L'enquête – The international
le 25/03/2009 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !James Bond Owen et James Bond girl Watts s'en vont en guerre-enquête autour du monde...
L’enquête – The international
Etats-Unis/Allemagne, 2009, 1h58
Drame d’enquête de Tom Tykwer
Avec Clive Owen, Naomi Watts, Armin Mueller-Stahl
Date de sortie : 11 mars 2009
Synopsis :
Sous des dehors respectables, l’International Bank of Business and Credit est une multinationale de la finance spécialisée dans le blanchiment d’argent et le financement d’opérations illégales. Face à elle, Louis Salinger, agent d’Interpol, et Eleanor Whitman, district attorney adjoint de Manhattan, sont déterminés à mettre fin à ses activités illicites. Ils sont prêts à tout pour que la justice règle son compte à cette organisation tentaculaire et intouchable, mais pour y parvenir, ils vont eux aussi devoir agir au-delà des lois...
D’un bout du monde à l'autre, contre tous les dangers, Eleanor et Louis se lancent dans une partie à haut risque dont ils ne maîtrisent pas les règles. Une chose est certaine : ce jeu dans lequel leur redoutable ennemi contrôle tout et tout le monde ne s'arrêtera que lorsque l’un des adversaires sera à terre...
Critique :
Certes, il s’agit d’un film tout à fait recommandable à plusieurs points de vue. La performance de Clive Owen, juste du début à la fin, impressionne. Il a d’ailleurs fait un stage dans les bureaux d’Interpol, à Lyon ! Il fait un James Bond plus vrai que le vrai James Bond et l’ensemble reste plus crédible qu’un James Bond, sans technologie hyper performante et futuriste. Ne serait-ce que pour cela, le film vaut la peine d’être vu. En plus, James Bond Owen est accompagné par Naomi Watts, qui semble à sa place dans ce rôle, toujours séduisante mais avec sobriété, sans jeter de la poudre aux yeux. Le seul petit hic, c’est qu’on la sous-emploie : James Bond girl disparaît aux deux tiers du film. Toutefois, les efforts techniques se remarquent : photographie intelligente, multiplicité des points de vue de la caméra, musique entraînante aux bons moments, et scène de fusillade à tout casser dans le musée Guggenheim. On ne pouvait faire mieux.
Cependant, il y a anguille sous roche : le problème n’est pas la forme, mais le fond ! L’intrigue semble avoir été magouillée par un studio qu’on pourrait appeler Hyper-compliqué, inc. En fait, il s’agit de Sony pictures, à qui on doit aussi justement le dernier James Bond, Quantum of solace. Le studio a-t-il voulu réutiliser ses formules préférées avec des scènes identiques : celles de poursuites sur les toits en tuiles, et la caméra haut perchée sur des héros braquant leur arme lors de gunfights se terminant par un toit en verre qui explose ? N’oublions pas le phénomène de déjà-vu, l’apparition des men in black indispensables à tout film d’action de ce genre, méchants hommes de main prêts à tout, se déplaçant dans d’impeccables voitures noires de rigueur. L’élastique du scénario compliqué n’est pas assez tendu, il se relâche et notre attention aussi. En revanche, l’histoire de banquiers qui financent des opérations illégales tombe au bon moment au milieu de la crise financière et le point de vue adopté permet plus de réalisme. Les personnes qui font le mal ne sont pas nécessairement des psychotiques bizarres comme Mathieu Almaric, le méchant pas très effrayant de Quantum of solace, mais des hommes à l’apparence banale, froids et calculateurs, qui savent très bien ce qu’ils font et les risques qu’ils courent. Plusieurs face-à-face avec les méchants nous donnent la chance de les voir de près et de mieux les comprendre. Ils sont conscients que la mort les guette, soit parce qu’ils sont vieux et qu’elle guette tout le monde, soit parce qu’ils ne sont que des pions dans l’organisation et qu’on va les tuer bien avant qu’ils ne trahissent. Mais dans toute cette galerie de personnages, il y a la difficulté de savoir qui est qui puisque la panoplie de visages, des banquiers corrompus qui se ressemblent tous, finissent par nous donner le tournis.
On voyage beaucoup (The international, en effet !) et la beauté des paysages peut relancer l’attention en baisse, mais cela sert d’excuse gratuite pour justifier la longueur de ce film. La fin trop abrupte laisse sur sa faim et les coupures de journaux qui apparaissent rapidement en épilogue pour expliquer le tout donnent l’impression que le film a pris la fuite. De toute façon, il y a fort à parier que la plupart des spectateurs ne les regardent même pas, déjà en train de partir, et qu’ils ne seraient pas capables d’expliquer vraiment comment ça s’est terminé. Alors, bravo pour l’interprétation et le réalisme dans un film d’espionnage, mais enfin quel était le but de ce film, voir de beaux paysages, se divertir par une scène de fusillade, admirer Naomi Watts, se défouler de sa rage contre son banquier, etc… ?
Note : ![]()
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