Je vais te manquer
le 15/06/2009 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Des chassés-croisés autour de six personnages sympathiques qui se retrouvent à l'aéroport à un moment important de leur vie.
Comédie dramatique française d'Amanda Sthers
Avec Carole Bouquet, Pierre Arditi, Anne Marivin
Date de sortie : 10 juin 2009
Distribution : UGC Distribution
Durée : 1h35
Synopsis :
Six destinées qui vont, l'espace d'un instant, dans un aéroport grouillant de vie, se bousculer, se séparer et se retrouver. Et si ses personnages étaient en train de vivre, sans le savoir, le moment le plus important de leur vie.
Olivier et Lila... Va-t-il rater l'amour ou va-t-elle rater l'avion ?
Julia et Marcel... Va-t-elle rater sa mort ou va-t-il rater sa vie ?
Fanny et Max... Va-t-elle manquer de courage ou va-t-il manquer de chance ?
Critique : Allez-y si vous aimez les films romantiques portés par la belle musique !
La réalisatrice Amanda Sthers, ex-femme de Patrick Bruel, habituée des peoples, réalise son premier long-métrage à partir de l'un de ses romans. La comédie romantique, sentimentale à souhait, de type "destins croisés" comme on le remarque dans les films d'Almodovar, n'est pas ce qui manque au cinéma mais Je vais te manquer réussit à tirer son épingle du jeu en élaborant autour d'un bouquet garni rempli de vie tournant autour de l'aéroport comme dans Le terminal, bien qu'il soit hélas trop court.
En partant d'un scénario inspiré, riche et pétillant, elle a fait un film au rythme rapide, énergisé par la musique entraînante, mais qui évite le piège du superficiel. Je vais te manquer parle de l'amour des gens, pour ce qu'ils sont; on n'essaie pas de les présenter comme des héros mais comme des gens qui ont leurs qualités et leurs défauts et qui chacun à leur façon, tentent de s'en sortir lors d'un passage décisif de leur vie. Chaque scène nous laisse un peu sur notre faim alors que les personnages sont au désarroi, au milieu de quelque chose, ce qui pique la curiosité et donne envie d'y revenir.
La réalisatrice s'est entourée d'un casting de rêve made in France : Carole Bouquet, toujours aussi coincée et sévère en mère qui fait son dernier voyage parce qu'elle est atteinte d'un cancer, Pierre Arditi, bonhomme fini et insatisfait sur tous les plans, Anne Marivin, débordant de cette fraîcheur que l'on avait remarquée dans Bienvenue chez les Ch'tis, Cécile Cassel, la soeur de Vincent, qui fait une parfaite Lisbeth Salander française mais en plus délicate, quoique rebelle et déjantée, et une Mélanie Page que l'on avait vue dans On va s'aimer, qui rayonne littéralement en femme enceinte. Autant de points d'intérêts qui dynamisent le film et qui viennent l'égayer par le vrai talent.
Ce film choral n'hésite pas à juxtaposer les lignes narratrices : le grand nombre d'histoires fait qu'on en trouve forcément une qui nous touche plus particulièrement. Il y a plusieurs couples (trois) dont chacun a un problème, comme dans Le code a changé. Qui s'en sortira, qui ne s'en sortira pas ? On brosse le portrait de plusieurs personnages à un tournant de leur vie. Décalage horaire, qui se passait aussi dans un aéroport, on peut y remarquer des moments fragiles qui sont saisis au vol et prennent toute leur importance. On se rappelle Love actually, où chacun cherchait l'amour, en à panser ses blessures, à trouver une raison de vivre et de continuer. Des couples se font, d'autres se défont, de nouvelles vies se poursuivent, d'autres se terminent...
La ressemblance avec Le premier jour du reste de ta vie tient justement dans cette saisie des moments importants, ces seuils qu'il faut franchir pour évoluer. Ces moments délicats font sourire plus qu'ils ne semblent pathétiques, car toujours subsiste l'espoir. Les moments d'humour (elles courent les trois avec leur caddie dans l'aéroport) font aussi songer à Maman, j'ai raté l'avion !
Quelques moments de naïveté et des traits un peu clichés de certains des perosnnages (la grand-mère qui veut redevenir jeune en mettant de la lingerie rouge, la jeune femme qui cherche désespérément le prince charmant, le vieux rabougri qui est méchant avec la bonne) déçoivent tout de même quelque peu. Tout est trop beau et trop simple, comme dans les romans de Marc Lévy, notamment Et si c'était vrai ? Le côté un peu grave qui touche au deuil renvoie à Ensemble, c'est tout, alors que le manque de punch, de tension véritable imite l'ambiance de Je l'aimais, aussi inspiré d'un roman de Gavalda.
Je vais te manquer nous offre tout de même d'agréables chassés-croisés autour de la problématique amoureuse et des problématiques familiales, il se déploie de façon dynamique et reste typique de ce que le cinéma français fait de mieux : la comédie sociale romantique, qui donne envie d'y croire à nouveau, de recommencer sa vie, comme ces personnages osés et sympathiques.
Note : ![]()
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