Coco
le 25/03/2009 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Et c'est parti mon coco ! Film de bonne humeur équivalent à un one man show prolongé
Comédie française, de Gad Elmaleh
Avec Gad Elmaleh, Manu Payet, Pascale Arbillot
Durée 1h35
Date de sortie : 18 mars 2009
Le synopsis
Coco, 40 ans, est un self-made man, l'exemple parfait de la réussite sociale. Parti de rien, immigré, il a réalisé en 15 ans une des plus fulgurantes success story des temps modernes grâce à son invention de l'eau frétillante. Mais pour Coco, la plus grande consécration est à venir : la bar-mitsva de son fils Samuel qui aura lieu dans six mois. Il invite tout le monde à « l'évènement national de l'année » et promet du jamais vu, de l'époustouflant, du Coco !
Trop obsédé par la perspective d'en mettre plein la vue au monde entier pour « sa » fête, Coco agit avec démesure et frôle la folie sans voir que sa femme, son fils, sa mère et tous ses proches se désolidarisent peu à peu. Cet évènement va devenir pour lui un instant de vérité sur son rôle de père.
L’humoriste acteur réalisateur
Fort de sa galerie de personnages attachants, Gad Elmaleh, humoriste, acteur, se lance dans la réalisation avec Coco dans lequel il interprète également le personnage principal. L’acteur, né en 1971 à Casablanca, a étudié à Montréal et est arrivé à Paris en 1992. Sa carrière de comédien commence avec son one man show intitulé Décalages, en 1997, mis en scène par Isabelle Nanty. On l’a apprécié dans le film Chouchou (2003) dont l’histoire est inspirée d’un sketch de La vie normale, dont il était également le co-scénariste, et où il jouait un travesti romantique aux côtés d’Alain Chabat. Dans Hors de prix (2006), il jouait le rôle de Jean, un timide serveur qui passe pour un millionnaire, aux côtés d’Audrey Tautou, interprétant une aventurière intéressée. En 2007, Gad Elmaleh a été élu l’homme le plus drôle de l’année devant 49 autres humoristes !
Manu Payet joue aux côtés de Gad Elmaleh dans Coco : l’humoriste est connu pour ses one man shows au Splendid, au Bataclan, et à l’Olympia.
Séfarade bling-bling, narration trop peu travaillée
Gad Elmaleh, est Coco, un juif séfarade extravagant qui veut organiser la bar-mitzvah du siècle pour son fils : son personnage est tout l’opposé de son précédent, Chouchou, un héros modeste et obsédé par la Vierge. On aime aussi Coco, ce personnage sympathique, charmant, séduisant avec sa veste à paillettes, bon danseur, essayant de briller plus fort que le soleil, là n’est pas le problème… Le premier problème de ce film, c’est que le réalisateur a oublié qu’on était au cinéma, il ne devrait donc pas s’agir d’un one man show. S’il excelle sur scène où il délire devant son public, son énergie, sa nervosité et ses mimiques passent moins bien au cinéma. Il a lui-même affirmé qu’il voulait réaliser une de ses envies en tant qu’acteur, soit celle d’être plus libre, de se lâcher, d’improviser, pour que le film lui ressemble… Sur ce plan-là, la pari est tenu, mais même les fans de Gad ne pourront pas honnêtement affirmer que la narration impressionne : il aurait fallu qu’elle soit bien écrite, rythmée, progressive, ce qui n’est pas le cas. Ici on a trop de frime pour peu de substance : il y a du Coco pétillant plein de crème mais on reste sur notre faim ! Il manque, entre autres, 15 ou 30 minutes à la fin pour consolider le tout. Sketch prolongé ou film ? On a plutôt l’impression de partir d’un noyau central (Gad), pour voir une histoire qui explose dans tous les sens autour de celui-ci. Il n’y a qu’un semblant d’histoire, une sorte d’excuse pour qu’un sketch prolongé devienne un film : on met en scène un personnage qui veut s’éclater du début à la fin et au passage, on montre sa femme qui ne peut plus le supporter et qui, pour se désennuyer, achète toutes les chaussures de la boutique Dior, sa mère qui se plaint toujours qu’il n’a pas de temps pour goûter ses bons petits plats et qui ne comprend plus son langage (voir l’assez drôle dialogue sur les spas, qui se termine par « c’pas grave »), et son fils pré-ado déboussolé qui se rebelle devant le manque d’attention paternelle. En somme, il n’y a rien qui puisse marquer la mémoire ou proposer une belle leçon de vie, sauf une maigre tentative pour parler de la relation père/fils avec la scène finale, qui ne propose rien de bien nouveau et qui est là comme conclusion heureuse obligatoire.
