Sunshine cleaning
le 15/06/2009 - par Josée Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Un film qui traite de sujets graves mais en les présentant avec humour et en s'aventurant hors des sentiers battus !
Comédie américaine de Christine Jeffs
Avec Amy Adams, Emily Blunt, Alan Arkin
Date de sortie : 10 juin 2009
Distributeur : Surreal Distribution
Durée : 1h20
Synopsis :
Rose Lorkowski était la "star" du lycée, la pom-pom girl qui sortait avec le capitaine de l'équipe de football américain. Elle est aujourd'hui une mère célibataire trentenaire et gagne sa vie en faisant des ménages. Sa soeur Nora habite toujours chez leur père Joe, un businessman raté qui a toujours misé sur des produits qui auraient normalement dû le rendre riche rapidement... Parce qu'elle doit trouver l'argent nécessaire pour envoyer son fils dans une école privée, Rose persuade sa soeur de monter avec elle une entreprise de nettoyage de scènes de crimes. Elles se retrouvent alors confrontées à toutes sortes de situations spéciales...
Critique : A aller voir sans hésitation pour passer un agréable moment qui redonne le sourire !
Sunshine cleaning est le quatrième long-métrage de la néo-zélandaise Christine Jeffs, qui a réalisé Sylvia en 2003, un drame sur une relation amoureuse de Sylvia Plath, où on reconnaissait sa touche simple avec de l'émotion à fleur de peau. Les producteurs de Sunshine cleaning sont les mêmes que pour le très sympathique cle, deux films typiques du film américain indépendant qui sans être d'envergure monumentale, réussit à toucher par sa simplicité. Sunshine est une comédie dramatique pleine de vie et qui n'a pas froid aux yeux en osant explorer des choses qu'on ne veut souvent pas voir, mais avec délicatesse et un humour décapant. Sunshine cleaning s'avère plus subtil que Little miss sunshine et présente plus de tensions dans des événements inquiétants. Les personnages frisent souvent la véritable catastrophe ou l'affrontent de plein fouet en subissant les conséquences. Et pourtant, qui dit qu'ils ne pourront pas se relever ?
L'intrigue est de celles qui rassemblent plusieurs problématiques. Comme dans les séries Six feet under ou Pushing daisies, l'on retrouve l'éclatement de la famille dysfonctionnelle quand tout va mal : il manque toujours un parent (absence de la figure maternelle pour les unes et paternelle pour un autre), il y a des problèmes d'argent, de manque d'amour, des disputes... Des thèmes graves sont abordés : l'adultère, la mort dans ce qu'elle a de plus physique et le deuil dans ce qu'il a de plus profond, comme le deuil de ses idéaux et de la jeunesse. On trouve un portrait de famille plein d'empathie : ce microcosme sert d'exemple universel mais les leçons de vie arrivent en pagaille dans un film qui a du mal à s'organiser, comme ses héroïnes.
Les personnages, émouvants dans leurs blessures, sont bien interprétés, entre autres par le duo Amy Adams (Il était une fois, et plus récemment, La nuit au musée 2) et Emily Blunt (remarquée dans Le diable s'habille en Prada) qui fonctionne à merveille, en tant que duo de soeurs fâchées !
Amy Adams est si convaincante qu'elle semble née pour jouer ces jeunes filles belles, perdues et courageuses qu'elle interprète souvent, mais elle semblait jusqu'alors sous-employée. Ici elle est à la hauteur de son rôle et le film est à la hauteur de son talent. Emily Blunt incarne une jeune fille troublée assez sombre mais pleine de bonne volonté et d'émotions contenues.
En somme, les personnages sont touchants, chacun avec des forces et ses faiblesses.
L'intrigue originale qui mêle un business particulier, le nettoyage de scènes de crime, à des problèmes amoureux personnels, et à la difficulté de grandir pour les enfants différents, sans oublier le défi à relever pour trouver sa voie dans la vie et l'importance de garder une certaine image de soi face au regard des autres, en plus des relations difficiles entre membres d'une même famille : parent/enfant et soeur cadette/soeur aînée s'avère riche à tous les niveaux. La mise en scène intelligente ne s'attarde pas et présente toujours des situations sur la corde raide, comme la scène où la plus jeune soeur s'amuse à monter sur un pont où passe un train à toute vitesse. Le sujet ressemble toutefois un peu trop à celui du récent Cleaner avec Samuel L. Jackson et Eva Mendès, mais en y superposant plusieurs couches de sujets plus corsés, Sunshing cleaning réussit à s'en écarter.
Comme dans Girl, interrupted, ces jeunes filles sont dans une impasse et tentent désespérément de s'en sortir, et comme dans Le livre de Jérémie, le petit garçon vit une enfance chaotique. On se rappelle de la solitude et du désespoir de Bringing out the dead, un film de Scorsese mettant en scène un ambulancier, un autre exemple de métier à haut risque, en marge de tout et qui coupe des autres.
Au final, un film qui nettoie toutes les idées noires en redonnant de la joie au coeur : on en repart sans aucune trace de sang, comme si tout était effacé ! Le réalisme et la simplicité nous touchent directement et on en tire une belle leçon de vie sur la persévérance et le courage d'être soi-même, malgré la fin un peu trop facile, l'inévitable conte de fées qui finit bien malgré tout... Et alors, et si c'était vrai ? Voilà qui donne envie de suivre leurs traces et monter un business de nettoyage en tous genres !
Note : ![]()
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