I feel good !
le 07/01/2009 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Un film de petits vieux vrais de vrais qui redonnent de l'énergie et goût à la vie!
Royaume-Uni, 2007, 1h48
Titre original: Young@heart
Documentaire sur la musique, de Stephen Walker
Avec Bob Cilman, Len Fontaine, Stan Goldman...
Date de sortie: 24 décembre 2008
5 étoiles, dans son genre...
Ces personnes âgées n'ont pas froid aux yeux, et veulent nous montrer que l'âge n'est qu'un chiffre qui ne veut rien dire, puisque tout est dans le cœur, comme le dit le titre original,
Young@heart ! I feel good! (qui est le titre en France, selon un titre de chanson qui fait leur renommée), à voir avec ses parents, ses grands-parents ou tous ceux qui pensent que la vie finit après un certain âge, réussit à faire en sorte que le spectateur se sente aussi bien que ces chanteurs amateurs à la sortie, et qu'il imagine même que ses dernières années sur terre pourront être aussi joyeuses.
Cette année aura été l'année des films qui reprennent point pour point la plus pure réalité tout en nous montrant que la vie n'a pas besoin d'histoire pour se faire un film, elle fait un film elle-même avec tout un lot d'aventures! Nous avons pu le constater en voyant Entre les murs et l'idée est reprise de plus belle avec ce film racontant l'histoire d'une chorale de passionnés musiciens dont la moyenne d'âge est de... 80 ans, puisqu'ils ont entre 75 et 93 ans pour la doyenne, ni plus, ni moins!
Incroyable mais vrai, cette chorale existe bel et bien dans la petite ville américaine de Northampton (Massachusetts), elle est dirigée par Bob Cilman, un homme génial qui l'a créée en 1982 et lui donne son souffle de vie depuis: il est le plus jeune des membres, à 53 ans, et pourtant déjà vieux, mais tout est relatif!
Pour nous convaincre que la musique arrive à tout, il faut voir ces petits vieux et ces petites vieilles en train de pratiquer une seule chanson, ce qui semble déjà être une tâche ardue pour eux. Et pour cause, tous les petits maux de la vieillesse les affligent, ils ont tous un peu mal quelque part, des morceaux en moins, mais plein de vie dans les veines pour poursuivre. Il faut le voir pour le croire qu'ils se rendent aux répétitions ensemble en voiture avec comme conducteur, le seul qui y voie assez clair pour conduire! Les amitiés importantes de la vie se forment ainsi, même à cet âge...
Bob est un maître parfois dur qui veut les voir travailler et progresser, il croit fermement aux bienfaits de la musicothérapie sur la vieillesse par exemple, puisque la musique est un art de profiter du présent, qui permet d'ouvrir des possibilités sur le futur, ce qui lutte contre le vieillissement du cœur qui consiste à trop se tourner vers le passé. De cette façon, la musicothérapie offre d'excellentes opportunités de se développer sur un plan physique, psychique et relationnel: c'est la culture du bien-être qu'il ne faut pas abandonner, et les résultats semblent convaincants dans ce cas!
On s'imaginerait que les goûts musicaux de ces personnes d'un certain âge vont vers la musique classique, la musique religieuse, voire même la musique d'ascenseur tout à fait assommante, associée au « troisième âge » puisqu'on l'entend dans les maisons de retraite. Mais non, pas du tout, car ce groupe de joyeux drilles reprend des chansons tout à fait contemporaine du répertoire le plus original composé de tubes rock, punk, soul, l'ensemble le plus déjanté! Par exemple, on pourra les entendre interpréter (à leur manière, il est vrai, mais cela vaut bien une rock star puisque des foules houleuses assistent à leurs concerts):
I got you (I feel good) de James Brown
Should I stay or should I go de The Clash
Yes we can can de Lee Dorsey
Purple Haze de Jimi Hendrix
Fix you de Coldplay
Voilà de quoi se requinquer avec téquila, Seven up ou jus d'orange, au choix! Lors des pratiques, il arrive que l'un d'eux se trompe systématiquement au même endroit, entre autres inconvénients, ce qui impatiente Bob Cilman, qui les mène tout de même au spectacle, car « the show must go on ».
A bas les préjugés, ils s'attaquent aux morceaux les plus exigeants, ceux qui demandent une énergie qu'ils n'ont peut-être plus mais qu'ils finissent par retrouver comme par magie! C'est bien la magie de la musique de faire ressortir les énergies enfouies, et c'est tout un défi fait à l'âge que relève cette chorale. Le fait d'avoir un but dans la vie, une occupation, la simple occasion de se rencontrer, de voyager (la troupe se promène depuis plusieurs années dans le monde), de partager avec d'autres personnes, donnent à ces grands-parents une nouvelle chance de faire de leur dernières années de véritables « golden years ».
Pour passer un bon moment, rien ne vaut ce documentaire pourtant tout à fait réaliste qui bat même la comédie la plus en béton de l'année: les fous rires sont assurés, et n'ont pas besoin d'être forcés puisque le tout vient bien naturellement. Non, nous ne rions pas d'eux, toute la salle rit avec eux, de leurs maladresses, de leurs blagues bien senties, car ce n'est pas parce que l'on vieillit qu'on perd son sens de l'humour!
Ainsi, le réalisateur Stephen Walker a suivi l'impressionnante chorale pour raconter leur histoire à la manière d'un opéra rock, mais il ne s'est pas contenté de montrer l'alternance des répétitions/représentations d'une chorale de petits vieux s'essayant à des tubes contemporains. Il a voulu présenter un regard nouveau sur les dernières années de la vie en les suivant dans leur quotidien, dans leur intimité pour que l'on puisse savoir le point de vue de nos parents ou de nos grands-parents sur des questions que l'on n'ose parfois pas aborder avec eux comme la mort, la maladie, le sexe à cet âge fragile, les relations entre conjoints après des décennies, le stress et le trac avant un spectacle, etc. En toute franchise, il a filmé ces personnes comme elle sont, des êtres humains qui avec leur faiblesses, qui malgré leurs crises cardiaques, leurs problèmes visuels, de mémoires, leurs internements, continuent de sourire, de rire et de chanter!
Certains devineront que les décès sont aussi monnaie courante pour la chorale, et c'est une autre de leurs caractéristiques admirables de continuer envers et contre tous, parce que chacun sait que la personne qui n'est plus là aurait voulu qu'on continue. Voilà pourquoi ces êtres humains attachants se souviennent et ne baissent pas les bras en poursuivant leur beau travail: des personnes qui sans êtres des acteurs méritent des Oscars!
La doyenne, Eileen Hall, 93 ans, remporte un franc succès avec sa version de Should I stay or should I go, comme si elle aussi avait hésité à partir, elle voulait rester sur terre le plus longtemps possible (elle est décédée un an après le film).
Fred Knittle, malgré son important embonpoint, et sa crise cardiaque, a repris la chorale à 81 ans: il chante avec son ami Bob Salvini le tube Fix you, mais Bob n'a pas le temps de la chanter en concert, il meurt une semaine avant...
Steve Martin, 78 ans, conduit une voiture de sport et reste convaincu qu'on s'améliore en amour avec l'âge, il reste tout aussi fringant qu'à ses 20 ans, du moins en esprit, quand il dirige la chorale dans une version en percussions de Yes you can can, destinée à dérider les plus psychorigides...
Voilà quelques noms pour vous donner envie de plonger plus en avant dans cet univers fait d'espoir, pour en ressortir avec la certitudes que ceux-là chantent encore au ciel... Un film qui tient ses promesses!
Note : 
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