Vicky Cristina Barcelona - 2e critique

le 04/01/2009 - par Diane pour CQN Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

L'histoire prend dès le départ un tournant provocateur qui pique notre curiosité, et annonce la couleur : encore une fois, Woody Allen étudie et décortique les turpitudes de l'amour, sans pour autant donner de réponses...

Vicky Cristina Barcelona - 2e critique Date de sortie : 08 Octobre 2008
Film américain. Réalisé par Woody Allen
Avec Scarlett Johansson, Rebecca Hall, Javier Bardem
Genre : Comédie Durée : 1h 37min.


« Scénario digne des meilleures farces de boulevard », dit Paris Match (mais est-ce une référence absolue ?), « oeuvre éblouissante d'intelligence », dit le Parisien, « une petite
merveille » dit le Figaro...
La critique encense le dernier Woody Allen dans une rare course aux superlatifs, signalant Vicky Cristina Barcelona comme le meilleur film du réalisateur new-yorkais de sang, européen de coeur, depuis longtemps.
Je m'y précipite donc, comme tout le monde. La photographie sous le soleil d'Espagne est superbe, la musique espagnole -et notamment son emblématique guitare- sublime. Les acteurs sonnent tous justes, notamment la révélation Rebecca Hall, aperçue dans Le Prestige.
L'histoire prend dès le départ un tournant provocateur qui pique notre curiosité, et annonce la couleur : encore une fois, Woody Allen étudie et décortique les turpitudes de l'amour, sans pour autant donner de réponses...
Mais à trop vouloir prôner la liberté sous tous ses angles, et proclamer l'amour libre comme signe de vie, le film se perd et le scénario en souffre. Cristina est plus heureuse que Vicky, fraîchement mariée, parce qu'elle partage sa vie et son lit avec Juan Antonio et son exfemme, Maria Elena. La monogamie, c'est la monotonie. Rien de nouveau sous le soleil de Barcelone.
Il serait certes réducteur de voir dans le propos de Woody Allen un éloge du saphisme ou du ménage à trois, car ces situations ne rendent pas ses personnages plus heureux. Mais la façon dont il traite les couples « normaux » (comprendre être deux et fidèles) est bâclée et discrédite son propos, affaiblissant le film : les maris sont de délicieux abrutis obsédés par leur argent et leurs possessions matérielles, leurs femmes sont névrosées et rêvent d'une vie comme celles de Cristina, quand elles ne sont pas aussi vaines que leurs époux.
Barcelone même est traitée de façon aussi cavalière, résumée à son soleil et ses monuments touristiques. Dans l'univers de Woody Allen, les catalans sont tous des artistes qui profitent de la vie loin des schémas pré-formatés américains, vivant d'amour physique et de bon vin.
On savait le réalisateur amoureux de l'Europe, et assez désabusé quant à la culture et au mode de vie américains. Mais de là à résumer Barcelone à une -ravissante- carte postale, et son mode de vie au bonheur, il y a un grand pas...
En conclusion, il y a de très bonnes choses dans ce film : son ton acide, parfois mélancolique, Penelope Cruz excellente en artiste hystérique et déglinguée -sauvant le film à un moment où l'histoire stagnait-, son sujet de fond. L'amour n'est pas simple, Woody Allen se charge de nous le démontrer. Dommage qu'il simplifie trop le propos, perdant en émotion et en vérité.


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