Twilight - Chapitre premier : Fascination - 2e critique
le 12/01/2009 - par Josée Il y a 2 commentaires. Réagissez vous aussi !Un film qui mêle les genres et reprend à bon escient la thématique du vampire, version ado
Date de sortie : 07 Janvier 2009
Réalisé par Catherine Hardwicke
Avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Billy Burke
Film américain. Genre : Fantastique
Durée : 2h 10min.
Eh bien, les vampires ont beaucoup changé depuis la dernière fois... D'ailleurs, cela fait déjà un certain temps : les plus notables des dernières années, Van Helsing en 2004 et Underworld 2 en 2006 n'ayant pas renouvelé de façon foudroyante les horizons du vampire, né, rappelons-le, en 1896 de la plume de Bram Stoker avec Dracula, et apparu officiellement au cinéma en 1922 dans Nosferatu, le chef-d'oeuvre de Murnau,
Qu'est-ce qui a pu se passer pour que les méchants vampires, terrorisant la population depuis l'origine, se transforment en gentils vampires amoureux? L'idée, en fait, n'est pas totalement nouvelle puisque dans les deux meilleurs films de vampires, Entretien avec un vampire et Bram Stoker's Dracula, on en voit déjà une ébauche: Louis et Claudia sont amoureux, et Dracula recherche Mina à travers les siècles. Les vampires peuvent donc être amoureux entre eux et tomber amoureux de simples mortels.
L'écrivaine Mormone Stephenie Meyer a publié en 2005 le premier livre de la Saga Fascination, un best-seller, racontant les amours d'une fille humaine avec un vampire; les romans suivants la développent sur le même thème :Tentation, Hésitation, Révélation remportent tout autant de succès que le premier. Ainsi, le film reprend l'histoire du premier livre et il semble que la suite de ce film soit déjà en cours de route.
Bella Swann a 17 ans et déménage dans la petite ville pas très glamour de Folks, comptant 3000 habitants: elle se sépare de sa mère restée avec son copain joueur de base-ball et aménage avec son père un peu bourru et trop protecteur, shérif de la ville. Le film, d'entrée en jeu, sait cibler son public et par le biais de jeunes acteurs qui s'en sortent très bien (de futures starlettes?) reprend tout ce qui peut plaire aux adolescents: les situations classiques comme l'arrivée dans un nouveau lycée, les recherches internet, les émois des premiers amours, l'excitation du bal de l'école, les mythes fantastiques et amoureux qu'on rappelle avec une bonne dose d'originalité. La description de l'adolescence se confine à reprendre les clichés du plus pur banal puisqu'on en reste à une atmosphère glauque, faite de manque de confiance en soi, d'introversion, de peur d'affirmer sa personnalité, de conflits permanents et sourds avec les deux parents, etc. Bella est vite acceptée et intégrée à la vie du lycée malgré son moyen de transport pas très reluisant, le camion d'occasion que son père lui a offert en cadeau. Très vite, on la briefe sur un groupe de jeunes très différents des autres, inaccessibles et dangereusement séduisants: ils font justement leur entrée dans la cafétéria, comme les vedettes de l'école, même si personne ne s'aventure à s'approcher d'eux. Il s'agit d'une étrange fratrie qui n'a de famille que le nom et l'apparence, composée de deux couples bizarrement bien assortis, et d'un électron libre, le jeune Edward Cullen, tout auréolé de mystère et dont le teint blafard semble cacher quelque mystérieuse maladie. Les autres filles ont aussi remarqué ce personnage attirant mais l'avertissent qu'il est hors de portée... Trop tard, la rencontre entre Bella et Edward devient inévitable car ils ont échangé visuellement un message silencieux et lourd de sens: apparemment, qui se ressemble s'assemble et les affinités naturelles devaient faire le reste. Cette intrigue se rapproche de celle du livre The secret history, de Donna Tartt, qui raconte l'attirance d'un jeune homme perdu et défavorisé pour un groupe de jeunes mystérieux vivant de façon dionysiaque, ce qui les amène au meurtre, bien plus qu'à l'intrigue de n'importe quel film de vampires classique. On voit donc que le film Twilight se nourrit de nombreuses références à l'univers littéraire et cinématrographique.
Bella se retrouve face à Edward dans son cours de sciences de la vie et devant leur microscope, ils finissent par engager une étrange conversation, mais seulement la deuxième fois. La première fois, Edward a l'air de quelqu'un qui sera malade dans les 30 secondes et Bella remarque tout de suite une odeur... Sans chercher à passer par un langage sophistiqué, Twilight nous amène graduellement vers le véritable sujet: Edward n'est rien d'autre... qu'un vampire, qui peut sortir le jour en évitant le soleil direct, ce qui étrangement, ne semble pas faire fuir Bella qui l'accepterait, qu'il soit loup-garou, goule ou autre. Une force plus puissante que tout se met à l'oeuvre: les deux tombent amoureux, d'un amour qui traverse les frontières et les espèces, notamment l'espèce humaine et l'espèce non-humaine vampirique.
