atréju, le jeune indien fidèle à sa nature sauvage: son exploit d'arrêter le troupeau par la conviction de sa magie laisse pantois.
En tant que film romantique, les natures les plus sensibles seront comblées, il s'agit d'une formule complète puisque le duo Kidman/Jackman a tout pour plaire. D'abord opposés, semblant ne pas s'entendre puisque tout les sépare, ils apprendront au fil du temps à se trouver des points communs. C'est bien connu, les épreuves rapprochent et il n'y a rien de mieux que les bombardements de la deuxième guerre mondiale, les séparations (quand le petit garçon se retrouve à l'orphelinat avec les autres aborigènes, dans une scène qui ressemble à s'y méprendre à celle des garçons perdus de Peter Pan), la crainte de la mort (ceux qui meurent sont ceux dont on ne peut plus prononcer le nom) pour faire naître la passion et recréer une famille atypique mais aux liens d'amour étroits. Après tout, quoi de mieux qu'une femme stérile, un garçon qui a perdu sa mère et un aventurier sans attache pour former la famille parfaite? De quoi égaler les plus beaux moments larmoyants de Roméo + Juliette, un autre film enchanteur de Luhrmann avec un autre duo de choc bien assorti, Di Caprio/Danes. N'y allant pas de main morte, Australia est à la fresque historique et au film d'aventure ce que Roméo + Juliette était à Shakespeare: l'essence même, en version diablement intense!


Le film a été tourné à Kununurra, une région au nord de l'Australie: un pari fou mais certes bien tenu! En prime, on a le plaisir de relever des allusions au film Le magicien d'Oz, sorti dans la réalité en 1939: Australia lui rend hommage en reprenant fièrement le flambeau des grands films époustouflants et hauts en couleur qui ont marqué le cinéma. Si le nom de Faraway Downs vous fait déjà rêver (c'est le nom de la propriété), lancez-vous et soyez prêts à reprendre votre souffle plusieurs fois!

 

Note : cinema/4etoiles5.jpg


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