Des acteurs secondaires qu’on ne voit presque pas…
En plus, l’apparition de Gérard Depardieu rajoute une cerise au sundae, comme si Gad Elmaleh avait voulu s’assurer du succès en insérant quelques minutes d’une scène avec un très grand acteur, alors que ce rôle secondaire aurait pu être interprété par n’importe quel autre acteur. Manu Payet, dont on peut remarquer l’apparition, surprend par son rôle de composition, bien qu’on ne le voie qu’en filigrane, réduit à une silhouette de sitcom qui fait son petit numéro et s’en va, complètement occulté par Gad. Certains, par leur talent, méritent plus que ce qu’ils ont, c’est le cas de l’équipe d’acteurs attachants auxquels on porte trop peu d’attention. En bref, le film prolonge la solitude de l’artiste sur scène et celle de l’homme riche: Coco, seul avec son employé après la fête, seul dans sa grande maison dont la décoration la fait ressembler à un mélange de glace à la fraise et sapin de Noël délirant, après le départ de sa famille, partie se réfugier chez sa mère (à qui Coco a offert une super immense bicoque qui ne l’impressionne pas trop).
Inventivité de situations
Tout de même, il faut admettre que ce film exsude la bonne humeur, ce qui est déjà appréciable par les temps qui courent. Les quelques moments de musique bien rythmée font partager l’amour de la vie telle que la voit Gad : le plaisir est contagieux. Bien que les gags ne soient pas toujours hilarants et qu’on se sente obligé de rire, l’acteur fait preuve d’une certaine inventivité de situations : lors d’une fête, il se jette sur une table couverte de desserts et macarons (moyennement drôle) ; l’apparition de Coco, en retard pour un dîner avec des asiatiques, au milieu des danseuses du spectacle au Moulin Rouge (rien de trop beau pour Coco) ; la mère et le fils de Coco, énervés et en train de fumer dans la chambre de celui-ci, avec de la musique rythmée ; une scène où il pratique un dialogue de réconciliation avec son employé et ami qui porte une perruque pour personnifier sa femme avec qui il s’est (encore) disputé ; la scène de voiture avec Coco et son fils quand celui-ci pleure et son père s’arrête tout net en causant des désordres de circulation ; le stade de France pulsant comme un cœur qui bat, lumineux comme une piste de danse disco… De bons petits moments qui font sourire sauvent le film.
Un film comique grand public
Coco, comédie bouillonnante, volcanique, mérite tout de même quelques applaudissements pour son côté divertissant, en autant qu’on la prenne au second degré et que l’on ne s’attende pas à une prouesse du côté réalisation, jeu d’acteur et émotions, qui restent à la surface. Les critiques de cinéma pur et dur ne seront pas dupes, mais le grand public se réjouira. En tout cas, si on en ressort de bonne humeur, comme après Bienvenue chez les Ch’tis, c’est que le film a marqué un point, et qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour les beaux yeux de Gad Elmaleh ?!! On va voir ce film pour se sentir tout remonté par une bonne dose d’humour juif, quand la vulgarité devient couleur locale. Notre Gad national et unique au monde a quand même le mérite d’avoir eu le cran d’endosser les rôles de réalisateur, scénariste, acteur. Il ajoute une corde à l’arc de sa vie, même si ce n’est peut-être pas sa corde principale. Gad Elmaleh confirme même son statut en tant qu’un des Français les plus cool avec Franck Dubosc, José Garcia et Brice de Nice.
Note : ![]()
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