De plus en plus étrangement, Edward se comporte exactement comme tout mâle moyen et se croit obligé de venir en secours à la demoiselle en détresse: il apparaît soudainement aux moments les plus corsés qui menacent la vie et la sécurité de Bella, et il trahit ainsi sa véritable nature. Il la sauve d'abord, tout à fait héroïquement, d'une voiture qui allait la percuter en se déplaçant à la vitesse de l'éclair et en stoppant la voiture avec sa main. Pour le déplacement surprenant, on avait vu cette scène dans Entretien avec un vampire quand Louis se déplace dans une chambre d'hôtel sans qu'on puisse le voir, et pour le sauvetage héroïque, Superman faisait de même pour sauver la vie de Loïs, tout en essayant de rester inaperçu, évidemment. Bref, cette fois, le vampire est devenu un gentil héros amoureux qui confesse plus tard à Bella que rien ne l'attire plus que son sang, mais qu'il sait se contrôler. Toute sa famille est devenue « végétarienne » et ne se nourrit que de sang animal, ce que faisait aussi Louis dans Entretien avec un vampire, quoique les rats et le sang animal en général ne soient pas si satisfaisants. « Il n'y a rien dans ce monde qui ne renferme quelque...fascination », se disaient Lestat et Louis, les vampires de Anne Rice. Stephenie Meyer a repris cette idée de fascination et comme une sorcière qui mijote une potion, y a mêlé toutes les problématiques adolescentes en y ajoutant en plus, idée de génie, une antipathie naturelle entre les vampires et les Indiens d'Amérique, sur la base d'un pacte de non-agression scellé depuis longtemps. Et dans ce contexte, cela devient tout naturellement très convaincant!
Au final, un film qui comme film de vampire, pourrait être jugé légèrement parce qu'il n'est pas à la hauteur de la réputation du vampire terrifiant, inhumain, sans pitié. Cependant, comme film pour adolescents, celui-ci nous propose une incursion originale dans l'âge difficile en revisitant un mythe qui se prête admirablement bien au dilemme amoureux, comment aimer et risquer de choquer les autres, de perdre sa place dans la famille, comment aimer sans que cela finisse par la mort? Une sorte de Roméo et Juliette vampirique s'ensuit donc, ce qui n'est pas pour déplaire. En tant que film sentimental, Twilight regorge de moments magiques: Bella et Edward forment un couple tout à fait charmant et nous font rêver lorsqu'ils s'évadent ensemble, bien loin du reste du monde, non pas seulement de leur ville et leur groupe social, mais de toute l'espèce humaine en général: les scènes où Bella vole sur le dos d'Edward ravissent les yeux d'un romantisme absolument... inhumain. Rien de tel, en effet, que de voler ensemble pour créer la complicité amoureuse dont on parle tant!
Malgré la volonté d'Edward de protéger Bella, il est lui-même la cause d'une situation qui met gravement sa vie en danger, puisqu'une autre tribu de vampires a découvert qu'Edward et sa famille protégeaient une mortelle. Ainsi, Bella devient la proie de choix pour un certain James, un prédateur dont les sens sont à l'affût, ce qui le rend difficile à semer une fois qu'il sait ce qu'il cherche. Les luttes entre vampires n'apportent pas non plus un élément complètement novateur puisqu'une guerre de ce genre avait lieu dans La reine des damnés de Anne Rice: et l'on peut croire que les batailles entre immortels s'avèrent d'une férocité innommable, car il y a des moyens de terrasser même les immortels, et aucune police entre vampires ne peut intervenir. L'amour et les liens familiaux sauront-ils sauver Bella? Toute la famille d'Edward se mobilise pour la protéger: les vampires ont l'esprit de clan, c'est bien connu.
L'idée d'avoir envie du sang de l'autre représente à merveille le désir qu'on a de l'autre en amour, un certain désir de l'absorber en ne faisant qu'un: à cet égard, ce film marque la mémoire et pourtant, peu de sang y coule. Une certaine chasteté baigne l'ensemble, à l'image de la relation entre Edward et Bella, couple attachant dont on attendra avec impatience la suite des intrigues. Enfin, pour ce qui est du public visé, les adolescents. Le temps d'un film, les autres peuvent aussi se remettre dans la peau de leurs 17 ans pour se laisser convaincre une fois de plus... Après tout, l'amour ne meurt jamais, comme le disait Dracula...
Note du film : 
2 commentaire(s)
sincérement j'adore je suis tomber amoureuses d'édwards il forme un beau couples
par manon, le 2009-07-11 09:03:13
je trouve twilight un film facinant pour les adolesent et adolesente comme moi je suis une adolesente d'âgé de 13 ans j'aime beaucoup les film twilight et j,ai âte de toute les écouter
par Shany Lemieux, le 2009-09-11 00:25:00
Ecrire un commentaire
En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.
vers Mag'

